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  • Mildred Rambaud: la femme et l'objet.

    Avant, glaise et peau ne faisaient qu'un, ici ce soir l'objet est de papier, blanc plié, sec, net, extérieur, delimité. Pourtant en continuité avec la robe immaculée, toujours tenu au corps, tout contre, lié. Il semble un prolongement protéiforme: vêtement, fardeau, membre, aile, paravent... 

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    Un objet chéri, précieux, une pensée matérialisée, un double inerte, un être aimé... Qui des deux se fait prisonnier de l'autre? Notre regard avec le corps dans la blancheur confond l'objet, abolit les limites entre eux. Dans ce trouble, peu de mouvements. Sur ce peu d'espace un lent renoncement: le corps inquiet porte l'objet, dans l'inconfort, le regard abandonné le long d'un chemin de croix détaché. De stations en stations, ce transport d'émotions ne dure que dix minutes d'une sourde lenteur, contenue, entretenue dans l'espace sonore par des pulsations engourdies. Le poids du papier s'accroit jusqu'au déséquilibre, la tête penche, dans un vertige contagieux, le corps plie aussi. Jusqu'au sol, toujours portant le papier plié, lui s'ouvre et se déploie en corolle au coeur des jambes nues. C'est d'une simplicité résolue, d'une puissante évocation.

    C'était Porter papier plié de Mildred Rambaud, créé à Point Ephémère, revu dans le cadre du 54e salon d'art contemporain de Montrouge, à la Fabrique.

    Guy

    lire aussi: pot.

    Photo (D.R.) avec l'aimable autorisation de Mildred Rambaud

  • La théorie du 2: une, deux, beaucoup.

    Une apparaît, se dédouble, et encore et plus jusqu'au quintuple. En blanc innocent sur noir de fond, tissus amples et en capuches, pour une promenade insouciante dans une forêt invisible. Et encore s'abandonnent à la répétition, pour les mêmes séquences en boucle, dansent toujours les mêmes figures à l'unisson ou en canon. 

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    Au rythme de cette comptine, notre imagination à partir des ombres autour d'elle(s) dévoile un environnement de contes, la suggestion de mythes. Reste au milieu ce trou noir, une obscure bande de tissu, zone d'ellipses, où elles disparaissent, d'où elles surgissent. Pour réitèrer ces occurrences, circulaires, toutes cinq et indifférentiées. De cette amplification obstinée monte un étourdissement, un vertige entretenu par la musique obsédante, mais au bout de ce chemin vient l'apaisement. Du renoncement au sens vers l'affinement des perceptions. Des différences subtiles sont tissées et dissoutes, se laissent juste deviner. Nous nous tendons à l'affût des évenement, des sens et des signes. Et d'un peu d'ironie. Ainsi sommes nous aussi, bien semblables tous, identités suspendues à une nuance ou deux. Sur la scène des fantômes s'éffondrent, se perdent et se dissolvent. Soudain de plus larges variations s'ouvrent. Il suffit enfin d'une offrande, visages mis à nus- le premier par volonté, le second forcé?- pour que des rôles commencent à exister, que le temps s'écoule. Avec l'ébauche de relations, même de luttes, la naissance de rivalités mimétiques et de victimes, sur un fond de ballade rock. Pour arriver à cette fin, il aura fallu oser une belle maturité, en économisant heureusement le discours pour passer de l'idée à la forme.

    C'était La théorie du 2 (Imago Opus 2) de Frédérike Unger et Jérôme Ferron (Compagnie Etant Donné), Eloïse Deschemin, Solène Hérault, Marie Rual, Nele Suisalu, Aline Braz da Silva. Au théatre de L'étoile du nord avec Avis de Turbulence.

    Guy

    Aprés Pan de Lionel Hoche, Avis de Turbulence se poursuit la semaine prochaine, avec Oups et Opus de la Vouivre.

     photo (DR) avec l'aimable autorisation d'Etant Donné

    Le samedi 16, à Noisy Le Grand, Imago Opus 1 

  • Maki Watanabe

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    Maki Watanabe danse le 12 juin, au Regard du Cygne