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Buto - Page 3

  • Un Conte de Fée à Bertin Poirée

    Il était une fois, dans un tout petit royaume nippon mais pas si lointain que cela, une belle princesse butô. Mais qui était condamnée par quelque méchante fée à passer courbée et fourbue la serpillière sur le sol poussiéreux d'une cave. Devant une assemblée de spectateurs silencieux, mystérieusement pétrifiés comme par magie eux aussi.

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    Peut être même, victime d'un sort, la princesse avait-elle oublié jusqu'à qui elle était. Méconnaissable, en effet, cheveux en bataille, à faire peur, le visage noirci d'une folle, douce cependant. S'effondrant à terre sans raison, membres mus par de mystérieuses pensées, se mourant de solitude ou de la douleur d'un amour perdu. Comme égarée dans une noire forêt, elle étreignait contre son sein une lourde bûche, à l'écorce rugueuse. Ses souvenirs de bonheur pourtant l'agitaient, elle dansait en rêvant de valse et de bal dans une grande salle illuminée, jusqu'à ce que résonnent les douze coups.

    Elle s'effaça dans l'ombre lorsqu'un prince apparu. C'était certes un prince mais on eut dit un enfant. Ou un fou; il en portait les habits. Un fou qui croyait chevaucher une monture. Ses pas imprévisibles et irraisonnés changeaient autour de lui la réalité, ou plutôt il croyait voir un monde qui n'était pas. Ce prince, donc, méprenait la bûche pour une femme, puis se l'appropriait en un prolongement démesuré de lui-même. 

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    Ses gestes étaient d'une grâce crue. C'était bien un prince improvisé, drôle et effrayant, et jamais un roi, tant mieux. Un prince fou qui ne ressemblait à rien sauf à l'innocence, lisse, glabre, cruelle, blanche. Il aperçut une pantoufle, en huma le parfum. Ivre, il fit essayer la pantoufle à toutes les belles dames dans la cave, à la recherche de sa bien aimée. Jusqu'à retrouver la princesse, au terme d'une longue quête. C'était très beau, à pleurer. Ils furent heureux, et ils dansèrent longtemps.

    C'était Ciel de Cendre et Emerveillement et Ciel de Cendre, de Gyohei Zaitsu, avec Gyohei Zaitsu et Maki Watanabe, au butô festival, à l'Espace Culturel Bertin Poirée.

    En Juin dernier.

    Guy

    photos sans rapport direct avec la performance, mais avec l'aimable autorisation de Gyohei Zaitsu 

  • 13 août 2008 - Rue du docteur Leray

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    C'était Gyohei Zaitsu.

    Guy

    P.S. du 2/9: les photos par Jerome Delatour du 15 août sont ici son chronique est là, et le récit de la performance du 23/8 sur Neigeatoyko

     

  • Toru IWASHITA en direct

    Contrastes: on est derechef précipité en territoires improvisés, et très, très loin des paysages cérémonieux que le danseur nous faisait explorer en compagnie de Sankai Juku au Théatre de la Ville. Extrait et libre du contexte du groupe de Ushio Amagatsu, Toru Iwashita danse ce soir sa 1101355892.jpgdifférence. Au placard robes orange et maquillage blanc, oubliés les éclairages. Assis le long des murs de la Galerie Tampon, on est jamais pourtant dans une salle et presque dans la rue encore, où on voit les passants s'arrêter face à la vitre, regards happés dedans. Est-ce pour marquer la rupture avec toute esthétique de la lenteur ?- Toru attaque en un rythme physique et saccadé, par courses et bonds, exacerbé jusqu'à la chute. Il va court et vient au milieu de nous, on se colle contre le mur. Relié du regard, à distance de vibrations, il y a assis l'ami Claude Parle. Qui laisse fuser à coups d'accordéon quelques premières décharges énervées. Taquine d'une main le piano. Les notes chatouillent Toru, visiblement, s'amplifient dans ce corps qui se soulève de plus belle, s'agite et re-tombe, Toru n'est pas parti pour s'économiser. On ne peut pas ne pas remarquer jusqu'à quel point le quinquagénaire est mince et musculeux. Qui évoque un maître d'arts martiaux. Puissant à en être intimidant, jusqu'à ce qu'il rompe la théatralisation, soudain très bon enfant, de quelques traits d'humour et connivences.

