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performance - Page 2

  • 24 questions qui ne répondent à rien

    1. Ce qu’est une performance, dois-je essayer de le définir, ou tout laisser venir ?
    2. Ils étaient censés faire « autre chose »…mais que font-ils habituellement ?
    3. Que s’est- il passé durant ces 24 heures, en mon absence ?
    4. Mais que s’est-il passé quand j’étais présent ?
    5. Où est passé le temps ?
    6. Eléonore Didier a-t-elle vraiment réussi à ne rien faire ?
    7. Aurais-je pu-du ?- plus participer?
    8. Mon regard a-t-il vraiment participé ?
    9. Qu’est ce qui m’a fait- à un moment précis- partir ?
    10. Et plus tard revenir ?
    11. Avais-je des attentes ?
    12. Ai-je réussi à y renoncer ?
    13. Quel bruit fait une cuiller si je ne suis pas là pour l’entendre tomber ?
    14. Nous discutons et je me suis interrogé sur la méthode, ai-je tout faux ?
    15. S’agit-il de renoncer à la méthode ?
    16. S’agissait-il de semer du désordre ?
    17. Ou de soulever des pierres ?
    18. Qu’est ce qui m’a ému?
    19. Qu'est ce qui m'a mu?
    20. Qu'est ce qui m'a changé ?
    21. Quelles autres réalités pouvais-je percevoir lorsqu’ils déchiraient le tissu du quotidien ?
    22. Que s’est-il construit, ou déconstruit dans ces rencontres ou enchevêtrements ?
    23. Rien n'était-il prévu?
    24. Tout était-il imprévisible ?

    24 heures de la performance de Frasq les 17 et 18 octobre au Générateur de Gentilly

    Avec (peut-être) Anne Dreyfus, Sarah Cassenti, Eléonore Didier, François Durif, Lotus Eddé-Khouri & Christophe Macé, Aurore Laloy, David Liver, Mélanie Martinez-Llense, David Noir, Rémi Uchéda, Violaine Lochu, Cyril Jarton, Katalin Patkaï, Biño Sauitzvy, Maya Arbel, Christine Armanger, Jeanne Bathilde, Claire Bergerault, Rebecca Chaillon, Hélène Defilippi, Manon Harrois, Natalia Jaime-Cortez, Didier Julius, Abdelilah Kaddouri, Thomas Laroppe, Julie Larouer, Constantin Leu, River Lin, Di Wang, les étudiants de l’université Paris 8 : Léandre Ruiz, Léa Fagnou, Sophie Paladines, Anissa Mohamed, Océane Manizan, Manon David, Nina Harper, Cyril Combes, les étudiants de l’école supérieure d’art de Bourges (Ensa) : Annely Boucher, Lympia Filippi, Jon Haure-Placé, Jean Bonhoure, Tara Vatanpour, Maëva Tchibinda-Choquet, Claire Bertolotti, Loren Gautier.

  • Tous artistes?

    Tout semble hors de contrôle et c’est plutôt intrigant, cela donne envie de travailler plus son attention pour organiser un sens à tous les actes proposés çà et là, les recoller. David Noir s’affaire, stimule ses performeurs amateurs à coups de musique, de lumières et d’images: toiles de maitre, photos d’histoire et d’actualité. Il les harangue sans violence. Sans les diriger. Son mantra est de laisser venir, ne pas mentir: pas évident. A nous (spectateurs?) il explique, en faisant rallumer les lumières, nous faisons déjà aussi partie de ce processus, qu’il n’existe plus dans cet espace du Générateur de murs qui se dresseraient entre les uns et les autres, pas de différences. Trois jeunes femmes lui donnent raison en se levant, et s’offrent, nous offrent, du mouvement. Que peut-il naitre d’états particuliers et d’interactions, sans convention ni discipline? Il y a des micros. Les paroles tentent mais les révoltes retombent, les dialogues s’alourdissent de malentendus. Les corps s’avèrent plus sincères, plus parlants. Je vois comme une mer qui dort et sur laquelle parfois se lève une bourrasque qui me décoiffe. L’improvisation se libère quand volent quelques chemises et culottes. Mais mon heure n’est pas venue de me jeter dans la bataille pour danser à poil, un jour peut-être.

