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Breve - Page 2

  • De Tokyo à Paris

    Au rythme de ce soir je ne pourrai bientôt plus m'étonner de rien. Tout m'est délicieusement incongru.
    L'affiche est bariolée, surchargée de beaucoup de noms pour moi tous inconnus. Le festival entier est importé du pays 18010344_1384526504920175_2549349666346440660_n.jpgdu soleil levant, mais plonge coté obscur de l'underground. Attaque brute ce soir: le saxophoniste éructe free tandis qu'un couple se livre à une démonstration savante de Kinbaku. La femme s'élève encordée sur la musique groupe de jazz Cosmos report (allusion à Weather Report? Peut être dans son incarnation la plus sauvage). Et les propositions se suivent, variées, en sets de vingt minutes qui évitent de lasser. Jamais de ma vie je n'avais écouté du glam-punk japonais. Avec Sister Paul, ça c'est fait.18057678_1384524868253672_5998410155620722714_n.jpg Comme dans tous les duos électriques qui suivent, la batterie cogne binaire, avec une énergie revigorante et les amplis saturent. The Tug aussi décape les oreilles en structures basiques, Reiko Nagayama les apaise avec des accents folks, avant que Kokkei no door ne remette des décibels. je suis évidemment frustré de tout ce qui m'échappe, en néophyte, de ces expressions de (contre)culture, amusé de reconnaitre les avatars des courants musicaux anglo-saxon, du folk au rock, avec chaque fois une couche en plus. Est-ce un contresens de croire que ce plus est fait en grande partie d'extravagance, de fantaisie, de second degré? Mais 18336995_10210561621415227_1305883010_n.jpglorsque, sur la musique de Kuri, glissent des danseuses vêtues des peintures de Ibuki Kuramochi, pas besoin de traduction.
     
    C'est une soirée du festival Paint Your Teeth in Paris #2 (Festival japonais alternatif ) organisé par l'association Art Levant , le 21 avril au DOC
    il y avait cette soirée là :
    - film "precut girl" (Eric Dinkian avec Karin Shibata) + shibari (de l'école des cordes)
    - Cosmos report : free jazz + Niels Mestre (guitare élecrique) + shibari
    - Sister Paul : punk
    - Bonkichi (Reiko Nagayama) : folk personnel
    - The Tug : rock "garage"
    - Kokkei no door : hardrock "fantasy"
    - Ibuki Kuramochi + Kuri (accompagnement musical) + Léozane Wachs + Laureline Mialon (danse)

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    Guy
     
    Photos avec l'aimable autorisation de Sylvain Kodama
  • Tellurique

     
    Plus de dix ans que je vois danser Maki Watanabe, même bien avant de tenter de l'écrire, mais cela pourrait être depuis vingt, toujours je reviens. Je reviens, comme hier, m'abandonner à cette même immédiateté, épancher le même besoin d'absolu et d'évidence. Quand la danse alentour devient trop raide, trop contemporaine, trop consciente, trop conceptuelle, trop calculée, trop asséchée, il me faut à nouveau voir Maki faire déferler ce qui est souterrain, faire ressurgir une émotion originelle ou proche de l'abime de demain. Elle le peut, par le travail d'un corps qui sait exprimer soudain cela. Mais comment, je ne saurais l'expliquer. La fusion nait hier de manière quasi improvisée avec de nouveaux partenaires qui véhiculent la même puissance tellurique: Michel Deltruc et Patricia Dallio. Leur musique gronde et soulève des ondes qui la propulsent en territoires inconnus.
     

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    Maki Watanabe-danseuse-, Michel Deltruc-batteur percussionniste et  Patricia Dallio-olitherpiste, lutherie électronique- le 29 avril au Générateur de Gentilly dans le cadre d' ((Ow-Ao))#4: 3 artistes chaque soir et 6 rencontres inédites de performances et improvisation jusqu'au 2 mai.
     
    Guy
     
    Quelques secondes ici:
  • Sous la laideur

    Pas reluisants ces récits qui poissent, contes de la laideur ordinaire. Des histoires incorrectes d'homme-pipi, d'handicapé manipulateur, un souvenir d'enfance glauque, un quasi éloge du viol...  Ce texte fascinant tend des pièges évidents... qui sont ce soir élégamment évités. Ni pathos qui l'alourdirait, ni humour lourdingue pour désamorcer le malaise. Assez de détachement dans le jeu des trois acteurs, mais une présence forte, de l’étrangeté pour toujours intriguer. Beaucoup de respiration laissée autour de ces monologues logorrhéiques, des scénettes muettes et des actions banales posées sans gratuité avec des objets quotidiens, de la danse dans la belle évidence du langage corporel, une couche sonore subtile qui enrichit l'ensemble. Tout est dans le silence et la retenue qui ancre dans le caché du quotidien, dans le non dit. Dans le trouble. Tant et si bien que la proposition reste grande ouverte. A pouvoir vouloir dire beaucoup. A ressentir, par exemple, que la laideur inavouée affleure sans cesse dans nos vie, que la parole peut la soigner. Ou tout autre conclusion.
     