    L'improvisation part sur de nombreuses pistes, et voltes-faces. En laissant rêver des moments de mélancoliques médiations, de vulnérabilité. Mini séquences, nouveaux débordements, humeurs variées, au gré de la matière sonore. Dans une attaque espiègle, Toru confisque au prix d'une brève lutte l'accordéon. Le câline comme un enfant. Ce qui oblige Claude a faire retraite pour étonner au piano. Enfin le voleur lui rend l'instrument. La performance se réinvente sans cesse, sans artifices et à portée de la main. Fait oublier derrière ce qui est déja passé. Mais il y a toujours des histoires qui surgissent, ou que chacun se raconte, en tout cas qui restent. Un voisin se fige, souffle coupé, chaque fois qu'il ne peut échapper à ce regard intense. Une voisine avoue avoir vu dans chacun des gestes depuis le début comme de déchirants efforts qui échoueraient contre la mort.

    C'était Ushio Amagatsu et Claude Parle, à la Galerie Tampon.

    Guy

    visuel: site de Claude Parle

  • Place Saint Michel: Gyohei Zaitsu en archange

    La Place Saint Michel  est toujours au même endroit, et ce depuis pas mal de temps, déja à cet endroit même du temps où les téléphones 1268075405.jpgportables n'existaient pas. Alors, tout ce que la rive gauche comptait comme lycéens et étudiants devait s'accorder à l'avance sur des lieux de rendez-vous. C'était donc toujours à la sortie du métro Odéon, ou place Saint-Michel. Au choix. Ou on y traînait à tout hasard, pour rencontrer ceux qui avaient oublié de prendre rendez vous. Ou rencontrer celles à qui d'autres avaient posé là un lapin. Bien plus tard, en 2007, ce soir, la place Saint Michel est toujours là, froide, humide et fébrile comme un 31 décembre, et encore à jamais autant entourée. Mais plus de touristes que d'étudiants qu'avant peut-être, qui s'arrêtent quelques instant pour photographier à coups de téléphones la fontaine, les dragons qui ce soir ne crachent plus d'eau, la statue aux grandes ailes et à l'épée, alors même que Gyohei Zaitsu n'y est pas encore perché.

    Ce soir on est pas là par hasard: on attend Gyohei Zaitsu, qui a e-mailé rendez vous. D'autres disséminés dans la foule l'attendent aussi mais dont beaucoup d'entre eux qui ne se connaissent pas. Juste discrètement rassemblés par des indices de jubilation anticipés. On reconnaît Maki derrière un arbre. Gyohei Zaitsu, enfin, se matérialise, non devant la fontaine, mais sur le trottoir (ouest) opposé. Comme échappé d'autre part. Maquillé de blanc et d'un filet de sang, avec le sourire béat d'être en liberté. Court vetu, jambes nues, manifestement venu d'un pays où il fait plus chaud les 31 décembre. Mine de rien, il danse. Tombe à terre, se tend, bondit, bras au ciel. Deux, trois allées-retours vers la statue, pour que tout l'espace soit conquis, l'étrangeté installée entre deux passage de bus. Faire démentir que dans la rue rien ne peut plus surprendre, ni un fou, ni un artiste. Gyohei danse et la place change. Peu à peu l'attroupement s'est formé, plus dense que justifierait une affluence ordinaire. Constitué par ceux qui étaient venu le voir, et parmi ceux qu'il prend par surprise, ceux qu'il arrive à retenir. En tout, déjà plus de publics qu'habituellement à Bertin Poiré. Le buto doit il pour de bon s'aventurer hors des caves, continuer à plus se montrer dans la rue? Deux touristes italiennes, jeunes et enthousiastes, le photographient. Sans doute jamais ne sauront elles qui il était. Un policier vient évaluer la situation d'un oeil blasé, deux dames agées sont captivées. Alors que Gyohei Zaitsu plonge dans les eaux mortes de la fontaine, elles spéculent sur la pneumonie qui le guette. S'interrogent sur la réalité du filet de sang. Surtout restent là, regarder. Un jeune homme sûrement venu exprès tente de convaincre avec de doctes explications sa compagne plutôt réservée qu'il y aurait un rapport entre Hiroshima et le buto. 

