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Breve

  • Un soir pas comme un autre

    Clotilde Béoutis, primo-spectatrice samedi au Générateur, raconte Show Your Frasq #4:

    Tout commence par d’épais rideaux de velours rouge, et un petit soleil tamponné sur nos mains. Ce n’est pourtant ni l’entrée d’un théâtre, ni celle d’une boîte de nuit, ou peut-être un peu des deux à la fois. Au milieu des spectateurs qui entrent timidement, un verre à la main, se glisse un petit chien frétillant. Au centre, un ange passe, au sens propre seulement, et s’installe devant sa batterie. Il ne joue pas cependant, et fixe désespérément quelque chose que nous ne pouvons pas voir. A ses pieds une jeune fille dort, serrant son oreiller comme s’il s’agissait de sa dernière attache avec la réalité. La musique commence. Au fond, dans une petite tente qui rappelle celles des SDF ou des migrants, se cache l’allégorie de la république. Un sein à l’air, la Marianne des temps modernes nous raconte des histoires de la guerre, de toutes les guerres, sous les regards amusés d’enfants qui miment le bruit des fusils en sautant sur du papier à bulle.

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    Le chien, lassé des spectateurs, vient lécher la nourriture que son maître se tartine lui-même sur le corps.

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    Une danseuse nous propose de tirer des cartes sur lesquelles sont inscrites des contraintes rythmiques ou corporelles pour la faire danser.

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    Petit à petit, l’ambiance s’électrifie. Les personnages se réveillent. Le niveau sonore augmente, les danses s’emballent. Deux hommes miment un combat. Les enfants s’en mêlent, avec plus de sérieux que les adultes.

     

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    Au centre, insensible à ce qui se passe autour d’elles, deux personnes valsent, casques vissés aux oreilles pour ne pas entendre le bruit ambiant.

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    Les spectateurs sont invités à participer, à danser, à écrire des vœux sur un petit carnet, à se mettre tout nu dans un lit ou à prendre un cours express de mandarin.

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    Le quatrième mur se brise. Le combat s’intensifie, les performeurs se rassemblent peu à peu au centre de la pièce. Un homme et une femme nus et enlacés roulent à terre, puis se lèvent et marchent droit devant eux, les yeux fermés. Ils bousculent des spectateurs surpris.

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    Certains sortent reprendre un verre, d’autres attendent la suite. La nuit ne fait que commencer

    Clotilde Béoutis

    C'était Show your Frasq #4 au Générateur le 15 decembre Avec Margot Blanc • Isabelle Clarençon • Sonia Codhant • David Noir • Ismaera Takeo Ishii • Alberto Sorbelli • Elizabeth Saint-Jalmes • Adrien Solis, Deus & Jaya • Cyril Leclerc • Julien Haguenauer • Marc Planceon • Georges Lesayah, Ida Helene Heidel, Claude Barthélemy & Frédéric Bouquet • Claire Faugouin • Éléonore Didier & Lucia Soler • Olivier Chebab, Thomas Laroppe, Céline Paul, Nicole Ah-Von, Valérie et David Dreyfuss, Elena Missini, Niataé Le Fripon, Valentine Mizzi, Aitana Lou, Alexandre Morzy • Eleni Lni • Anna Ten • Anne-Sarah Faget

    Photos Guy

  • Go West

    Après Cirkopolis l'an dernier, avec toujours autant d'énergie, le cirque Eloize part à la conquête de l'Ouest. Duels, chemin de fer, lassos, chercheurs d'or, girls, bagarre de bars... la troupe jongle sur scène avec les mythes du western qu'elle enchaîne ultra rythmés, la locomotive recyclée aussi sec en piano de saloon. Le propos est gai et léger, décalé, traité façon cinéma, avec onomatopées, accélérés et ralentis. Les corps jubilent toujours bien haut haut, virevoltent avec de généreuses acrobaties. Si les voix, violons guitares et mandolines parfois jouent la mélancolie country, façon Johnny Cash et Poor lonesome Cow-boy, c'est juste pour obéir aux lois du genre, pour de rire, avec entrain et sans tristesse. Le cirque Eloize donne envie de sourire, de rire et danser, on a 10 ans!

     

     

    Saloon, du cirque Eloize, vu au 13eme art le 12 décembre.

    Encore jusqu'au 6 janvier.