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    Le lendemain l’ambiance est clair-obscur, plus feutrée, partout des feuilles et des crayons. Trois beaux modèles féminins sont. Cette fois la proposition est de les dessiner. Les spectateurs et artistes semblent d’inégale productivité. Je tente. Le trait trahit, les doigts ne courent pas comme le regard et la pensée. L’esprit encore dans la lecture du livre de Numa Sadoul avec Jean Giraud, je rêve à l’épure de ses dessins. Comment évoquer, le trouble d’une pose, la plénitude d’une courbe, l’idée de perfection? Le rapport incertain avec un corps conscient d’être scruté? Qu’exprime-t-il, ce corps, immobile, dans des rapports subtils avec les lumières, avec les images vidéos, et quand en me déplaçant je change la perspective? Comment dire la tension ou l’abandon, de lentes mutations, la surprise d’actions soudaines. Même les mots peinent. Renoncer et juste regarder? Sur une table il y a de la terre glaise, j’en reviens aux petits personnages des ateliers de mon enfance. Je sculpte des seins. Mais peut-être l’art est-il né ainsi?

     Iconicum- performance animée par David Noir, Bodyin, le corps d’Alice de Sarah Cassenti au les 10 et 11 octobre au Genérateur de Gentilly dans le cadre de Frasq,

    Guy

    Frasq continue le 17 octobre avec les 24 heures de la performance.

     

  • Eyes wide shut

    Eléonore Didier, encore, va ailleurs, retient de la danse l’expérience, pourquoi pas alors? D'abord oser la rencontre, un plus un, le reste suit. Fermer les yeux et s’abandonner. D’abord tout effacer. Être seul pour être tout. Ne plus rien voir pour tout voir, les autres sens aux aguets: ouïe, odorat, goût, toucher. L’artiste qui m’avait accueilli a disparu en son apparence, tout ce qui me sollicite émane d’une autre présence. Les signaux que celle-ci émet m’atteignent, à tous niveaux, de tous côtés. J’absorbe, je crée, je mange, je réponds. Mon esprit construit, rationalité abdiquée. L’espace prend de la densité, autour et à l’intérieur, le temps prend de la légèreté. Manipulé et libre, autre et intime, je danse dans l’immobilité.  

    Colaboratoire Continental performance par Eléonore Didier pour un spectateur, vécu le 10 octobre au Générateur de Gentilly dans le cadre de Frasq. Prochaines et dernières séances le mercredi 24 octobre.

    Guy

  • Moi, mes corRRRrpines, à l'instant où ça s'arrête

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    Moi, mes corRRRrpines, à l'instant où ça s'arrête, performance d'Eléonore Didier le 26 septembre au Potager du Roi dans le cadre de Plastique Danse Flore.

    Photos G.D. droits réservés

    lire aussi: Eleonore Didier

  • Touchés

    Du peu nait l’attention, du presque rien. Juste cette femme, tasse et soucoupe à la main. Un mouvement du poignée s’amplifie, un faux tremblement qui résonnera dans le silence comme un solo de caisse claire. Toujours le même jeu de la représentation, nous sommes tendus et impatients, affamés de spectaculaire et de compréhension, à vouloir extraire la signification de l’apparent insignifiant. Mais nous échouons à anticiper à chaque fois ce qui va se transformer, se développer, et comment. D’un objet-une peau de bête- la performeuse va épuiser les possibilités, dialoguer, lui porter une intensité d’attention, même d’empathie, qui nous gagne. La nudité sans affect constitue sans doute l’évènement le plus prévisible de la performance, parachevant la prise de pouvoir sur l’auditoire capté. Mais au lieu du bleu de Klein elle s’abolit de noir.

    GiselaHochuli.m4v from sarina scheidegger on Vimeo.

    In touch with M.O., performance de Gisela Hochuli au Centre Culturel Suisse le 19 septembre 2015 dans le cadre du festival Extra Ball

