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Breve

  • Le point G.

    Qui est-on maintenant, ici, agit par tout ce qui d'ose, retourné? La linéarité est en pièces, bousculée d'initiatives à 360 degrés au dessus de zéro. Libre, on va ici, là, on décide du tempo. Pour un € d'embrasser la vierge, ou la putain, ou pas. Sans temps fixé s'impose l'espace généreux du Générateur et les artistes qui y prennent le pouvoir, entraînant les spectateurs, dans un désordre désorganisé. Plus de bon gout, de règles, ni de limites ou de tabous, les fous ont pris le non-contrôle de l'asile, les gardiens en permission. Ils sont nus, peints, déguisés, loufoques ou tristes, naïfs ou sardoniques, débridés ou minutieux, intimes ou politiques, secrets ou impudiques, ou les deux à fois. Çà fuse, s'agite et se confronte, avec bienveillance ou tensions pour tout essayer. S'ils ne peuvent pas ici, pour ensuite garder ou jeter, où pourraient-ils? Les performances s'entrechoquent, se commentent, se dédaignent ou copulent. Le spectateur décide avec ses pieds, part, revient, ne s'étonne de rien. Tout ça vit dans l'instant avec mille possibilités. Comprend qui peut, et celle là danse indéfiniment son corps de farine et de pain, et touche au sublime.
     

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    Show Your Frasq 2 vécu le 23 juin au Générateur de Gentilly avec les performances de Bernard Bousquet & Anna Ten • Sabine Caminade • Sonia Codhant • François-Régis Daumal • Éléonore Didier • Coline Joufflineau • Deed Julius • Mélanie Martinez Llense • Miss LNI Marin Marie • David Noir • Marc Planceon • Jérôme Poret • Adrien Solis • Élizabeth Saint-Jalmes & Cyril Leclerc Chloé Silbano • Alberto Sorbelli + Guests
     
    Guy
  • Brèves Rencontres

    Même à la troisième occurrence, c'est encore un jeune festival avec de jeunes artistes qui cette fois envahissent les recoins du Point Éphémère (que je ne visite pas tous). Ces formes courtes se prêtent à l'intime et à la simplicité, de bref récits du "je", voix et corps confondus à cueillir sans à priori. L'amour toujours: Sara Tan et Marine Colard, nées en 1989, partagent sur la terrasse le parfum de leurs souvenirs, en pèlerinage de naïveté. Fortes et fraîches, ces évocations fleur bleue: main dans la main, chastes baisers, pop songs pré-pubères. Se prépare un piquant contraste entre ces explorations de l'éternelle adolescence et ce qui suit l'étage plus bas: des confidences gaies, crues et précise dans la promiscuité de la douche. Emmanuelle Coutellier y adapte "Insurrection ! En territoire sexuel" de Wendy Delorme. Au delà du manifeste sexuel, au milieu des poses alanguies: une ode à la vie. C'est tout autant touchant, finalement.
     

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    c'était au festival Chimique(s) #3 à point Éphémère le 1' juin 2018
     
    Guy
     
    Photo de Simon Lemachand avec l'aimable autorisation de chimique(s)
  • Le sacre d'été

    C'est le solstice, soudain, c'est l'été. Comment, encore maintenant, s'y relier? Alors qu'on ne sait plus lire le vent, le soleil, les saisons, le temps, tout ce que la modernité a déréglé. Le corps collectif invoque pour ce passage un rite sensible, joyeux, animiste. D'abord une agitation, une énergie électrique, comme reçue d'en haut, qui circule et se réverbère sur les postures ouvertes, sur les vêtements aux couleurs légères, elle s'équilibre ancrée à terre, vers les profondeurs buto. Les corps font masse, ça remue fort et transforme, mais libéré de l'utopie d'un retour en arrière vers des célébrations anciennes. Pour ce nouveau rite, notre mémoire collective est réconciliée, du ballet classique à la pop culture d'Elvis et Janis jusqu'aux transes technos. Dans les blés, de la joie, du désir, de la langueur, de la canicule mais plus besoin de sacrifice aux Dieux, seule l'offrande des fruits de la terre par des nymphes et faunes vêtus de fraîches branches et feuilles.
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    That's all right Mama par le corps collectif vu à Mains d’œuvres le 20 juin 2018
     
