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Perrine Valli manipule les symboles avec légèreté, l'air sage de ne pas y toucher, juste les poser là, mais de tout leur poids, à nous d'en tirer des conséquences. Elle, constante dans l'économie sereine de ses gestes, en une géométrie apaisante et assurée. Ni affect ni effet de crescendo. Pourtant, il y a une transe, portée par la monotonie d'un thème percussif, lente mais même lancinante. A la manière d'une cérémonie, la pièce s'irrigue d'un texte d'Artaud qui relate la danse du tutuguri: rite du soleil noir chez les indiens de la sierra taahuma. Ce point de départ imprime la scénographie: un cercle formé par six croix, ici formés de papiers où s’inscrivent des mots relatifs à Dieu. Cette inspiration installe un mystère qui ne pourra être résolu. Mais quand six danseuses rejoignent la chorégraphe- pour atteindre le nombre de participants de la cérémonie indienne, s'installe en toute évidence une puissante sororité. Leur ronde sans fin m'enivre. Ensemble elles font forme avec force, brisent le cercle des mots religieux, dispersent ces papiers comme autant d'injonctions, elles détachent leurs cheveux. A cet instant, j'ai le sentiment que Perrine Valli me parle de libération.
La danse du Tutuguri de Perrine Valli, vu le 10 septembre 2016 au Centre Culturel Suisse dans le cadre du festival Extra ball.
Guy



La relation amoureuse: les pièces de Leila Gaudin ont, pour de vrai, des sujets, pas les plus faciles au demeurant. Des sujets au pluriel: de l'obsession solitaire envers l'objet désiré, aux ajustements des corps et des caractères, à la construction sociale du couple dans le regard d'un tiers, les nuances et les glissements sont traduits ici sur la palette des disciplines et procédés employés. Sans ruptures de style, la comédie et la vidéo montrent ce qui est le plus évident, la danse et le mouvement suggèrent ce qui est plus subtil, fuyant. En commun, conciliés, la drôlerie et l'engagement.
I love You, de Leïla Gaudin, vu au Regard du Cygne le 17 mars 2016 avec les Journées Danse Dense pour les festivals Signes de Printemps et Incandescences
Guy
photo de Jean Gros Abadie avec l'aimable autorisation de la compagnie