    Guy

  • Sur le terrain

    Moi, je n'aime pas le foot. Tous les rites, les vestiaires, les slogans, les chansons, le ballon, le spectacle, la pratique... Mais celles-ci ce soir-sportives et/ou performeuses- font équipe, une équipe 100 % féminine. C'est qu'elles placent là l'enjeu  (et leur jeu, sur le terrain et sur la scène): investir un territoire préempté par les hommes. Rebecca Chaillon utilise ses méthodes à vif, approches rusées et osées, transgressives et incarnées: déconstruire par l’excès. Elles mouillent le maillot. Érotisation publique du sport féminin par ici la répétition de la nudité, ambiguïté des corps, pizzas et bières des spectateurs dits sportifs, enthousiasme et l’idolâtrie des fans, esprit d'équipe et chauvinisme, violence et  fraternité/sororité, sueur et effort, terre remuée. Tout y est, en mouvements et énergie, emboîté là, d’après le pire et le meilleur, livré à notre jugement, à nos sensations. La proposition réussit à dépasser la contradiction d'attirance et répulsion, entre l'appropriation par les femmes de ce sport et de ses valeurs, et la dénonciation de ses travers. En évitant, avec audace et humour, le prêche militant. Dans la partie parlée, la colère fuse et s'explicite, guettée par l'épuisement et la confusion. Chacune des voix porte un point de vue singulier, de par chaque motivation première- sportive, amoureuse, sociale, intellectuelle... et les approches politiques. Ce discours des possibles est à la portée de vieux mâles blancs.
     

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    Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute par Rebecca Chaillon vu à la ferme du buisson le 17 novembre 2018.
    Au carreau du temple les 29 et 30 novembre.
     
    Guy
     
    Photo de Sophie Madigand avec l'aimable autorisation du carreau du temple
  • Requiem , regard nouveau

    Une nouvelle contribution de l'ami François, trés en forme:

    Un spectacle très souvent s’oublie. Quand le mot 'spectacle' n’a jamais semblé aussi déplacé que ce soir-là, les 100 minutes de traversée du Requiem pour L. sont inoubliables, chargées d’une gravité rare.

    Fabrizio Cassol, musicien, et Alain Platel, chorégraphe, se sont retrouvés pour aborder le Requiem de Mozart. Cette œuvre est un monument du répertoire classique, et les circonstances de sa création contribuent certainement à sa notoriété. Mozart fut emporté par la maladie avant d’avoir achevé la composition de cette messe des morts. L’inachevé historique est un appel à pousser l’œuvre vers d'autres territoires.

    Sur scène se déploie un autre monument : un assemblage de stèles qui rappelle le mémorial de l’holocauste de Berlin. Pour les acteurs du Requiem pour L., qu’ils soient musiciens ou chanteurs, les stèles deviennent un banc, un socle de présentation, une mini-scène, une table. Le mémorial devient lieu de vie, lieu de danse et de musique.

    A l’image de cet exemple du décor et de sa fonction, le Requiem pour L. mêle la vie à la mort. Jusqu’à l’extrême. Un immense écran remplit le fond de la scène. Pendant toute la durée du Requiem, un plan fixe montre L. , alitée, entourée par des proches qu’on ne peut que deviner. L. va s’éteindre peu à peu sous nos yeux, pendant que devant elle, les musiciens et chanteurs jouent, dansent et chantent. Ce requiem est une expérience bouleversante de rencontre frontale avec la mort, mais il affirme avec force que cette rencontre a lieu depuis le monde des vivants. Le spectateur se retrouve placé dans une situation où il côtoie la mort , un dispositif où paradoxalement la confrontation crée l’acceptation et peut-être même l’oubli car pendant que L. agonise, la musique, le chant et la vie continuent.

    Les thèmes et les airs célèbres du Requiem sont adaptés ici dans un mélange de musique sacrée, de jazz et de musique africaine. Cette version audacieuse nous fait prendre conscience du formatage inconscient et des préjugés qui nous habitent. Par exemple, celui qui fait apparaître étrange de voir les airs lyriques du Requiem de Mozart chantés des blacks, par une soprano et un baryton africain habillés selon les codes vestimentaires du rap black et chaussés des bottes de caoutchouc des mineurs sud-africains. Le métissage inouï voulu par Cassol et Platel nettoie complètement les habitudes d’écoute et de regard.

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    Vu le 26 septembre 2018 à l’Avant Seine à Colombes. Programmé au Théâtre National de Chaillot du 21 au 24 novembre 2018

    Photo : © Chris van der Burght , compagnie Les ballets C de la B

  • Dégenré

    Comment la percevons nous, cette danse, à nous troubler?  Cette danse serait en potentialités, toute en choix. Virile ou féminine, selon. Nue ou maquillée, les danseurs barbus ou glabres, en robes ou costumes, leurs mouvements secs ou enveloppants, doux ou brutaux, nos regards complices ou distants. S'habille-t-elle de stéréotypes et d'implicites? Quand se dévoile-t-elle vraiment? Que se permet-elle, que nous permet-elle de voir et de vouloir? Notre regard a-t-il un genre? Des préjugés, des intentions plaquées. Maria Montero joue avec mes perception, me questionne. A la fin le moine est fait, déshabillé.
     