    Guy
     
    Photo © Le Corps collectif Tadzio, 2018 avec l'aimable autorisation de Mains d'oeuvres​

  • Surprises

    Si l'on pensait venir ici, voir Danse élargie, pour échapper à la coupe du monde, c’était en vain. Natacha Steck refait le match France-Croatie, en version chorégraphie avec discours de vestiaire en prime. Enjeu et curiosité: ressentir le rapport premier et affectif de la chorégraphe avec ce sport. Sans, heureusement, qu'elle le représente: elle transpose en mouvements, disciplinés, rythmés, ce que le foot porte de frais et collectif et ce qu'il permet d'échappées individuelles, de brefs morceaux de bravoure.
    Danse Élargie est un concours pour jeunes compagnies, je découvre cet après-midi cinq propositions de 10 minutes, sans rien savoir à quoi m'attendre. Avec pour conséquences d'être dérouté, parfois loin de mes bases, en langage inconnu. Tel celui de la house danse d'Ousmane Sy, mais le dynamisme et la féminité des 7 interprètes de Queen Blood m'enthousiasme. Est-ce faute d'un temps suffisant? La narration de l'histoire familiale de Kwame Asafo-Adjei (Family Honor) m'égare, l'utilisation théâtrale et abrupte de la danse hip-hop m'installe cependant en anxiété.     
    Dans ces formats réduit, les œuvres les plus simples ne se sont -elles pas les plus efficaces? Elles ouvrent. Less is more, pour élargir nos pensées. Mur/Mer d' Elsa Chène laisse beaucoup de place à l'imaginaire, alors que les nombreux participants en tenue de bain viennent lentement s'installer sur une plage mentale, face à l'écran du possible ou du néant, dans l’ambiguïté de leur immobilité. Pour représenter l'humanité entière Mia Habib (All- a physical poem of protest) met en mouvement une quarantaine d’interprètes. Femmes et hommes, Jeunes ou vieux, ils sont nus en leurs corps ordinaires, ils tournent comme le monde, migrent peut-être, ou protestent. Grave et étourdissant.
     
    C'était Danse élargie (1ere partie des finales) vu le 17 juin 2018 au Théâtre de la Ville-Espace Cardin
     
    Guy

  • Autrement

    L'érotisme s'impose inattendu dans un nuage de fumée, s'appuyant sur béquilles et orthèses, une puissante sensualité. D'entrée Lila Derridj prend le pouvoir, sur le regard et sur tous préjugés. Enjoué, le corps corseté se libère du métal et du cuir en un singulier strip-tease. S'affirme hors-normes. Impose ses propres règles, sa dynamique, sa physicalité, son équilibre. Au sol nulle vulnérabilité: de la fantaisie, du dynamisme, de la joie, des rêveries. L'évocation chantée d'origines de l'autre coté de la méditerranée. Se déploie libre ici un autre vocabulaire chorégraphique, premier manifeste vers d'autres promesses.

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    Une Bouche de Lila Derrijd vu au Générateur de Gentilly le 4 mai dans le cadre de Perfs et Fracas