    Comme depuis 150 ans, l'archange sculpté par Francisque-Joseph Duret brandit son épée, toujours prête à s'abattre, figé pour l'éternité. 643385189.JPGGyohei s'élance à sa rencontre, part à l'escalade du socle, toujours l'air d'un bienheureux, mais plus aventureux. Se balance d'une main, joue l'équilibre en danseur. Parvient en haut, soudain très grand, dressé avec superbe, pour un instant héroïque, suspendu entre ciel et terre, dans le rôle de l'idiot magnifique. Plus proche de l'esprit et de la pierre que Billy T. Jones  de toutes les statues du Louvre. Se laisse retombe en quelques bonds, plus bas, dans l'eau glacée, toujours innocent, joyeux.

    La place Saint Michel est toujours là, au même endroit, mais son souvenir transformé. Applaudissements, dans quelques heures, c'est le réveillon. Et après, de nouvelles résolutions.

    Très bonne année à tous.

    Guy

    C'était Gyohei Zaitsu, place Saint Michel (Paris, V° arrondissement), à 17H le 31 décembre 2007.

    1ere photo, en haut à gauche, avec l'aimable autorisation de Ralph Louzon , d'autres sont à voir ici

    2nd photo, en bas à droite, avec l'aimable autorisation de Kaori Isogai.

    P.S. du 15 mai: la suite à la République, c'est ici

  • Juju Alishina: une vie de chien

    Beaucoup s'épuisent et se dispersent à vouloir pluridisciplinariser à tout prix. C'est déjà en soi remarquable que Juju Alishina, en utilisant des techniques de buto, de théâtre, de danse, nous propose quelque chose qui se tient. Pour plus d'une heure durant, avec un début, un milieu, une fin. L'argument est consciencieusement expliqué sur la feuille de salle: une fable politique, mais sans morale univoque, situé dans un espace-temps utopique et indéterminé. Où l'on voit un groupe engagé politiquement se réfugier dans la clandestinité. Ce récit reste obscur, ce qui n'est pas plus mal. Les personnages réservent leur souffle pour des tirades idéologiques d'un délicieux démodé (que cet effet fascinant soit volontaire ou non, il importe peu). Les rapports qui lient les personnages s'exposent eux plutôt à force de danse et de mine, ce qui les transporte depuis la raideur de l'utopie vers les plans de la corporalité et de la sexualité, tant mieux. Sur un mode talentueusement expressif et ambigu, surtout quand le chien est concerné.

    Car Juju Alishina joue le chien. Joue plutôt le rôle d'une femme esclave éduquée par le groupe comme une chienne. Ce qui pose un problème de représentation. Quant la danseuse se retourne sur le dos les quatre pattes en l'air, fait-elle du buto? Ou imite-t-elle un chien? Ou fait elle les deux ? On ne sait pas, sauf qu'on tend à rester dans le registre de l'imitation, ce qui, dans toute la pluridisciplinarité mise en oeuvre ici, est tout de même le moins intéressant. En concours avec la musique seventies, d'un mauvais goût effrayant. Surtout il manque ici au final un peu de nervosité, d'enjeu, pour dépasser le niveau d'un brillant exercice de style. Heureusement, comme dans Dogville, tout le monde meurt à la fin.

    C'était Dog rules de Juju Alishina_compagnie Nuba,  à l'espace culturel Bertin Poirée.

    Guy

  • Soif et Pluie, à l'espace Bertin Poirée

    C'est un secret bien gardé: il y a en ce moment un festival de danse à Bertin Poirée. Proposant tout autant de la danse contemporaine que du buto. Les animateurs du lieu sont d'une gentillesse et d'une politesse toute nippone, d'une discrétion exemplaire. On parlera quand même de ce qu'on a vu, brièvement pour ne pas les gêner, peut être ont ils peur que cela se sache qu'ils organisent un festival. Cette digne politique porte ses fruits: juste une poignée de spectateurs s'installent sur chaises et tapis pour voir si  "Il va pleuvoir" avec la compagnie Noon... On va être honnête: pas de regrêts sur le moment, mais pas grand chose non plus à en dire après. Il est sûrement question du quotidien dans ce duo de bonne tenue, qui utilise des moyens variés, du hip hop au sage soulevé, jusqu'à quelques tics bien contemporains un peu vains: accomplir des actions superflues avec une chaise, essayer de faire bouger le mur, etc... On applaudit et on oublie, faute d'une narration forte à laquelle s'ancrer.

