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jan martens

  • Obstiné

    La première qualité de Sweat Baby Sweat, c’est d’exaspérer. Jusqu’à nous emporter, m’emporter. Pour imposer un (vrai) point de vue coûte que coûte, par cette lancinance de la répétition, se répète dans le couple ce rapport sensuel et entêté qui semble ne jamais pouvoir se résoudre. Les deux corps s’accrochent l’un à l’autre, sans satiété. Une ballade acoustique s’étire au-delà du raisonnable. Au mur les mots s’affichent, au-delà de la  banalité, pour atteindre la vérité, à force. Cela dure, la danse, et l’effort se voit, à chaque instant. L'effort en surface celui de danser, mais surtout celui de s’aimer, une lutte sans répit, longue, obstinée.

     danse,jan martens,les plateaux

    Sweat Baby Sweat,  de Jan Martens vu à la Maison des Arts de Créteil le 28 septembre dans le cadre des Plateaux.

    Guy

    photo de  Klaartje Lambrechts.avec l'aimable autorisation de la compagnie

    A propos de A small guide on how to treat a lifetime companion, lire ici.

  • Un homme et une femme

    L’espace est concentré autour du couple: 4 mètres carrés d’intimité, yeux dans les yeux. Il n’y a qu’eux deux qui existent, et le vide tout autour. Sans paroles, des sensations de gaucherie, de pudeur, de désirs qui rôdent et d’anges qui passent. Entre eux les relations-est ce de l’amour ?- se cherchent. Leur hésitation parvient jusqu’à nous, palpable. Ou est-ce notre attente, notre curiosité? Comment donc être à deux, ensemble s’inventer? L’amour est un travail, de tous les jours. Comment, ou non, se toucher, se chuchoter à l’oreille des secrets?

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    Leur urgence s’exprime crescendo avec des accents de musique métal, leurs rapports physiques culminent mais figurés pour nous surprendre, sans vrai contact. Se réunissent-ils dans le plaisir ? Elle se lasse, il s’obstine. Se comprendre et  atteindre l’autre, ne serait-ce que des genoux, du bassin, des épaules…sans réussir à s’étreindre ni s’imbriquer, à avoir accès à l’autre. L’amour amer semble une lutte à mort, toujours à réinventer. Menacé par la lassitude, par une rengaine désabusée de Fleetwood mac.

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    J’aime cette danse qui me raconte son histoire, comme la vie violente, dure, drôle et tendre.

    C’était A Small Guide on how to treat your lifetime companion de Jan Martens au Nouveau Théâtre de Montreuil, dans le cadre du Festival les Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine St Denis.

    Photos de Stephan Van Hesteren avec l’aimable autorisation de la compagnie