    Guy

    photo Thomas Barlatier avec l'aimable autorisation de Lila Derrijd

  • Mai 68 n'aura pas lieu

    C'était il y a 50 ans. Et aujourd'hui la machine théâtrale voyage dans le temps. Gwenaël Morin recrée ce soir la pièce du living theater de Juilan Beck et Judith Malina comme alors en Avignon, la met à nu avec la même honnêteté que pour ses reprises d'autres classiques du répertoire. Il la ré-active, remet en jeu scrupuleusement les textes et protocoles, fidèle à ce qui par définition n'est plus tel quel qu'en 68: à nous de voir cet objet tels que maintenant nous sommes. Là est l'enjeu: voir d'ailleurs, pour nous qui ne vivons pas sous De Gaulle- pas plus qu'on ne peut se croire en bas et perruque quand on voit du Molière -nous les enfants retombés de l'autre coté du siècle, de l'autre coté de la modernité, avec notre regard un peu cynique, distancié. C'est que les utopies ont pris la poussière, naïvetés devenues nostalgies, et les slogans encore plus de ridicule. Depuis- beaucoup d'eau passée sous le fameux pont- les possibles sont devenus objets de musée, et Avignon s'en fout toujours autant d'être libéré, par des cellules de Bakounine ou non. Le théâtre n'a pas changé le monde, au moins il a changé le théâtre et c'est déjà beaucoup.
    D'où il y a deux manière de vivre cette soirée. Soit en mode documentaire, d'en haut, à s'interroger sur les audaces de l'époque, à ce qu'elles ont permis depuis: les acquis et les corps libérés, les émotions sans doute aussi. Ou simplement être ici et maintenant, essayer d'oublier ce qu'on a vu souvent repris sur scène depuis, et vivre cette énergie, celle qui fait vibrer la quarantaine de performeurs: goûter la beauté libre des corps ordinaires, se laisser cueillir par la radicalité et la puissance chorale du cri- l'indignation intacte, émouvoir par la tendresse du contact, troubler par la fête païenne et les manifestations chamaniques, déplacer loin par les cris dans la jungle, scandaliser par la violence et notre indifférence, attendrir dans nos immenses besoins de consolation par les câlins cosmiques.... Nous sommes tous appelés à participer. Peu d'entre nous viennent physiquement se joindre au collectif et participer, timidement d'abord et restent habillés, puis l'un pleure, un autre s'interpose pour empêcher la représentation d'une exécution. Mais beaucoup d'entre nous pourtant, silencieusement (à condition de couper le son des mots d'ordre surannés et de se laisser guider par la vérité des mouvements), regagnent un peu de naïveté, de liberté d'engagement en cet instant.

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    C'était Re-Paradise d'aprés la création Paradise Now du Living Theater, mis en scène par Gwenaël Morin avec Isabelle Angotti, LLuis Ayet Puigarnau, Gaël Baron, Elsa Bouchain, Michael Comte, Anne de Anne de Queiroz, Guilia Deline, Vincent Deslandres, Jean-Charles Dumay, Julian Eggerickx, Jonathan Foussadier, Cecilia Gallea, Alyse Gaultier, Gabriel Gauthier, Léo Gobin, Jules Guittier, Barbara Jung, Manu Laskar, Victor Lenoble, Natacha Mendès, Nicole Mersy Ortega, Elsa Michaud, Julien Michel, Viviana Moin, Olga Mouak, Perle Palombe, Gianfranco Poddighe, Ulysse Pujo, Lison Rault, Thierry Raynaud, Richard Sammut, Mayya Sanbar, Brahim Tekfa, Thomas Tressy, Gaetan Vourc’h, Marc Zammit vu au théâtre Nanterre Amandiers le 11 mai 2018

    jusqu'au 26 mai

    Guy

     

    Photo de P.Grobois avec l'aimable autorisation de la compagnie.

  • Génération perdue

    L'une rêve sa future maison, telle que la dessinerait un enfant, bulle dégagée de toute contrainte de fonctionnalité, pure projection de sa psyché, utérus protecteur, substitut d'une mère terrifiante.

    L'autre s'imagine libre absolument, pour voyager sans attaches et franchir montagnes et océans portée par une infinie liberté.