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    Non que ça veuille ren dire- brefs entretiens avec des hommes hideux d'aprés David Foster Wallace , mis en scène par Perrine Mornay, vu à l’Échangeur de Bagnolet le 3 avril 2017.
     
    Guy
     
    photo Perrine Mornay avec l'aimable autorisation de la compagnie
  • Stand Up!

    Bonjour, je m'appelle Guy, vous êtes mes lecteurs, je vous aime, et j'ai vu- pour moi une première fois- un spectacle de stand up, avec Mazine puis Mahaut: c'est un genre libre mais très codifié, des jeunes gens qui parlent au public seuls debout devant un micro sur pied, et sans décors, accessoires tolérés (ils ont juste le droit d'être habillés sans pour autant être costumés) et chacun s'accommode à sa façon de cette limitation dans le jeu: Mazine, bien campé, joue bien du minimalisme,il s'autorise tout juste à sourire et Mahaut plus physique flirte joliment avec la contrainte, toujours au bord de s'en évader, bouge en féminité. Ils me parlent- et bien sur à mes voisins- en flux continu, sans s'arrêter, comme les chaines d'information: un mot, puis une phrase, en entrainant une autre par associations d'idées- un peu comme dans cette chronique- à presque me faire croire à tort à force de transitions acrobatiques qu'ils improvisent leurs textes (biens écrits), c'est en tout cas agréablement étourdissant. Ils prennent quand même le temps de respirer, donc marquons une courte pause...
    Donc: ils me parlent de beaucoup de sujets, de leur vie, de politique... Je suis moins intéressé quand ils me parlent de politique- je comprends qu'ils le fassent car c'est un sujet universellement partagé, et installé dans les codes du stand up, mais qui se trouve justement banalisé, où il est difficile de s'affranchir du "politiquement correct"; je ris bien mieux quand ils me racontent des histoires censées leur être arrivées. Parce qu'ils me parlent d'eux... mais pas vraiment. Ils parlent à la première personne, leur parole vient d'un "je" mais qui n'est pas vraiment le leur. Ils construisent des personnages, qu'ils tournent en dérision avec le récit de (més)aventures qui leur sont, plus ou moins, vraiment arrivées. C'est la version live de l'autofiction. Mazine, tout en cynisme, nous dit d'emblée qu'il est arabe pour aussitôt revendiquer de ne pas être réduit à cette seule identité. Mahaut ouvre le show en déconstruisant son (vrai) prénom. Très parisienne, paraphrase de Nietzche à la clé, elle raconte sa vie en une course effrénée de terrasses en soirées, en rupture de bcbgisme. Mazine met en scène un papa intimidant, Mahaut fait beaucoup parler une maman qui n'est pas vraiment sa vraie maman (quitte à déstabiliser la maman véritable qui est justement l'amie que je ce soir viens soutenir ici, elle même venue découvrir et soutenir la version scénique de sa fille, toutes deux donc fictionnées). A un moment ou un autre ils s'arrêtent et on applaudit...
    Et surtout, heureusement, Mazine, Mahaut, sont très drôles, ils sont jeunes et beaux, moi aussi je les aime.
     

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    Mahaut, précédée de Mazine, vus le 29 mars au petit théâtre du Kibélé avec Kandidator.
     
    Guy
     
    photo de Mahaut avec l'aimable autorisation de sa maman
  • Je suis Zoulou

    Pourquoi, immédiat, ce frisson qui me prend, dés qu'en réponse aux appels du soliste s'élèvent les voix du chœur masculin? D'où vient ce déferlement d'émotions? Qu'ai-je de commun avec ces 10 chanteurs et danseurs venus de si loin: du village de Ngabayela-Umsinga, puis de Johannesburg? Ils portent une tradition qui m'est étrangère-: l'isicathamiya issu de l'héritage zoulou et des mutations culturelles de l'Afrique du sud. J'en avais juste entendu les échos dans le disque Graceland de Paul Simon. Mais je ressens la parenté avec toutes les musiques qui m'émeuvent du gospel au funk: celles où se rencontrent l'Afrique et l'Occident.
    Ils sont mieux sapés que je ne le serai jamais, avec une excentricité réjouissante, le chant à capella est hypnotique et entêtant, puissant comme le cours d'un fleuve. La danse, souple et énergique, ré-ancre dans la temporalité. Elle permet au delà de la barrière de la langue zoulou, de partager avec des gestes immédiats les récits racontés ici: thèmes comiques, tragiques ou poétiques-"qui a mangé l'oiseau qui était sur mon épaule?"- au sujet de guerriers, d'amour, de migrants, mise en garde contre le sida.... Et il suffit de répondre à leur invitation à venir danser un peu avec eux sur scène pour prendre part à cette expression d'universalité.