     Guy

  • Prendre position

    C’est une exposition au Centre Pompidou sur la sexualité dans la performance d'hier à demain, panneaux accrochés aux cimaises, textes, photos et projections de vidéos. Commentés par une brillante conférencière-Mette Ingvartsen- pour un petit groupe attroupé autour d'elle. La conférencière est nue. Le corps est exposé, le corps est l’exposé. C’est un spectacle de danse, en curiosité, radicalité et intensité. En bref c’est une performance. Un marathon de près de 2 heures. Rien d’un solo pourtant. C’est une expérience collective. L’enjeu vient se situer dans notre relation, droit dans les yeux. Dans notre relation avec elle, de plain-pied. Nous évoluons ensemble dans le même espace, entre adultes consentants. La chorégraphe danoise nous guide en un français parfait, se met à notre niveau, ce geste est important. Dans cette relation la nudité constitue un obstacle. A franchir. Cette nudité se charge d’abord d’érotisme- dévoilement inopiné d’un sein, du sexe- se banalise dans la durée, se re-sexualise lors de séquences dansées où la libido du personnage qu'elle devient soudain se focalise et se déchaine sur des objets inattendus: une table, une chaise, une lampe…. Les ambiguïtés gardent leur richesse: Mette Invargtsen réussit à interpréter la performance Dressing/Undressing extraite de Parades and Changes - qui consiste en un lent déshabillage et déshabillage exécuté en fixant dans les yeux un membre du public- tout en commentant dans le même temps le procédé. De la sensation à l’intellect, ce moment peut être donc reçu à différents niveaux de perception. Il faut être journaliste à Libé pour s’étonner de percevoir une certaine réserve, voire de la gêne les premiers temps chez les paticipants. Mette Ingvartsen a la grâce, l’humour et l’habilité nécessaire pour peu à peu la dissiper. Elle vient au contact sans nous mettre en danger, joue avec les distances sociales et spectaculaires pour proposer ces variations en public sur des sujets intimes. La participation est sollicitée en douceur. Des spectateurs, hommes et femmes, se portent volontaires pour un concert d’orgasmes, un monsieur se risque à quelques acrobaties dirigées au-dessus de la performeuse allongée en position plutôt disponible, mais les autres participations à cette construction de groupe élaborée, à la manière de Sade, resteront virtuelles, organisées dans le récit. De facto personne ne se dénude mais la chorégraphe nous invite à nous imager ainsi, ou à fermer les yeux et devenir statues érotiques. Les 69 positions ne sont que des propositions. Les frontières intérieures sont ébranlées, lorsque c’est avant tout le corps de la performeuse qui s'offre en terrain de réflexions, d’interrogations et d’expériences. Mette Invargsten revisite ainsi en corps et vidéo dix ans de ses propres créations, de 50/50 à To Come en passant par Manual Focus, rapproche en direct gestes et intentions. La cohérence se dessine. La relation s’établit aussi entre les générations d'artistes. Le lien se fait entre les créatrices des années 60 qu’elle évoque, qu’elle invoque- ces créatrices pour lesquelles la nudité prenait une valeur politique et protestataire- et des artistes contemporaines comme elle même, intéressés par les questions de genre et par de nouvelles formes d’hédonisme. La chorégraphe affirme sa filiation avec les pionnières, actualise en direct des extraits de leurs performances. La superbe danse qu’elle crée en conclusion fait écho dans sa frénésie au rituel libérateur de Dionysus in 69 de Richard Schechner qu’elle nous a invité à réinterpréter avec elle un moment auparavant.

    Là où Annie Juren & Annie Dorsen (Magical) théâtralisaient les mêmes références (Carolee Schneemann, Anna Halprin…) à la manière d’un spectacle de magie, posaient un répertoire, la proposition de ce soir est tout aussi passionnante, se vit comme une expérience étonnante.

    69 positions de Mette Ingvartsen vu le 18 décembre 2014 au Centre Georges Pompidou.

    Guy

  • Actions à la carte

    Mirea Arnella propose au public de tirer des cartes, chacune de ces cartes détermine une performance qu’elle exécutera. Les spectateurs sont responsables, ce jeu est-il anodin? La performeuse s’offre dans un rapport de séduction, souple et fine, voix douce, coiffée/vêtue d’un noir entre domination et soumission. Les performances dressent ensemble le catalogue allusif de pratiques pornographiques: consommation de boulettes de viande jetées au sol, bouche déformée par des billes de bois,  tuyau d’eau dans la gorge et liquide jaillissant sur le visage, fleur plantée dans le fondement…  Le public peut se sentir piégé dans ce rapport avec l'artiste, en apparence de soumission de celle-ci, plutôt de manipulation de sa part car né de l’invitation initiale à tirer les cartes. Pourtant alors que la performeuse s’est laissé tomber en arrière à plusieurs reprises face au public, une femme se lève et spontanément se précipite pour empêcher une nouvelle chute. Libéré de la boucle, un rapport nouveau s’est instauré.

    Ohh Fortuna !!! de Mirea Arnella au générateur de Gentilly dans le cadre du festival de la performance  Frasq. 

