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  • Erika Zueneli fait son beau cinema

    Il y a tout à voir, et des milliers d’autres choses. En l’espace d’un clin d’œil ou dans la respiration d’une pose. Le corps sans relâche est traversé d’images et de souvenirs, personnels ou partagés. Mais justement, tout aussitôt se partage...

    Daybreak crédits Philippe Noisette.jpg

    Comment? Par quels moyens? On admet et on renonce à expliquer ce qu’on ressent avec évidence. Cette qualité d’adaptation à l’univers visuel des autres, déjà à l’oeuvre dans Noon, sans jamais que le travail n’apparaisse ostensible. Une empathie extrême. Le fond peint vient discrètement rappeler qu’il s’agit là de représentation, et aussitôt s’impose une danse caméléon. Erika Zueneli dirige ou libère sa mémoire, ouvre la notre dans le même temps. Evoque avec telle force et une telle économie qui n’est besoin de rien raconter. Etats animaux, marche à quatre pattes et drôles d’oiseaux, réminiscences  juste entre-aperçues de propositions passées, danse exotiques et surannées, morceaux de quotidien, scènes de cinéma qui s’égrènent et se répètent de Métropolis à James Bond, avec un humour qui relance la pièce plus loin, là où on ne l’attend pas… Même fugitives, populaires ou non, les références invitent au lieu d’intimider. Pourquoi? C’est un autre mystère, la bobine touche à sa fin, le projecteur éclaire encore quelques instants à blanc, en un commentaire ironique sur cette entreprise de représentations et métamorphoses.

    C'était Daybreak d' Erika Zueneli, assistée d'Olivier Renouf. Au Théatre de l'Etoile du Nord avec Avis de turbulences. Jusqu'à samedi, avec H2O, et précédé de Champs à Mains d'Oeuvres

     photo par Philippe Noisette avec l'aimable autorisation du Théatre de l'Etoile du Nord

  • Catherine Dreyfus: la Chimie pas amusante

    Extrait de la présentation d'H2O:"Trois corps confondus, investis d’un état liquide, se dilatent, s’allègent, se croisent et s’entrecroisent pour former un parfait système ondulatoire comme les éléments constituants d’une molécule.(...) Comme dans une expérience de chimie, l’élément liquide se fait gazeux, puis explosif, avant de retrouver une nouvelle forme de stabilité." C'est joliement écrit, et la photo aussi, on aurait envie de plagier cette note d'intention pour commenter du Merce Cunningham.

    H2O.jpg

    Et l'état initial apparait pour un moment en un bel équilibre: trois organismes flottant près du sol sur des raies de lumière. Las, l'illusion ne survit pas au mouvement. Trop d'impatience, trop de clarté, trop d'agitation? On voudrait ne rien reconnaitre et se laisser emporter par le tourbillon des molécules. Mais elles restent invisibles, pourquoi ne voit-on que des danseurs qui dansent? Quelqu'en soient les raisons, l'accélérateur de particules a bien du mal à démarrer.

    C'était H2O, par Catherine Dreyfuss, avec Jaime Flor, Xiména Firpo, Catherine Drefus. Au Théatre de l'Etoile du Nord, ce samedi encore, avec Avis de Turbulences.

    Guy

    photo par Arnaud Poumarat, avec l'aimable autorisation du Théatre de l'Etoile du Nord