    Elles figureraient à toutes deux le portrait d'une génération insatisfaite profondément, dépourvue des clés pour changer le monde ou y trouver sa place et lui imprimer sa réalité, qui investirait toute sa détermination dans d'impossibles projets. Elles rêvent en pure perte. Ici les mots et les signes remplacent les choses- c'est la situation même du théâtre- le plan pour la maison et la carte pour le territoire. Le voyage est le tracé abstrait d'une ligne droite et la maison celui d'une sphère. Mais signes ils restent, en pure perte. Meurent solitaires. C'est évidemment poignant, et même d'une grande drôlerie du contraste qui - s'agissant de toute utopie- naît entre l’extrême méticulosité du projet et la triste impossibilité de sa réalisation.

    Pour autant ce discours de la vacuité et de l’irrésolution, semble déteindre sur la pièce elle-même, trop lâche dans sa forme, peut-être dans la vaine recherche de sensations plus intangibles. Un sentiment d'inutilité me gagne. Me touchent de belles scènes qui y flottent, émouvantes et d'une délicate subtilité. Mais leur propos se dilue dans cette indécision constante. Je perds les personnages éloignés dans l'espace de ce grand plateau désolé, perdus, perdants. La chanson finale, qui semble ne jamais pouvoir commencer, m’apparaît comme une conclusion par défaut.

    Notre Foyer, mis en scène par Florian Pautasso, vu à Mains d’œuvres le 27 avril 2018

    Guy

     

  • A l'intérieur des images

    Plutôt qu'une adaptation des trois ombres, on s’immerge ici dans extension de l’œuvre par d'autres moyens artistiques, une radicale recréation dans l'espace scénique. D'abord du récit : le conte onirique en BD de Cyril Pedrosa- tragédie d'une fuite éperdue-est déplacé d'un passé indéfini vers un présent qui fait écho aux tragédies contemporaines. La menace mystérieuse des trois ombres aperçues au loin se précise avec des références aux guerres bien réelles. S'impose d'emblée un sentiment inéluctabilité, la relecture de la tragédie se fait au passé. Les personnages sont ramenés à l'essentiel autour du trio familial: le père, la mère et l'enfant condamné. Les péripéties cèdent le pas aux allégories. De tous l'unique comédienne se fait le corps fragile, la voix inquiète, soutenue par le dessinateur et les musiciens. Recréation formelle: la narration cède le pas à la puissance des sensations que permet la convergence des arts de la scène, de l'évocation d'un simple feu de bois à la tempête. Tout part pourtant de la noirceur du dessin de Pedrosa, qui envahit le plateau, ses traits et gestes en direct, agrandis, amplifiés par la musique, la vidéo. Ils produisent une intense contagion sur la scène, il faut bien dire un sentiment d'étouffement. Qui traduit toute la dureté du monde. C'est dans un igloo, une bulle, que Cyril Pedrosa, dessine, dans un fragile refuge face au deuil, à toutes les menaces, surface de projection de quelques espoirs.

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    En situation d'immersion, le spectateur s'y trouve aussi en se plongeant dans les expositions du festival Pulp de la ferme du buisson. Dans cette situation, la bande dessinée se projette hors du cadre habituel de l'album, sur tous les murs, pour entourer le visiteur. Elle cesse d'être narration pour s'affirmer art simplement, s'il en est encore besoin de le prouver. Le choc est manifeste pour la rétrospective consacrée au grand Philippe Druillet (Lone Sloane, Salamboo...), artiste plus grand que nature, qui dessine sur des planches en très grand format, et il semble que le format n'est jamais assez grand pour contenir la profusion, la puissance et la violence de ses images qui explosent hors des cases. Dans cette exposition, et à travers l'évolution de l'artiste depuis 50 ans, l'histoire racontée à l'origine compte de moins en moins par rapport à l'image, à jamais figée à l'instant donné. Nous restons en sidération devant la contemplation d'un big bang apocalyptique, la fin et le commencement, hallucination traversée d'angles aigus et de couleurs exaltées.

