mardi, 26 août 2008
Durif: Textes hors Champ
Quand dehors et sur les écrans se donnent à voir toutes les horreurs, à quoi servent encore les tragédies, et les poètes aussi? L'actrice, hors de scène, nous réserve ce soir un accueil bousculé
à nous demander si l'on connait l'histoire d'Oreste- et d'ailleurs peu importe- puis à nous placer d'autorité sur un coin de banquette. Tout est ici question de place ou de point de vue: le texte aussi joue à être dedans et dehors à la fois, à s'étonner de nos attentes. Les meurtres ne seront pas montrés, ni ceux d'avant, ni ceux d'après. Plus besoin. Pour mieux s'attarder sur ce qui en chemin peut- on non- se passer. D'une langue délicieusement incorrecte, qui ose la liberté, tout en chocs, ruptures et fausses pistes, en ironie désabusée. Les rôles sont allusifs, Oreste erre dans ce labyrinthe de la fatalité, où ne le guident pas la Fille et le Guide Coryphée. Souffre et baise en chemin, mais l'érotisme est à jamais interrogatif, douloureux. Cassandre- en rouge appuyé- ne sait plus au juste pourquoi pleurer, mais sait bien encore comment, imprévisible, et peut-être trop triste pour se prendre au sérieux. Musiques et surprises se heurtent sur un mode mélancolique et grotesque, étonnent sans expliquer. On nous interpelle droit dans les yeux pour nous rappeler que tout celà n'est qu'un jeu. La mise en scène est encore verte, quoique plutôt moite aussi. C'est qu'il y a un poil trop d'idées et d'impatience, et l'envie de tout essayer. Mais on les suit sur ce chemin aussi. Tant les outrances forment un tout juste, et étonnamment joyeux.
C'était Meurtres Hors Champ d' Eugène Durif, mis en scène et interprété par Sophie Anselme, Clémence Labatut, Clément Bayart, Sophie Berneyron, à l'AKTEON THEATRE avec le festival d'été jeunes compagnies. Jusqu'à samedi.
17:25 Écrit par guy dans theatre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, akteon, eugène durif |
Facebook | |
Imprimer
samedi, 20 mai 2006
Kao: Yumi Fujitani nait masquée
Kao(le visage) ou Chaos? L'ambiguïté s'affiche déja dans le titre, le buto se joue toujours de l'ambivalence de ses origines, entre l'occident et le Japon.
Comme de juste, le visage en question reste longtemps absent, masqué. Et Yumi Fujitani escamotée au tout début par un tissu bleu. Un temps de latence et de lenteur, jusqu'au moment intense où d'abord un oeil apparaît, c'est un soulagement.
Mais de courte durée, car il nous est rappelé une fois encore qu'il est toujours dur et douloureux de venir au monde, et la suite nous fait craindre, de tremblements en convulsions, que c'est peut-être un monstre qui naît. Le premier rang, menacé, en reculerait d'effroi s'il pouvait. Aprés ce paroxysme la pièce se conclue, peut-être, sur un apaisement.
Conclue par les applaudissements, car le buto est sans doute celui des arts de la scène pour lesquels nous sommes le plus étonnés et rassurés de voir l'artiste revenir saluer, vivante, indemne.
c'était à l'Akteon ,le soir du 19 mai
Guy
12:45 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : buto, danse, spectacle, akteon, yes!, yumi fujitani |
Facebook | |
Imprimer

