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  • Black Market

    Ce soir au musée du Quai Branly, les cultures dialoguent très joyeusement. Direction la Guinée à Conakry, sur le marché. Tout y enivre : chaleur, rumeurs, odeurs, couleurs et saveurs. On mate. Les filles, bassines sur la tête, balancent sous les boubous de beaux arrondis et les gars rigolards montrent leurs muscles, avant de nous jeter des bananes! Le cirque, absent de la culture traditionnelle, s'est bien acclimaté sous ces cieux africains, il nous revient métissé de danses et de chants. Tambours, Kora et balafon propulsent les acrobates dans de vigoureux défis, au mat, dans les airs ou au sol. Tout danse et pulse, l'énergie foisonne, évoque la vitalité et le désordre du marché. Comme des bateleurs, les hommes, cabots, crânent avec force de bonds, équilibres, sauts et prouesses, rient de la gravité. Le rythme se ralenti, l'ambiance reste électrique, quand la contorsionniste flirte avec l'impossible. Les musiciens nous invitent dans leurs appels et boucles, nous sommes bien accueillis dans cette euphorie.

    Boulevard Conakry par le Terya Circus, mise en scène de Dada et direction musicale de Sory Diabaté, générale vue le 8 décembre 2017 au Musée du quai Branly

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    Guy

    Encore les 9, 10, 13, 14, 16 et 17 décembre.

    Photo par Sigrid Spinnox avec l'aimable autorisation du Musée

  • Un soir à l'opéra

    D'une représentation à l'autre, est-ce notre regard qui change, ou la pièce qui évolue? Souvent les deux à la fois. Entre l'Initio vu avec faits d'hivers au théâtre de la cité internationale en début d'année et l'Initio [live]-titre étrangement rock!- de jeudi dernier à Chaillot, il y a plus que le renfort-apprécié- d'un orchestre et d'un chœur. C'est la danse qui parvient maintenant à s'imposer, en cette convergence compliquée que l'opéra recherche, avec le chant et la musique. Équilibre atteint. En janvier dernier je m'étais plutôt attaché à analyser le livret dans son état d'alors. Je ne lis pas celui de ce soir, absolument pas attentif au détail de la  narration, plutôt juste au thème général et aux émotions reçues. Est ce l'effet de ma stratégie de spectateur, ou plus passivement la conséquence de mon humeur un peu lasse? De toute manière je suis incapable de lire le livret dans le noir, pas plus de comprendre à l'oreille les paroles dans les belles envolées du chant. Il pourrait tout autant s'agir d'une langue étrangère, voire fictive, bien appropriée pour raconter l'allégorie d'un peuple en marche, comme dans une œuvre du groupe Magma. Cette partition, si dure et dramatique, aux angles aigus, a-t-elle changé? Je ne sais. Mais- grande différence avec la première version, les musiciens sont présents, ce qui est sensible non seulement par ce que je reçois de plus intense dans l'interprétation, mais dans leur intéressante physicalité. En janvier le vide traversé dans cette errance des personnages m'avait mis mal à l'aise, ce soir l'espace est intensément peuplé, au commencement par la foule des choristes, encore silencieux mais pour divaguer à quatre pattes- ce qui évoque "La mort et l'extase" de la même chorégraphe. Au deuxième acte, l'orchestre vient sur scène rentrer dans le mouvement, en empathie plutôt qu'en concurrence avec les danseurs , tous ensemble peuple d'artistes au service du sensible. Le rôle de la sibylle est dédoublé: Tatiana Julien danse et Léa Trommenschlager chante mais bien présente, ainsi que le ténor Rodriguo Ferreira. Tous s'engagent dans le mouvement, à l'unisson d'une danse cette fois engagée, d'inquiétude et d'urgence. 

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    C'était Initio [live] de Tatiana Julien (Chorégraphie), Pedro Garcia-Vélasquez (musique), Alexandre Salcède (livret, vu au Théâtre de Chaillot le 30 novembre 2017

    Guy

    photo par Meng Phu avec l'aimable autorisation de la compagnie.