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    Et les autres expositions : Big Nose Art de Florence Cestac dont les célèbres nez sont sublimés par le relief, celle des gracieux sumos de David Prud'homme, celle de l’inénarrable collection BD cul, prouvent, chacune différemment, la capacité de la BD à se montrer où on l’accueille en mutant de forme. 

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    Trois ombres, mis en scène par Mikaël Serre d’après la BD de Cyril Pedrosa le 7 avril et les expositions de la ferme du buisson dans le cadre du Pulp Festival. Les expositions sont visibles jusqu'au 21 avril.

    Guy

    photo de les 3 ombres par Philippe Guillaume

  • La convergence des arts

    Affirmer ici que les arts dialoguent, ce serait exagéré. Bien sûr, de tous temps, la danse a inspiré la peinture, mais danser dans un musée n'a jamais fait réagir une fresque de Matisse. Même, à sens unique, je peine souvent à lire l'influence des œuvres plastiques sur le geste chorégraphique que je vois vivre devant elles. Pour autant, la situation, l'inattendu de la juxtaposition provoque de la jubilation, autorise le regard à rêver où il veut, créer des correspondances, peut-être.

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    S'agissant de la pièce en sept morceaux d'Anne Vigier & Franck Apertet, la filiation est évidente et revendiquée, avec la photographie In voluptate Mors de Philippe Halsman, où l'on voit Salvador Dali devant sept corps nus qui figurent ensemble une tête de mort. Nous pouvons ce dimanche, durant un temps sans repères, suivre les étapes de la reproduction de cette vanité en un tableau vivant dans les salles du Musée d'art moderne de la Ville de Paris. L'œuvre originale est d'abord décomposée. Les danseurs, séparément, répètent ad nauseam des poses fragmentées, sous les indications des chorégraphes. Mais est-ce une véritable répétition, où déjà une représentation tout du long ? Je perçois une dynamique sans rupture dans cet ensemble d'actions, alors que les danseurs s'isolent ou se rassemblent, se dévêtent ou se rhabillent, migrent de salles en salles. Ils s’efforcent de parfaire la continuité d'un mouvement même durant les labs d'immobilité. Cet entêtement obstiné, sec, témoigne d'une absolue indifférence aux œuvres picturales croisées alentour-on ne peut écrire "rencontrées"- autant qu'aux spectateurs. L'action se joue malgré, contre le lieu, en contraste. Juste une situation. Dans ce spectacle, donc, s'impose comme argument (inattendu dans l'espace public) une nudité calculée, jeune et souple, qui se dévoile progressivement, et jusqu'à son intégralité au moment de la résolution lorsque la figure s'assemble sous le regard vide des danseuses de Matisse, pour alors démontrer qu'il y a plus dans l'ensemble que la somme des 7 parties. Le grand intérêt de la performance est d'organiser la mobilité du visiteur/spectateur- venu ici à priori voir les œuvres du musée. Il peut suivre les danseurs de salle en salle ou les dédaigner. Sans désir préalable, tout l'éventail de ses réactions est potentiellement suscité, de son intérêt et sa curiosité jusqu'à sa fascination où son indifférence, en passant par son amusement. La performance prospère sur les oppositions et les ambiguïtés : sujet morbide et performeurs vivants, allers et retours entre les parties et le tout, espace d'exposition ou de spectacle, répétition ou représentation, plus généralement déconstruction des normes de représentation. Rien d'étonnant puisqu’il s'agit du projet d'ensemble des chorégraphes, qui les mène parfois à des extrémités exaspérantes comme j'ai pu en témoigner dans le livre consacré aux 20 ans de Faits d'hivers, mais c'est une autre histoire...