    Nettement plus de publics la semaine d'aprés- tous les secrets finissent tot ou tard par s'ébruiter- dont un admirateur de Moeno Wakamatsu: on est donc au moins deux admirateurs, c'est un début. Plus d'intensité sur scène ce soir aussi, avec "Soif", solo de Miyoko Shida.  La partie est vite gagnée: peut être parceque dans le regard de la dame on lit une vraie inquiétude. Traduit dans le mouvement, un tournoiement entraîné par Bach pour ne plus s'arrêter, en une tension sans ostentation, la danseuse perchée sur pointes et cambrée, dans le flou d'une belle robe orange. Intermède avec une chaise, cette fois intelligemment exploitée. Et survient un exploit notable: notre fleur assoiffée se plante quelques instants dans un pot. Sans pour autant être ridicule, même un seul instant.

    C'était "Il va pleuvoir"♥♥ de la Cie Noon et "Soif" ♥♥♥♥ de Miyoko Shida à l'Espace culturel Bertin Poirée.

    Guy 

  • Gare au Theatre: Magneto et Sisyphe

    Il a le texte, il y a la danse. La danse heureusement, et même de très jolis moments. Jocelyn Danchik et Gauthier 36e38846777c48fe933fe01bab668f4a.jpgRigoulot se découvrent l'un l'autre en un duo sensuel et amoureux, Malena Murua fait une avec un rideau de tente et on ne lasse pas de suivre la fébrile Blanka glisser tragiquement sur scène, aussi belle et impavide que Morticia de la famille Adams.

    Hélas tout cela est rapiécé au fil d'une intrigue dont la puérilité nous plonge dans l'embarras. La thématique emprunte à l'univers des X-men de Marvel mais adapté pour classes maternelles. Il faut sans doute recommander la performance aux 5-10 ans, qui adoreront les dialogues ("Je suis un mutant", "Ah tu es un mouton!"), le costume de la femme sirène, et les apparitions de Maguy Ganiko habillé de côtes de maille, brandissant son épée en ombre chinoises derrière le rideau. C'est comme au guignol: attention gentils mutants, fuyez le méchant qui arrive pour vous couper en morceaux! Il faudra tout de même expliquer aux enfants que l'histoire racontée ici est pour rire: un créationniste ne peut pas, par définition même, considérer certaines espèces comme inférieures, car pour lui toutes sont censées être l'oeuvre de Dieu. C'est à l'inverse l'évolutionisme qui pourrait, mais par un développement perverti, prêter à ces dérives. Demandez donc au professeur Xavier. Pour inciter les enfants à venir jusqu'à Vitry, on pourra leur montrer des extraits du spectacle ici.

    On est heureux de revenir dans le monde adulte, avec la compagnie Sisyphe Heureux. Le nom est déjà tout un802253fad8bb58d82ae616a12b30dffe.jpg programme. Pourtant ici pas de rocher à pousser, mais sur scène un tas de gravats. Perchée au dessus, la condition humaine, à l'épreuve de sa vérité. Un danseur en costume de ville- Haïm Adri- au corps et la mémoire habités par le foisonnement des danses populaires, le coeur assailli par la surabondance des musiques et des images sonores. Les mains dans la poussière, se saisissant de la matière, cailloux après cailloux, le regard perdu et un peu fou. Pour une heure de course offerte, c'est grave et émouvant.


    C'était Mysteries of Love de la Cie FuryMoon Ultrabarroka Tanz-theater , par Maguy Ganiko avec Malena Murua, Jocelyn Danchick, Gauthier Rigoulot, Magy Ganiko et Blanka, à Gare au Theatre, jusqu'à dimanche. 

    C'était "Quelle est l'utilité d'une couverture", par la compagnie Sisyphe Heureux, dansé par Haïm Adri et mixé par Benoit Gazzal, à Gare au Theatre, jusqu'à dimanche.

    Guy 

  • Moeno oiseau, corde, pilier

    L'aube du cinquième jour se lève à l'identique sur cette scène, la veille abandonnée au crépuscule. De dos une femme est assise sur la même pierre de craie. Sur la courbe du dos nu s'écoule le noir de l'encre à nouveau, goutte après goutte. Inscription d'un sens mystérieux, ou souillure, l'encre marque en tous cas le prélude muet à une nouvelle métamorphose. Un lent déploiement d'ailes invisibles, qui nous emmène très loin de l'humanité, mais prés de l'émotion à s'y brûler, qui fait basculer la forme en un constant déséquilibre. En suspension démesurée à un fil, la marche est impossible. L'image s'impose de l'albatros de Baudelaire.