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    Phuphuma Love Minus, vu le 23 mars au théâtre claude Lévi Strauss du musée du quai Branly.
     
    du 25 mars au 2 avril
     
    Guy
    photo de Vuyani Feni avec l'aimable autorisation du musée.
  • La violence et la beauté

    D'abord en gros plan les mains de Catherine Meurisse, en poses lentes le corps de DD Dorvillier, ensemble pour un temps d'observation. Ou de stupéfaction. Déjà les expressions de la peur, de la stupeur, de la supplication ou de la résignation. Sur l'image projetée au mur, on voit le pinceau de la dessinatrice esquisser un croquis, mais invisible, sur la feuille blanche, comme retenu par une impossibilité. Il faut qu'ensuite elle irrigue le dessin d'encre rouge, comme le corps d'autant de gouttes de sang, pour lui donner expression, souffrance. Et il faut l'intention de la danseuse pour sur scène en créer le relief, la consistance.
     

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    Les modèles qui inspirent cette performance ne sont pas montrés. Ainsi que l'on s'interdirait de diffuser des images trop violentes. Il s'agit des statues des jardins de la villa Médicis, les enfants de Niobé fuyant en vain la colère des dieux que leur mère a offensés. Et dans notre esprit est présent le massacre de Charlie Hebdo, auquel Catherine Meurisse a échappé(1). Mais de ce sujet omniprésent rien n'est dit ici. Seule la pudeur, la justesse et l'intensité.  
    Avec l'interprétation des deux artistes, une réflexion silencieuse s'approfondit devant nos yeux, telle celle à laquelle nous nous livrons dans un musée face une œuvre qui suscite en nous une émotion profonde, avec le besoin de la questionner longuement pour comprendre en quoi elle nous reconnait, en quoi elle nous transforme. Ici l'indicible. L'encre coule: le sang des victimes percées de flèches, mais aussi le sang qui donne vie à l'inanimé. Pour lutter. Les mouvements persistent en un combat contre la fatalité, les personnages fuient, les perspectives se renversent en recherche du sens, se mêlent et se transforment: têtes, cheveux, bras, jambes. Ni ordre ni hiérarchie entre le dessin et la danse, qui ensemble concourent au geste, mais stimulation dans l'exploration d'une pensée. Ce travail est dense, entrecroisé, avec des moyens esthétiques surprenants.

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    Le matin de ce samedi, un autre fanatique tentait de semer la terreur, la mort. Les artistes peuvent nous aider à survivre à la sidération qui nous foudroie face à l'absurdité, à la violence. Comprendre, surmonter. L’œuvre d'auteur de BD de Catherine Meurisse(2) se nourrit d'un rapport intense, à la fois insolent et respectueux, avec ce que les maitres de toutes époques nous disent de l'humanité. Elle rejoint DD Dorvillier dans son travail de l'observation et de compréhension du corps et de la sensation. Devant les dessins au mur des corps des niobides, les deux artistes partagent avec nous, belle et indispensable, une minute de silence. 
     
    Vois tu celle là qui s'enfuit, duo créé pour le festival Concordan(s)es par DD Dorvilier et Catherine Meurisse, vu au Colombier de Bagnolet le 18 mars. 
     
    Prochaines dates: le 22 mars à la bibliothèque André Malraux des Lilas, le 23 mars au Bal (Paris), le 25 mars à bibliothèque Robert Desnos (Montreuil)
     
    (1) Lire la legereté (éditions dargaud)
    (2) lire Moderne Olympia (futuropolis), Mes hommes de lettres (babelio) , le pont des arts (sarbacane)
    Guy
     
    photos de Delphine Micheli avec l'aimable autorisation du festival.
  • Métamorphoses

    Saisissement et onirisme: Sabine Molennar titille le bizarre. Son corps longiligne se casse et se désarticule, renonce à soi pour se prêter à de nouveaux agencements, suggère des archétypes féminins sur le fil de l'ambiguïté entre érotisme et monstruosité, autant d'exercices de difformités. Je suis capté par la tension qu'elle exacerbe entre équilibres et chutes, tente d'entrevoir au gré des mystères et métamorphoses qu'elle crée des éclats de vérité. Tragiques. La bande son à rebours, l'économie de matériaux scéniques, robes et meubles, dessinent dans mon esprit un imaginaire de velours capiteux, vénéneux, quasi cinématographique. Je pense à David Lynch mais d'autres y verront le souvenir de maitres flamands. Elle coule et se brise, trouble, derrière le prisme.
     
