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Tiens, voilà du boudin

Le texte presse bien fort où ça couine, tout au long de cette fable cruelle: une famille renie un fils qui ne parvient plus qu'à s'exprimer qu'en langage des porcs. Nulle fin heureuse à espérer, pas une once de pitié, juste un inexorable enlisement: l'humanité se vautre et se dissout dans le purin, le boudin. C'est noir, comme le sang. Gare: on est toujours le cochon de quelqu'un. La mise en scène organise sur le retournement de perspective: le fils a l'apparence d'un jeune homme sain, alors que les autres protagonistes portent des masques bestiaux qui trahissent leurs vices. Ainsi que leur monstruosité, devenue la norme, définie par leurs actes. Ils feront sa fête au cochon. Subsidiairement, la pièce aujourd'hui nous interroge quant à nos comportements vis à vis des autres espèces animales, dont quelques gènes nous séparent. Ce soir pas d'espoir et une méchante énergie sur le plateau: des corps déchaînés, du trash qui éclabousse, et de l'humour saignant. Çà fait du boucan. C'est impressionnant, et cohérent.
 

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La fête du cochon, texte de Peter Turrini, mise en scène Marie Brugière et Majan Pochard vu au Théatre 13 le 18 juin 2019
 
Guy
 
photo avec l'aimable autorisation de la compagnie

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