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  • Kazuo Ohno (1906-2010)

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  • Géometrie dans l'espace

    Dans cette ronde tournent cinq hommes, trois femmes, il y a donc une multiplicité de possibiltés. Le triangle amoureux n'est qu'une parmi les options. En apparence la narration se distribue d'abord sur quatre cotés, en quatre récits étanches et parrallèles , de passion, de sexe, de trahisons et deceptions.

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    Mais progressivement ces dimensions se rapprochent et rencontrent, tout bouge dans le même espace infini autour des personnages et en tous sens, murs et planchers: lit roulants, bureaux volants, fauteuils qui se gonflent, panneaux glissants, alcôves multifonctions, parois qui tombent pour réveler sur l'autre face un parterre de gazon, sol qui se penche, chambre close et pentue aux perspectives inquiétantes. Cette pièce est construite en colimaçon, en fractale, en spirale qui s'emballe, tourne sur elle-même. Les situations s'y répétent et s'accélèrent, les mêmes mots de plus en denses jusqu'à être réduits en lettres lettres de néon qui tombent en un désordre lumineux. Le carré est cassé. Les angles cruels se resserrent autour des protagonistes, Les récits quittent un plan d'abord banal et psychologisant, qui met notre patience à l'épreuve, jusqu'à atteindre un sommet de poésie lors de la compression finale. C'est alors étourdissant. Toutes les équations amoureuses obéissent ici toutes à la même logique de destruction, aboutissent au même résultat: un saut dans le vide ou coup de revolver, point final.

    C'était La Ronde du carré de Dimitris Dimitriadis , m.e.s. par Giorgio Barberio Corsetti à l'Odéon.

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    photo d'Alain Fonteray avec l'aimable autorisation du théatre de l'Odéon

  • Des regrets: Charmatz's Best of Cunningham

    Je cherchais cet aprés-midi du neuf, mais Flip Book de Boris Charmatz s'avère être un avatar de 50 ans de danse, déja vu cette saison au Théâtre de la Ville. Il s'agit là encore de la réinterprétation dansée des photos d'un livre consacré à Merce Cunningham, tourné page aprés page. Jouée cette fois-ci en plein air et sur gazon, les corps des interprêtes bien petits confrontés aux tours de la Défense. Je suis gagné comme en salle par le même désintéret, juste distrait par les télescopages musicaux, quelques extravagances et pointes d'impertinences. Il y a au départ une idée inattendue (Chamartz n'en manque pas), mais je ne parviens pas à l'oublier pour gouter au résultat. Dois je regarder cette proposition comme un hommage, une entreprise de sauvegarde? L'an dernier avec Charmatz je comprenais mieux Hijikata, aujourd'hui je n'apprends rien de Cunningham. Dans le genre rétrospectif, je préférais les insolentes évocations de Pina Bausch vues à Artdanthé, tournées vers le présent. S'agit-il d'un simple exercice de style?  Dans l'art de remplir les vides entre les arrêts sur images, le travail d'Hermann Diephuis me semblait plus convaincant. Ici la contrainte semble figer les images, le mouvement entre elles ne reste qu'un passage. Les clichés figés dans le passé, comme l'album photo d'une famille qui ne serait pas la mienne. Je prends conscience alors de ce qui me gêne, la sensation d'assister par erreur à un spectacle de danseurs pour danseurs, exclusivement.

    C'était, de Boris Charmatz, Flip Book , vu sur l'Esplanade de la Défense avec le festival Seine de Danse et 50 ans de Danse, vu au Théatre de la ville

    lire aussi,  le tardorne et images de danse