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Ni ancien ni moderne

On aimerait pouvoir un jour en finir, avec l'éternelle querelle des anciens et des modernes. Ne plus lire dans le journal que c'est Shakespeare qu'on assassine, ou voir des metteurs en scène écrire leur nom en plus gros que celui de Molière. La proposition de Damien Chardonnet-Darmaillacq redonne de l'espoir. Le texte d''Andromaque de Racine est respecté, les alexandrins-implacables- avançant sur tous leurs pieds : c'est un signe de respect envers le spectateur contemporain, supposé assez curieux et intelligent pour l'entendre tel quel. Pour autant le metteur en scène relit la pièce à la l'aune de préoccupations contemporaines. Ne pas le faire serait utopique, sauf à ce que les spectateurs viennent assister au spectacle en perruque. La pièce est une séquelle, située après la guerre de Troie, les personnages n'en sont pas les héros mais leurs héritiers. Le temps est celui d'un après, chacun confronté aux écrasantes responsabilités du pouvoir, aux choix. Les logiques amoureuses cèdent le pas au politique. Dans cette guerre froide aux décors durs et métalliques, chaque personnage-Andromaque, Pyrrhus, Hermione, Oreste- est associé à une cité. Dictées par ces logiques de diplomatie sentimentale, les alliances se renversent, engagements reniés, et les corps jaloux, passionnés, se jaugent et s'attirent sans réussir à se toucher. La tension monte ainsi sans jamais se résoudre, exacerbée par les jeux de lumière, de son, de vidéo. Les erreurs ne seront pas réparées. Que pouvons-nous faire de la paix qui nous a été léguée ?

Andromaque, de Racine, mis en scène, par Damien Chardonnet-Darmaillacq, vu au théâtre de la cité internationale, le 5 février 2018

Guy

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