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    Men's Day, de Maria Montero à l'Etoile du Nord , le 30 octobre 2018, dans le cadre des festivals Zoa-Zône d'occupation artistique, et Avis de turbulence.
     
    Guy
     
     
  • Plus de dimensions

    Principe: les danseurs se coulent dans les moules d’œuvres musicales déjà abouties, en explorent les possibilités, en repoussent les limites. A chacun son approche, sa stratégie, son appropriation. Les sons nous entourent, mais la physicalité s'impose tout autant, dans toutes ses dimensions. Vincent Laubeuf installe un imaginaire puissant, des bruits et conversations, des rumeurs d'ailleurs. Eli Farmaki s'y fraie un chemin sensible, sur elle-même tourne lentement, s'y glisse humblement, se laisse colorer de sons.

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    Teddy Ramasike sur la puissante composition de Jacob Elkin décline un vocabulaire du buto dans ses fondamentaux-mais est ce trop? - le pathos comme une malédiction. 
    Même prise de contrôle par Tina Besnard sur la musique de Benoit Bories, sa composition est forte et saisissante, m'emmène dans des territoires d'effroi.
    Juju Alishina rentre en belle résonance avec le récit musical d'Ivan Magrin Chagnolleau, des respirations oppressantes au son des gouttes d'eau. Son costume de pluie, et sa danse vive, en complémentarité.
     

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    C'était la session 1 du festival 2018 En Chair et en Son (rencontres buto et musique acousmatique), avec Incarnations, Until I become nothing, Le corps contraint, Aerial 01 au Cube, le 25 octobre 2018.
     
    Guy
    Photos par Fabrice Pairault avec l'aimable autorisation du festival
  • Les joies de l'automne

    Trois mois après le solstice d'été, s'incarne avec le corps collectif la nouvelle étape du cycle naturel: le moment de l'équinoxe d'automne. Débordent toujours la générosité et la gourmandise, les courses et bonds, les gestes emportés, le vin qui coule sur les chairs cuivrées. Mais la saison change vers moins de lumières, plus de réserve. Dans la musique la mélancolie des violons domine les emportements d'Elvis, et les feuilles mortes jonchent le plateau. La danse se fait plus mure, dans l'équilibre du jour et de la nuit. Mais toujours les performances de chacun ne prennent de sens que dans l'ensemble, en relations sensibles, dans l'unité d'un rite. Pour nous aider à survivre à ce qui vient: un plein d'énergie. Je reçois, tardive sensibilisation pour un parisien hermétique. Synchronicité: ce samedi je déguste "Les grands espaces" les mémoires d'enfance à la campagne en BD de la toujours drôle et intelligente Catherine Meurisse. Plus tard, peut-être, à nouveau marcher dans une forêt, pour de vrai?
     

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    That's all right mama 2/4:  l'équinoxe d'automne, par le corps collectif vu le 22 septembre 2018 au Générateur de Gentilly
     
    Guy
     
    Photo de Tadzio photovideo avec l'aimable autorisation du Générateur
     
  • Limites

    Une nouvelle contribution de notre ami François:

    La chorégraphe Elisabeth Streb a fondé sa compagnie en 1985, aujourd’hui installée à Brooklyn et elle occupe une place à part dans le monde de la danse. Ses spectacles, ses shows menés à l’américaine peut-on dire, sont un mélange de cascades, de numéros de cirque et de disciplines sportives bondissantes (gymnastique, trampoline,…) construit sur une base de réflexion théorique très poussée. Ses danseurs sont des athlètes qui sont invités à prendre des risques pour offrir au spectateur une expérience inédite du mouvement, de l’espace et de la capacité des corps à prendre possession de celui-ci. Elisabeth Streb a des obsessions a priori absurdes : faire voler un être humain de ses propres ailes (sic), le faire marcher sur un mur, inventer des mouvements inédits et pour cela concevoir des appareils improbables dans lesquels ses danseurs cobayes sont invités à se mouvoir et à en sortir vivant. Les corps s’envolent en majesté, fiers, souriants mais finissent vaincus par la gravité et s’écrasent sans esquiver le moindre geste de protection ou de préparation de la réception au sol. Splash … et surtout keep smiling guys! Les corps se bousculent, se tordent, s’empilent, se compriment dans des systèmes de contrainte que l’on pourrait qualifier de sadique si on n’était pas sûr d’assister à un spectacle. On a parfois peur pour les danseurs : un petit moment d’inattention et les voilà qui pourraient éclater comme des fruits murs en se prenant de plein fouet une grosse poutrelle de fer à l’énergie décuplée par le mouvement de rotation qui lui est donnée. Il y a un côté darwinien et guerrier dans l’art d’Elisabeth Streb : seuls les plus forts, les plus vifs, les plus attentifs survivent. Ses danseurs sont d’improbables surhommes (il y a aussi des femmes !).