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    Dans le même lieu, la proposition d'Héla Fattoumi & Eric Lamoureux, en compagnie du compositeur et interprète suédois Peter von Poehl, est plus statistique, plus lisible, et non moins intéressante. Ces soir devant les danseuses de Matisse, avec la rencontre des deux chorégraphes et d'un trio soft-rock, Sympathetic Magic met à contribution trois arts (quatre en comptant les objets réels et vidéos de Claire Willman). Mais c'est avant tout d'un concert dont il s'agit, autour duquel les autres arts s'agencent. La musique, pop anglo-saxonne aux couleurs early seventies, chantée haut perchée, alterne détentes mélancoliques et relatives tensions qui s’exacerbent mais sans jamais sortir ds rails, avec le soutien binaire du percussionniste Antoine Boistelle et aérien du bassiste Frédéric Parcabe. Plus de douceur et de subtilité mélodique que de bruyante catharsis. La danse de Fattoumi et Lamoureux, souple et déliée, est d'une admirable modestie. Souriante, elle s'inscrit en commentaire de ce concert, avec une même délicatesse. De trouvailles en trouvailles, les interprètes jouent avec les accessoires lumineux dans une déclinaison low cost de l’incontournable light show, se prêtent avec humour au rôle de choristes. En parfaire harmonie et synchronisation avec le mood musical. On pourrait ainsi s'imaginer ado dansant gracieusement dans sa chambre, le vinyle préféré tournant sur la platine, intensément pénétré de toutes les sensations musicales et un moment indifférent à la marche du monde.

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    C'était, au Musée d'art moderne de la ville de Paris, Pièce en sept morceaux d'Annie Vigier et Frank Apertet vu le 11 février 2018, et Sympathetic Magic de Peter von Peohl, Héla Fattoumi & Eric Lamoureux, vu le 29 mars 2018.

    Guy

     PS: A la la réflexion, il y a des rencontres ou le la peinture fait corps, et le corps se fait peinture, et la musique vibrations avec le tout, ainsi ici avec Bernard Bousquet, Eleonore Didier , Jean François Pauvros au Générateur:

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  • il y a de la vie dans l'espace

    Tout est possible, ces tentatives, plus ou moins, qui s'enchainent et se déchainent. Proches performances,le générateurde la vie. Foutraques et immédiates, spontanées et sans appel. Même si elles commencent à l'économie, telles les lumières des apprentis Fratellini, ou s'enflamment ou font long performances,le générateurfeu, elles démentent le mauvais présage- anagramme-de David Noir qui habillé en rat se résigne au génocide de l'art, faute de résultats. Tant qu'il y a des performances il y a de l'espoir... De l'argent, on ne sait (à part les pièces que Thomas Laroppe se met au performances,le générateurcul), mais de l'espace surement, généreusement, celui du Générateur s'ouvre grand. Dedans ça s'envole et plane ou tombe à plat, mais rebondit plus loin, librement. Dans cette utopie on surprend des répliques et des échos, des rencontres entre personnages qui s’entêtent à rester. Mais il faut accepter de se déplacer, oser pivoter d'attentes et de perspective, désobéir aux consignes et aller voir ce performances,le générateurqui surgit, s'achève ou se prépare. Intervenir, d'un coup de crayon sur la peau corps d'une belle sur piédestal. Accepter le télescopage, digne pourtant, entre des moments loufoques et ceux graves soudains, lorsque nous sommes invités à nous pencher sur les dessins d'une jeune personne disparue.  

    C'était Show Your Frasq, performances de Bernard BOUSQUET • Sarah CASSENTI • Sonia CODHANT • Lotus EDDE-KHOURI • Deed JULIUS & Olivier CHEBAB • performances,le générateurJulien HAGUENAUER • Thomas LAROPPE • Cyril LECLERC • Christophe MACÉ • Julie MONDOR • David NOIR • Élizabeth SAINT-JALMES • Delphine SANDOZ • Biño SAUITZVY et 10 apprentis de l’Académie Fratellini* • Alessia SINISCALCHI • Adrien SOLIS • Alberto SORBELLI • Anna TEN • Nadia VADORI-GAUTHIER & Margaux AMOROS au Générateur, le 24 mars 2018.

    performances,le générateurGuy