    La sixième soirée commence comme endormie encore, les fenêtres grandes ouvertes laissent rentrer comme un souffle de fraîcheur les rumeurs du dehors d'après la pluie: chants d'oiseaux, cri d'enfants, conversations assourdies, échos de chansons perdues. La danseuse, à la robe ample, est ailleurs, et humaine à nouveau, différente plus que jamais. Les gestes sont inédits, surprenants, d'une violence peut-être plus exprimée: sauter contre un pilier à s'en meurtrir, s'y enrouler, s'en servir comme appui pour s'imposer d'incroyables retournements.  

    Septième départ, en robe noire et une corde est tirée. Des gages d'humanités. Le même chemin est parcouru, qui se rompts toujours au départ par une chute, mais jamais dans les mêmes pas. On est très loin ce soir des performances du début, épuisées d'elles-mêmes, disparues dans un don éphémère. Le corps s'étire moins, renonce à la rupture, regardant vers lui-même. La danse se fait moins physique, plus sobre, tendant un peu plus vers le jeu et le mime.

    C'était "Ailes d'os d'un oiseau de compassion", "Ce qui est brisé garde le silence entre ombre et lumière", "Une ombre accrochée sur un ongle ensoleillé", par Moeno Wakamatsu, 5°,6° et 7° chapitres du cycle "Obscurité de Verre".

    Le 8° et dernier chapitre: Un corps agonisant atteint à peine un chant, c'est mercredi prochain à la Fond'action Boris Vian

    Guy

  • Maki Watanabe: catch à trois

    Qui donc les a shootées ce soir à l'adrénaline? Heureusement vite oubliées, les trois minutes de mauvaise poésie assénées en présentation, dés que des forces élementaires se déchaînent. Concentrées en un lieu qui évoque la cave de Bertin Poiré, mais en encore plus petit. On est pas rassuré, spectateur plaqué contre le mur, à la merci d'un coup de griffe perdu. Se faire invisible, respiration retenue, sentir le souffle et les mouvements de ces deux félines- Maki Watanabe et sa partenaire anonyme- qui s'observent en embuscade, se pâment, se reniflent, bondissent, se renversent, grimacent, s'embrassent ou se tirent par les cheveux. Telles deux catcheuses tirées des origines pour un ballet primitif qui n'auraient même pas à oublier les premières règles du combat. Pour impulser chocs et sauts: la batterie et les exclamations de Makoto Sato, un grondement retenu et des éclats imprévisibles. Au total, de part et d'autre une demonstration de furieuse énergie et d'inconvenance absolue.

    On reprend son souffle, quand Hugues Vincent accompagne Chia Yin Ling. C'est un judiceux contrepoint à ce qui précédait, narquois, contemporain, aventureux, intelligent et sophistiqué.

    C'était, le 5 juin dernier, Maki Watanabe et Makoto Sato, suivis de Hugues Vincent et Chia Yin Ling, à l'Atelier Tampon. 

    Guy 

  • Mana Hashimoto: entre le ciel et l'enfer

    C'est un étrange parcours, patient, sinueux, que la danseuse dessine à pas mesurés, et conclut en quasi apesanteur. En a58d1c18aab2b672bb84fa381b5bddd0.jpgdessous, au dessus, autour, par basculements gracieux, d'un étrange hamac en équilibre entre ciel et terre. Une juste place enfin trouvée. Lenteur et sérénité. La suspension devient rêverie, sublimée par les jeux de lumières. Une fois redescendue sur scène, la danseuse revient vers nous au plus près et au plus simple. Tout pathos ici est absent, un temps pour la sérénité, cette danse nous apaise, son calme est contagieux.

    Il faut évoquer la cécité de Mana Hashimoto. Non pour verser dans le sensationnalisme. Encore moins pour solliciter de la complaisance. Mais pour souligner combien cette particularité transforme le rapport attentif qui se tisse, le temps de la performance, entre elle l'artiste et nous les spectateurs. D'une qualité très particulière.

    C'était "Sous un ciel variable à la poursuite du fil d'Ariane" de et avec Mana Hashimoto, invitée par Moeno Wakamatsu à la Fond'action Boris Vian.

    Guy