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centre national de la danse

  • Folk Dance

    Les peaux de bêtes ont la respiration profonde, la mémoire longue. En émerge un corps qui revient de loin, des traditions. Prêt à toutes les insolences et métamorphoses. II lui faut d'abord se prêter à un rite de passage, se grimer de noir. Laurence Pages évoque l'esprit de la samba et du carnaval. Et ouvre le moment festif où tout serait permis, l'identité collective, le folklore ravivé. Pourrait-on la suivre, comme elle oser se transformer? Les mutations sont spectaculaire, corps engagé, humaine et animale, prête à mordre ou griffer, ours ou bélier. Masculine ou féminin en une semi nudité, lutteur moustachu et belliqueux, ou en sensualité débordante. Là où elle me trouble, c'est par ce balancement joyeux entre transe et connivence, comme une shaman d'occident.

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    Pour qui tu te prends de Laurence Pagès, vu en présentation professionnelle au Centre National de la Danse le 28 avril 2017
     
    Guy
     
    photo de Maïa Jannel avec l'aimable autorisation de la compagnie
  • Espace vital

    Beaucoup de monde sur si peu d’espace: il faudra surement tous tôt ou tard s’y habituer. José Vidal fait vivre 9 danseurs en 2 m2- y compris au début leurs vêtements, lourds et colorés. Ils n’en souffrent pas, bien au contraire: sourires au vent et gestes d’amour, caresses et bras tendus pour des appels généreux. C’est le collectif qui prime, corps offerts, corps effleurés, corps portés, exprimé en des milliers d’interactions, asservies aux boucles rythmiques lentes ou emportées des 9 parties de la pièce. Les images se sur-impressionnent sans répit- images de foules évidemment sentimentales, dans des discothèques, sur des bord de plage ,des terrains de sports… ou sur un radeau de la méduse mais en bien plus joyeux. Les vêtements volent, jusqu’à la félicité suivi du relâchement. Il n’y a à voir ici que jeunesse et amour, dans un esprit qui m’évoque les utopies des sixties. C'est forcement euphorisant. Qu’elles soient optimistes ou pessimiste, j’ai le sentiment d’assister de plus en plus souvent à des danses de l’épuisement.

    C’est Loop 3 de José Vidal vu au Centre National de la Danse le 5 décembre.

    Guy

  • Tout ça, c'est du cinéma (partie 2)

     

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    Geisha Fontaine et Pierre Cottreau jouent quant à eux, rassurants, au vrai faux documentaire. Pour partir chercher au Japon la trace d’un manuscrit de Spinoza… Et puis quoi encore? Plus qu'au sens propre, l’histoire se regarde à plusieurs niveaux, se goute comme une fantaisie philosophique. Le manuscrit perdu serait un traité d’optique. Il s'agirait pour nous d’exercer notre regard critique, au delà des apparences. Sur la plateau la chorégraphe est pour une fois vêtue selon son prénom, mais nous trompe de robes gigognes. Et plus tard, la Geisha n’est pas celle qu’on croit. Je renonce à m'impatienter, c'est une ballade. La narratrice, bonhomme et complice, nous mystifie. C'est une initiation, mine de rien, un chemin, parcouru à distance sur l'écran. L’enquête policière, de fausses en vrais pistes selon les lois du genre, est prétexte à nous inciter à changer de point de vue, savoir à quoi le monde ressemble vu à l’envers entre ses propres jambes. Les yeux trompent, les morales aussi, les nouvelles perspectives sont moins intenses qu'occasions de sourire.

     

    4 - Les yeux dans les yeux - Mille Plateaux Associ├®s (c) Pierre Cottreau.jpg

    C’était Les Yeux dans les yeux de Pierre Cottreau et Geisha Fontaine, vus au Centre National de la Danse dans le cadre du cycle danse et cinema

    Guy

    Photos de Pierre Cottreau avec l'aimable autorisation de la compagnie.

  • Tout ça, c'est du cinéma (partie 1)

    danse,veronica vallecillo,centre national de la danse

    La pellicule est rayée, granulée comme dans les songes agités d’un chien andalou, en noir, en blanc, en sang. Les images rescapées s’enrayent et défilent, boucles sur les trois faces du cube éventré-  sous les pieds de Veronica Vallecillo, derrière elle, tout autour. L’ailleurs s’entrouvre, s’écoule dans l’imaginaire.  Elle se déplie au centre, dans ce flux lumineux d'un autre temps. Joue de contrastes primaires et crus: visage de craie et bottes vermeilles, comme les lèvres. Le film est muet, inquiétant. Elle, tout autant. L’exercice: difficile, tendu, extravaguant. Pas un son, pas un souffle. Rien qu’un silence insoutenable. A nous retenir sans respirer. Mais les images ont un rythme,  les pensées s’agitent. Comme son corps d’un flamenco outré, vital, qui sans sons enrage. Qui laisse imaginer douleurs et révoltes. Et puis à l’intérieur on devine les battements du cœur. Les images l’entourent et la soulignent, une prison ou une salle de danse, dessinent de fausses portes. Il ne reste que vertige farouche, sardonique, intense. Ca me heurte mais ça me parle.

     danse,veronica vallecillo,centre national de la danse

    C’était le vrai-faux film muet qui vous parle de Veronica Vallecillo, vu au Centre National de la Danse dans le cadre du cycle danse et cinema.

    Guy 

    photos par Elise Boual avec l'aimable autorisation de la compagnie