Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Danses en forme- partie 4

    A quoi sert la danse ? A extraire la beauté de là on ne serait à priori pas venu la chercher, avec des interprètes à mille lieues du petit monde chorégraphique, à changer notre regard sur eux…  Ce soir, aux mouvements des danseurs professionnels (dont Mai Ishiwata, vue chez Carlotta Ikeda et Tatania Julien) se mêlent et se fondent ceux de deux patients d’hôpital psychiatriques. Un homme mur, une femme corpulente à l’extrême, leurs corps bien loin des canons de l’esthétique. On pourrait craindre un spectacle de charité, considéré d’un regard faussé de complaisance….

    danse,point ephemere

    Il n’en est rien. Question de délicatesse dans l’approche, surtout d’honnêteté. L’inspiration du spectacle vient du vécu des interprètes, leur besoin d’expression, canalisés par le travail en commun. Les échanges avec les professionnels respirent une fraternité contagieuse, qui font s’estomper les écarts en termes techniques. Les enjeux du spectacle se déplacent, s’adoucissent, s’humanisent. La gaucherie devient grâce et vérité, les contrastes entre raideur et souplesse se résolvent dans le jeu et la tendresse. La grosse femme devient centre du monde, rassurante et consolatrice, force élémentaire. L’homme incarne une belle innocence dans des courses champêtres. Tout se rassemble et culmine dans une ambiance de fête populaire. La pièce, bien nommée, s’intitule Vie, un appel à nous réconcilier avec nos corps, avec nous même. Ils nous rendent heureux.

    C'était Vie (travail en cours) de Claire Durand-Drouhin et la compagnie traction, vu dans le cadre du festival petites formes (d)cousues à Point éphémère.

    Guy

    Photos avec l'aimable autorisation de la compagnie

  • Danses en forme- partie 3

    A quoi sert la danse? A permettre d’entrevoir des forces invisibles, de nouvelles lignes au long desquelles l’énergie circule?  Sur scène, ces lignes dans l’air sont matérialisées: deviennent-elles des liens qui entravent, ou des liens qui relient? La chorégraphe Sandra Abouav se tient campée sur ses pieds au centre, dans l’œil du cyclone, fétu de paille pile au milieu du grand tourbillon- peut-être en est elle elle-même la source…   Le corps se tend, se plie, revient à son l’état initial. Se reconstitue en mémoire de forme, le temps aussi est un cercle.

    IMG_1099_DxO.jpg

     

    Dans un maelstrom de sons et musiques empilés, je ressens une brusque ivresse, ou une fatalité, je la crois au perdue monde et elle m’emporte dans ce vide. Puis  elle me semble à l’inverse en pleine communion avec des forces la traversent, des forces qui préexistent. Elle retrouve mobilité et liberté, se développe en une profusion de sensations. Ailleurs on découvre entre énergie et matière de nouvelles particules, ici avec la pensée, le mouvement fait le monde. Hélices, pièce en devenir, prolonge en idées, maitrise, intensité, Slide, et me fait renverser mon point de vue, ressentir maintenant convergence plutôt que résistance.

    C'était Hélices de Sandra Abouav vu à Point Ephémère dans le cadre du festival Petites (d)formes cousues.

    Guy

    A suivre....

    photo par steve Appel avec l'aimable autorisation de la compagnie.