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L'homme est-il bon?

Ils reviennent loin avant. Profondément. Avant la culture, avant le langage, les vêtements, avant les codes sociaux qui ordonnent les distances entre leurs corps. Les sept performeurs dansent le retour à un état premier. Impossible utopie, nus, ils la tentent.
C'est dire qu'aucune construction d'ensemble n’apparaît, mais des évidences crues: chacun laissé libre de creuser obsessionnellement sa gestuelle, sa frénésie, son obsession. chacun explore des gammes d'émotions comme vierges: excitation, douleur, agressivité, plaisir, sexualité... Mais un trait d'union: le rythme des percussions qui fait converger les danseurs dans un même crescendo. Et la scénographie brute des tas de bois, dans l'espace  bétonné du sous sol du C.N.D.. On y voit une représentation évidente du niveau zéro de la sociabilité, celui du rassemblement primitif autour du feu. ce dispositif induit un premier embryon d'organisation, des rondes qui vont tout autour s'accélérant, et le bois devient accessoire, arme, instrument, alors que les performeurs partout se déploient.
Se pose la question de la relation. De la relation entre eux, sans que la notion de méchanceté mentionnée dans le titre ne m'apparaisse évidente au vu des interactions que j'observe. J'y vois surtout de la rudesse, mais de l'innocence. Le groupe tend à exister, interagir, se structurer, peut-être avec des dominants/dominés, des pulsions, on ne peut le nier, mais sans intelligence. Des idiots ensembles. Surtout quelle est la relation avec nous, qui avons été invités dans le même espace réduit qu'eux, sans sièges, ni conventions ni repères. Les plus prudents collés aux les murs, les plus téméraires assis au milieu. Où se placer, se déplacer, par rapport à ces corps dénudés? Nous sommes fascinés et embarrassés, confrontés à ces démonstration de force et de puissance, bousculés sur le trajet d'une horde suante, au delà de l'épuisement. Pas le temps de spéculer sur des implications politiques. Le rythme nous gagne aussi, à leur unisson, sans repères temporels. Gardons nous cette distance, sommes nous tentés nous aussi par la sauvagerie ? 

C'était A Invenção da Maldade de Marcelo Evelin vu au C.N.D. le 15 octobre 2019

Guy

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