     
    That's it de Sabine Molennar vu le 9 mars au théâtre de Vanves dans le cadre du festival Artdanthé.
     
    Guy
  • Cours particuliers

    Cette leçon de géographie est loin d'être ennuyeuse, et le Générateur une salle de classe heureusement indisciplinée. Éléonore Didier et Lila Derridj font plutôt l'école buissonnière. Surtout occupées à rire, jouer et chanter, espiègles et facétieuses, se courser. Est ce l'influence de sa partenaire? En performance, Éléonore Didier n'a jamais autant bougé. Au programme après la récrée une géographie des corps, mais affectueuse alors, d'abord à l'échelle de l'humain. Tous préjugés déjoués, différences abolies, apparaissent d'elles deux d'infinies postures, possibilités et convergences. Elles les déclinent en harmonie, avec bienveillance et exigence ( je prends conscience qu'il me reste bien du chemin à faire avant de réussir le poirier). Cette danse dessine des valeurs apaisées de liberté, égalité, sororité.

     

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    Même sincérité, horizontalité et engagement, pour la performance du Corps collectif, mais là en mode furieux. Les danseurs hors des normes improvisent à l'unisson autour d'état de corps, débordent d'énergie et de générosité. Effervescence et tremblements, comme des visions en éruptions du volcan intérieur, on est secoué.
     
    Géographies (ou classroom) d'Éléonore Didier & Lila Derridj suivi par Le crépuscule des baby dolls de Nadia Vadori-Gauthier et le Corps Collectif pour les performances de mars au Générateur.
     
    Guy
     
    photos GD
  • Solitudes

    Muette panique, Maki Watanabe se débat comme un oiseau ivre au sein du grand vide scénique, mais saturé de l'expressivité des matériaux sonores de Jean Marc Foussat. "Peut-on danser ensemble?": je ressens une infinie solitude dans l'espace que ses intenses improvisations dessinent, une fuite. Maki Watanabe révèle. Elle réduit l'écart sensible entre l'être et le monde, la couche qui protège le corps fragile de la dureté de l'autour, la distance de sécurité.
     

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    (Un peu plus tard et non sans rapport, David Noir se propose sous l'improbable déguisement d'une tortue dans sa longue migration. Sous le fou rire et le grotesque une interrogation sur l'essence et l'apparence) .
     
    "Peut-on danser ensemble" de Maki Watanabe sur une musique de Jean Marc Foussat, "Marée Haute" de David Noir, Performances de Mars vues le 4 mars 2017 au Générateur.
     
    Guy
     
    photo G.D.
     
    A voir ce dimanche à partir de 17H00 :

    The hammer in my head
    Bonella Holloway
    Performance

    Géographies (ou classroom)
    Eleonore Didier & Lila Derridj
    Performance Danse

    Le crépuscule des baby dolls
    Nadia Vadori-Gauthier et le Corps Collectif
    Performance Danse

  • Gimme Shelter

    Entreprise sévère et ambitieuse: le livret de cet opéra dense de sens puise dans le vivier des mythes universels. Un peuple en détresse erre en quête d'un dieu muet sous la conduite de son prophète. Cette traversée du désert les amène vers un havre, une possible terre promise. Le récit balance entre universalité et l'actualité flagrante avec la figure d'un religieux fanatique et misogyne, prompt à tuer à coups de revolver. Dès le temple trouvé, coule le premier sang. Mais le ciel est vide, la scène aussi. Cette omniprésence du vide, assumée dans la pièce, me pose question, avec la sensation que la chorégraphie explore obsessionnellement cet espace austère sans le remplir de vie, d'expression. Malgré les enjeux, ll me manque d'être saisi, halluciné. Mouvements désunis, me dit une amie. Il me faut attendre le personnage de la sybille pour gouter de la liberté, de la surprise et du délié, même de la transe. Dans cette concurrence des sens que produit le genre de l'opéra, avec une partition ici très acide, le chant à vif, le livret à lire dans le même temps, dans cette masse d'informations à décrypter, la danse me semble ici passer au second plan.

     

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    Initio chorégraphié par Tatiana Julien, composé par Pedro Garcia Velasquez vu au théâtre de la cité internationale dans le cadre de faits d'hiver le 30 janvier 2017

    photo de Flore Nina Hernandez avec l'aimable autorisation de faits d'hiver