     

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    C’était Streb Extreme Action, vu au Kampnagel de Hambourg en août 2018. Passage à Paris les 13 et 14 octobre au Musée d’Orsay dans le cadre de l’exposition Picasso Bleu et Rose.

    François

     

    Photo avec l’autorisation de la compagnie

  • Deus ex machina

    L'objet trouble. Énorme, sans angles, mou et sans stabilité de forme. Il flotte. La lumière le fait irradier, vibre. La musique le porte, océanique.
    Il me fascine, m'en impose, voire intimide d'autres. Premier rôle, il focalise notre attention, autant que les belles femmes nues qu'ici et et là il laisse dans son sillage, mannequins figées, alors que lui poursuit sa course avant de revenir les réabsorber. Frayeur des messieurs au premier rang, quand cette masse molle viendra les recouvrir de sa surface plastique. Après au dessus de nous légèrement il s'envolera, en un bref émerveillement.
    Il y a là une idée forte, un choc visuel, une présence énigmatique, monstrueuse ou divine, parente du monolithique de 2001. Une idée d'une forte plasticité, toujours au bord d'être surexploitée... mais il se produit chaque fois à temps un glissement, un changement de perspective. Les danseuses s'animent, toujours dans un rapport d'attraction, de dépendance avec l'objet monumental qui leur donne ou reprend l'existence, vives, vestales ou victimes. Courent les âmes perdues. On se surprend à interpréter. A ce jeu, c'est heureux qu'ensuite la perspective se retourne complètement, nous permette de voir l'envers des mêmes déplacements qui se produisaient au début, la face cachée du dispositif, le truc. Les danseuses actives à manipuler ce qui n'est qui n'est qu'un gros objet inanimé, sans autre force que celle qu'on lui prête : les être humains redeviennent libres et agissants.
     

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    Une autre performance aux Plateaux ce soir repose elle aussi sur l'exploitation systématique d'une belle idée visuelle, jusqu'à peut-être son épuisement. Pour en comprendre le principe, je vous propose de regarder l'image plus bas, ce qui m'épargnera de laborieuses explications. D'abord, c'est très drôle. En plus, dans l'exécution, d'être remarquablement virtuose. Ceci posé, où cette expérience nous mène -t-elle?  Il serait trop primaire d'y voir une invitation à regretter l'effacement de la "vraie vie" , de la corporalité, face à l'envahissement des virtualités et à l'usage croissant des écrans. Toutes les vidéos utilisées ont été postées par des inconnus sur You tube. Nous sommes ainsi invités au tour d'un monde où chacun a droit à son quart d'heure de célébrité, en même en temps de vacuité. Le naïf et le pratique, y côtoient des choses plus surprenantes, les tutoriels de bricolage des pratiques sexuelles marginales, les captations d'animaux domestiques les démonstration d'armes à feu. On pourra ainsi se rappeler que là dans où tout est présenté sans recul et sur le même plan, tout ne se vaut pas forcement pour autant.
     

    Giuseppe Chico et Barbara Matijevic, Forecasting © Jelena Remetin IMG_5243.jpg

     

     

    C'était Wreck-List of extinct species de Pietro Marullo , et Forecasting de Guiseppe Chico et Barbara Matijevic  vu à la briqueterie avec les plateaux

    Guy

    Photo (1: Yana Lozeva, 2 Jelena Remetin) avec l'aimable autorisation de la briqueterie

  • L'adieu au langage

    Duras bouge encore, et surprend. Loin des romans la pièce adopte les formes du théâtre de l'absurde, tendance farce à trois. Mais plus question de narration, ni de situation. Juste les personnages entraînés dans des jeux d'influence et de langage labyrinthiques.  Les identités, intimes, sociales, s'y délitent: "terminé, terminé, terminé!". Les mots ne cachent plus le vide, façades sans maison. Tout est pourtant mené sur un mode loufoque, et crescendo. Quand le verbe se suicide c'est "B" qui ne parle qu'en "Shaga"-langage fictif- qui en dit le plus: par la force et la grâce de sa chorégraphie.
     
     
    C'était le Shaga de Marguerite Duras, m.e.s. par Hervine de Boodt, vu au Théo-théatre le 19 juillet 2018
     
    Guy