    Guy

  • Corps d'amateurs

    Si pour un amateur monter sur scène est un défi, y aller à poil, est-ce ajouter à la difficulté ou un moyen de se libérer? Les performeurs d’un soir rassemblés par Enna Chaton sont nus, la photographe n’est pas en reste, et il fait tellement chaud qu’il s’en faut de peu que les spectateurs eux aussi se jettent à l’eau. Mais ils restent sagement à observer, de plain pied, ces beaux tableaux vivants avec accessoires de cartons, plutôt naïfs, ironiques et bon enfant, construits de corps des deux genres en leur désarmante vérité, jeunes ou vieux, minces ou gros, fins ou musclés. Tous fiers et affirmés. La nudité est démystifiée. Chacun des spectateurs doit être consolé de ne pas se sentir soi-même un top model.  Et à la sortie on spécule pour savoir dans quelles conditions l’on consentirait de même à se dévoiler. 

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    Le corps de Corinne Dadat, 50 ans, femme de ménage, est moins performant selon les critères du spectacle vivant- tests objectifs de souplesse à l’appui- que celui de la danseuse Elodie Guézou. Mme Dadat le reconnait volontiers, mais juge son propre métier plus utile, bien que personne ne l’applaudisse quand elle nettoie les chiottes. Charmée par le lac des cygnes, elle esquisse ce soir quelques pas, d’une beauté soudaine. Qu’en est-il des gestes de son travail quotidien, pourquoi et comment les montrer sur scène? Les deux femmes s’y emploient ensemble : Corinne joue du seau d’eau et du Kärcher, Elodie s’engage de tout son corps, devient à terre serpillère humaine. La belle rencontre se fait, sans s’affadir de bons sentiments.

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    I feel Awkwad (Je me sens maladroit(e)) d’Enna Chatton et Corps de Ballet de Mohamed El Khatib, vu le 11 octobre à la Loge dans le cadre du festival Zoa.

    Guy

     

     

    Photos d'Enna Chaton et de Marion Poussier avec l’aimable autorisation de Zoa.

    Enna Chaton présente une autre performance, son nombre est rose, au festival Frasq le samedi 19 octobre (Générateur de Gentilly)

  • Dans la grotte

    Retour aux origines. Là où mijotent les mythes, profond dans nos têtes, au fond de cette grotte. Chouette endroit. Autour: le potager du roi, et Versailles (le monde qu’on dit réel). Je pense aux histoires, qu’enfant, on s’invente dans des lieux comme ça. Aux lueurs du braséro, nous distinguons les ombres sur les murs de la caverne. Des personnages primitifs. Pasiphaé aime très fort et cru un beau taureau- illustration d’une sexualité féminine irrépressible? Malgré les incantations, le Minotaure si redouté reste invisible. Venue d'autres profondeurs une gumboots dance tient lieu de rituel: folklore syncrétique. Rêves en self-service. La dérision des chansons lisse les transitions. Viviana Moin, en Pasiphaé, exagère, ose, déborde. Elle a raison. Elle finira dans l’étang, à la grande joie des enfants.

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     Photo par Didier Dupressoir avec son aimable autorisation

     

    C’était Minotaure#78 de Viviana Moin, avec Viviana Moin, Pierre Courcelle, Samuel Buckman, La Bourette, vu le 15 septembre au Potager du Roi dans le cadre de Plastique Danse Flore.

    Guy

    Minotaure75 sera joué  le 19 octobre au Générateur de Gentilly dans le cadre de Frasq (et ce sera une autre performance).

  • Plus grande ZOA

    ZOA (Zone d'occupation artistique) vous connaissez peut-être, ou peut-être pas.

    C'est un festival de danse contemporaine et de performance, accueilli par la Loge et programmé par Sabrina Weldman.

    Dans la foulée de la première édition, priorité et liberté seront laissées à des créations qui se voudront étonnantes, détonantes, inattendues...

    La deuxième édition se tient du 7 au 13 octobre, avec Mélanie Perrier, Christian Soto et Stéphanie Lupo, Clyde Chabot et André Eric Létourneau, Mohamed El Khatib, Enna Chaton, Eva Klimackova

    ZOA a besoin d'argent (aujourd'hui, est ce étonnant?)

    Si comme moi vous pouvez aider ZOA , beaucoup, un peu, cliquez: 

    http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/zoa-zone-d-occupation-artistique-festival-de-danse-contemporaine-et-de-performances--2?utm_source=critsend&utm_medium=email&utm_campaign

    Parce que que donner pour ce que l'on aime fait plaisir, bien sur.

     Guy