Ils sont jeunes, très jeunes, tous jeunes, autant les spectateurs que les performeurs, organisateurs, qui circulent tous rôles alternés sur les trois étages de la soirée. Avec le droit d'essayer, de sauter sans filet, de se planter, de grandir, et tout à coup de poser là des moments parfaits. Est-ce là de l'alchimie? Il ne s'agit pas de génération spontanée, et tant mieux. La Ville en feu désacralise en beauté Stravinsky, démonté depuis ses soubassements très sexués jusqu'à un chant à la hauteur. Il ne suffit pas, il n'est pas nécessaire, d'être insolent. Juste par exemple se souvenir de l'enfance, commencer par faire rouler une petite voiture: Cover, dansé en duo sensible, est présenté comme un projet basé sur la reproduction de spectacles passés, et il me semble pourtant assister à quelque chose de neuf et enthousiasmant... Autre exercice d'appropriation: les chanteurs de FARF is another se livrent, avec toute la distance de la voix off, à un exercice de reprises qui transcende la vacuité. J'ai même droit à l'intimité d'un selfie-karaoké (pour découvrir, que France Gall, c'est très horizontal), et il ne s'agit pas de prise de risque. Parce que ce n'est pas grave. Parce qu'ici c'est ailleurs. Un espace plus habitable qu'habité, mais vierge pour accueillir en un projet ouvert l'imaginaire de ces propositions. Ni intimidant, ni usé. Bien sur, les "lieux" que l'on connait, ouvrent leurs portes eux aussi, ils ont leurs générosités et prennent leurs risques. Mais est-ce jamais assez? Et ici il y a le sentiment que tout s'autorise, se détend. Que c'est possible.
Chimique(s) #2 conçu par Moïra Dalant et Marine Colard, vu le 2 juin, avec:
- FARF IS ANOTHER de et avec Valentine Basse et Gregor Daronian Kirchner
- COVER de et avec Elsa Michaud et Gabriel Gauthier
- Le Sacre du Printemps du collectif La Ville en Feu - avec Garance Silve, Alex Bouchni, Louise Buléon Kayser, Giula Dussollier, Simon Peretti, Maxime Bizet, Thomas Bleton, Justine Dibling, Marius Barthaux, Agathe De Wispelaere, Myriam Jarmache, Juliet Doucet et Jean Hostache
- Fake Nature de Ana Monteiro - avec Ana Monteiro et Moïra Dalant
- Le Tir Sacré séquence duo - avec Sylvain Ollivier et Marine Colard
- Installation ROOM#2 du Collectif Les abattoirs, par Anaïs Morisset, Marine Colard et Moïra Dalant
Guy


du soleil levant, mais plonge coté obscur de l'underground. Attaque brute ce soir: le saxophoniste éructe free tandis qu'un couple se livre à une démonstration savante de Kinbaku. La femme s'élève encordée sur la musique groupe de jazz Cosmos report (allusion à Weather Report? Peut être dans son incarnation la plus sauvage). Et les propositions se suivent, variées, en sets de vingt minutes qui évitent de lasser. Jamais de ma vie je n'avais écouté du glam-punk japonais. Avec Sister Paul, ça c'est fait.
Comme dans tous les duos électriques qui suivent, la batterie cogne binaire, avec une énergie revigorante et les amplis saturent. The Tug aussi décape les oreilles en structures basiques, Reiko Nagayama les apaise avec des accents folks, avant que Kokkei no door ne remette des décibels. je suis évidemment frustré de tout ce qui m'échappe, en néophyte, de ces expressions de (contre)culture, amusé de reconnaitre les avatars des courants musicaux anglo-saxon, du folk au rock, avec chaque fois une couche en plus. Est-ce un contresens de croire que ce plus est fait en grande partie d'extravagance, de fantaisie, de second degré? Mais
lorsque, sur la musique de Kuri, glissent des danseuses vêtues des peintures de 



