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L'amant de Lol V. Stein

Dire Duras est un risque tant cette langue en impose. "Rapture", inspirée du "Ravissement de LOL V. Stein" parvient à échapper à la langue de Duras, à cette monumentalité. Elle y échappe, mais vers quelque chose de tout autant interrogatif et désespéré. Au fond, une forme de fidelité. Ce qui dit sur scène est repris littéralement du texte de l'auteur ne résonne plus vraiment comme tel, appartient maintenant à la pièce. Et la pièce s'échappe également en s'ouvrant à une toute autre histoire d'oubli, l'histoire d'un père malade, douloureuse différemment. Reste l'indétermination. Sur la scène nue, il n' a pas de lieux, juste les idées des lieux, exprimés par des surtitres, par la frontière d'un rideau, de même que T-Beach n'est que le signe de Trouville sur mer. Dans cette épure, tout l'autour est indéterminé. Ainsi dans l'intensité des regards et l'engagement des corps, on en revient à l'essentiel, l'obsession de situations que les personnages sont condamnés à revivre dans le flou de leurs souvenirs. Est ce là une définition de la folie? J'en suis affecté.

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Un autre soir: l'amant. Dans un lieu particulier: ce café, associatif, à Pantin, dans le soir qui tombe, ni volets ni rideaux, sans séparation entre le dehors et le dedans. Un monologue. Le choix fait cette fois est celui de la fidélité au texte du roman, mais qu'il faut faire exister. que nous l'acceptions. L'actrice se tait, sourit, crée le silence. Elle est belle. Entre de longues pauses, le texte va la rechercher. Quand il est prêt. Ce texte au passé, mais fort et vrai. Alors l'actrice se met parmi nous en mouvement et nous l'apporte. En face de moi une jeune femme témoigne d'une exceptionnelle attention, immergée, sa concentration est contagieuse. Pourtant, quand le personnage raconte qu'elle faisait l'amour tout en recevant tous les bruits, les odeurs, les ombres et lueurs de la ville à travers les persiennes, nous mêmes spectateurs attentifs et justement perméables percevons les allés et venues au dehors du café, tout ce réel, et parfois l'actrice elle-même s'interrompt pour les observer. S'en imprégner? Certains préfèrent alors fermer les yeux. Mais les souvenirs n'arrêtent pas la marche du temps.
 

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Rapture, d'après Marguerite Duras, mis en scène par Noëmi Ksicova, vu à Mains d'Oeuvres le 13 juin
L'amant d'après Marguerite Duras interprété par Yuika Hokama mis en scène par Yves Noël Genod, vu à Pas si loin le 16 juin
 
Guy
 
1ere photo de Jérome Pierson avec l'aimable autorisation de Mains d'Oeuvres
2eme photo GD
 

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