

C'était Wreck-List of extinct species de Pietro Marullo , et Forecasting de Guiseppe Chico et Barbara Matijevic vu à la briqueterie avec les plateaux
Guy
Photo (1: Yana Lozeva, 2 Jelena Remetin) avec l'aimable autorisation de la briqueterie
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.


C'était Wreck-List of extinct species de Pietro Marullo , et Forecasting de Guiseppe Chico et Barbara Matijevic vu à la briqueterie avec les plateaux
Guy
Photo (1: Yana Lozeva, 2 Jelena Remetin) avec l'aimable autorisation de la briqueterie



L'érotisme s'impose inattendu dans un nuage de fumée, s'appuyant sur béquilles et orthèses, une puissante sensualité. D'entrée Lila Derridj prend le pouvoir, sur le regard et sur tous préjugés. Enjoué, le corps corseté se libère du métal et du cuir en un singulier strip-tease. S'affirme hors-normes. Impose ses propres règles, sa dynamique, sa physicalité, son équilibre. Au sol nulle vulnérabilité: de la fantaisie, du dynamisme, de la joie, des rêveries. L'évocation chantée d'origines de l'autre coté de la méditerranée. Se déploie libre ici un autre vocabulaire chorégraphique, premier manifeste vers d'autres promesses.

Une Bouche de Lila Derrijd vu au Générateur de Gentilly le 4 mai dans le cadre de Perfs et Fracas
Guy
photo Thomas Barlatier avec l'aimable autorisation de Lila Derrijd

C'était Re-Paradise d'aprés la création Paradise Now du Living Theater, mis en scène par Gwenaël Morin avec Isabelle Angotti, LLuis Ayet Puigarnau, Gaël Baron, Elsa Bouchain, Michael Comte, Anne de Anne de Queiroz, Guilia Deline, Vincent Deslandres, Jean-Charles Dumay, Julian Eggerickx, Jonathan Foussadier, Cecilia Gallea, Alyse Gaultier, Gabriel Gauthier, Léo Gobin, Jules Guittier, Barbara Jung, Manu Laskar, Victor Lenoble, Natacha Mendès, Nicole Mersy Ortega, Elsa Michaud, Julien Michel, Viviana Moin, Olga Mouak, Perle Palombe, Gianfranco Poddighe, Ulysse Pujo, Lison Rault, Thierry Raynaud, Richard Sammut, Mayya Sanbar, Brahim Tekfa, Thomas Tressy, Gaetan Vourc’h, Marc Zammit vu au théâtre Nanterre Amandiers le 11 mai 2018
jusqu'au 26 mai
Guy
Photo de P.Grobois avec l'aimable autorisation de la compagnie.
L'une rêve sa future maison, telle que la dessinerait un enfant, bulle dégagée de toute contrainte de fonctionnalité, pure projection de sa psyché, utérus protecteur, substitut d'une mère terrifiante.
L'autre s'imagine libre absolument, pour voyager sans attaches et franchir montagnes et océans portée par une infinie liberté.
Elles figureraient à toutes deux le portrait d'une génération insatisfaite profondément, dépourvue des clés pour changer le monde ou y trouver sa place et lui imprimer sa réalité, qui investirait toute sa détermination dans d'impossibles projets. Elles rêvent en pure perte. Ici les mots et les signes remplacent les choses- c'est la situation même du théâtre- le plan pour la maison et la carte pour le territoire. Le voyage est le tracé abstrait d'une ligne droite et la maison celui d'une sphère. Mais signes ils restent, en pure perte. Meurent solitaires. C'est évidemment poignant, et même d'une grande drôlerie du contraste qui - s'agissant de toute utopie- naît entre l’extrême méticulosité du projet et la triste impossibilité de sa réalisation.
Pour autant ce discours de la vacuité et de l’irrésolution, semble déteindre sur la pièce elle-même, trop lâche dans sa forme, peut-être dans la vaine recherche de sensations plus intangibles. Un sentiment d'inutilité me gagne. Me touchent de belles scènes qui y flottent, émouvantes et d'une délicate subtilité. Mais leur propos se dilue dans cette indécision constante. Je perds les personnages éloignés dans l'espace de ce grand plateau désolé, perdus, perdants. La chanson finale, qui semble ne jamais pouvoir commencer, m’apparaît comme une conclusion par défaut.
Notre Foyer, mis en scène par Florian Pautasso, vu à Mains d’œuvres le 27 avril 2018
Guy
Plutôt qu'une adaptation des trois ombres, on s’immerge ici dans extension de l’œuvre par d'autres moyens artistiques, une radicale recréation dans l'espace scénique. D'abord du récit : le conte onirique en BD de Cyril Pedrosa- tragédie d'une fuite éperdue-est déplacé d'un passé indéfini vers un présent qui fait écho aux tragédies contemporaines. La menace mystérieuse des trois ombres aperçues au loin se précise avec des références aux guerres bien réelles. S'impose d'emblée un sentiment inéluctabilité, la relecture de la tragédie se fait au passé. Les personnages sont ramenés à l'essentiel autour du trio familial: le père, la mère et l'enfant condamné. Les péripéties cèdent le pas aux allégories. De tous l'unique comédienne se fait le corps fragile, la voix inquiète, soutenue par le dessinateur et les musiciens. Recréation formelle: la narration cède le pas à la puissance des sensations que permet la convergence des arts de la scène, de l'évocation d'un simple feu de bois à la tempête. Tout part pourtant de la noirceur du dessin de Pedrosa, qui envahit le plateau, ses traits et gestes en direct, agrandis, amplifiés par la musique, la vidéo. Ils produisent une intense contagion sur la scène, il faut bien dire un sentiment d'étouffement. Qui traduit toute la dureté du monde. C'est dans un igloo, une bulle, que Cyril Pedrosa, dessine, dans un fragile refuge face au deuil, à toutes les menaces, surface de projection de quelques espoirs.

En situation d'immersion, le spectateur s'y trouve aussi en se plongeant dans les expositions du festival Pulp de la ferme du buisson. Dans cette situation, la bande dessinée se projette hors du cadre habituel de l'album, sur tous les murs, pour entourer le visiteur. Elle cesse d'être narration pour s'affirmer art simplement, s'il en est encore besoin de le prouver. Le choc est manifeste pour la rétrospective consacrée au monumental Philippe Druillet (Lone Sloane, Salamboo...), artiste plus grand que nature, qui dessine sur des planches en format XXL, et il semble que le format n'est jamais assez grand pour contenir la profusion, la puissance et la violence de ses images qui explosent hors des cases. Dans cette exposition, et à travers l'évolution de l'artiste depuis 50 ans, l'histoire racontée à l'origine compte de moins en moins par rapport à l'image, à jamais figée à l'instant donné. Nous restons en sidération devant la contemplation d'un big bang apocalyptique, la fin et le commencement, hallucination traversée d'angles aigus et de couleurs exaltées.

Et les autres expositions : Big Nose Art de Florence Cestac dont les célèbres nez sont sublimés par le relief, celle des gracieux sumos de David Prud'homme, celle de l’inénarrable collection BD cul, prouvent, chacune différemment, la capacité de la BD à se montrer où on l’accueille en mutant de forme.

Trois ombres, mis en scène par Mikaël Serre d’après la BD de Cyril Pedrosa le 7 avril et les expositions de la ferme du buisson dans le cadre du Pulp Festival. Les expositions sont visibles jusqu'au 21 avril.
Guy
photo de les 3 ombres par Philippe Guillaume