samedi, 05 mai 2012
Tous metteurs en scène!
Je demande à ce que les assistants suspendent le globe terrestre par un fil à mi hauteur dans le lointain jardin de la scène, qu’ils disposent un coquillage coté face, et l’arbre vert à baies rouges dans le lointain cour. Olivia Lioret, l’interprète, devrait parcourir la diagonale de face cour jusqu’au globe en tournant sur elle-même - joyeusement- dans une main un poisson, dans l’autre un goéland. Les dés sont jetés, tout disposé pour une minute d’utopie de nature, en toute naïveté. Veronica Vallecillo, en meneuse de jeu, veille à la mise en place, choisit la musique: « What a beautiful world » par Louis Armstrong. Lumières, c’est parti. Et le résultat se matérialise, porté par la présence de la danseuse qui invente une émotion sur ce chemin. Cela s’échappe de la vague vision d’origine, l’image en direct s’impose dans toutes ses dimensions, c’est à la fois plus simple et emporté que je ne l’aurais imaginé…
Veronica Vallecillo s’est mise dans la peau d’une maitresse de cérémonie mi-guindée mi-degulinguée- par moment saisie de furieuses éruptions flamenco- pour nous initier au b.a.b.a. de la mise en scène et de la scénographie. Après quelques démonstrations et l’exposé des règles du jeu, les volontaires dans le public sont invités en toute bienveillance à jouer. Choisir parmi les 64 accessoires tirés de l’univers «trashic» en noir, blanc et rouge de la chorégraphe ceux à disposer sur le plateau, donner les consignes à l’interprète. A l’imaginaire de chacun de s’exprimer. Ce n’est pas triste.
Le premier plaisir est d’écouter chacun des apprentis metteur en scène donner ses instructions, plus ou moins motivées, soit simples, soit d’une surprenante précision. A l’intérieur de chacun, les images sont déjà vivantes, construites. L’époque doit être anxiogène: beaucoup des propositions de ce soir tendent au tragique même tempéré de comique, le squelette rouge est souvent mis à contribution, dans des relations passionnelles avec l’interprète. A une occasion le squelette est vivant (il fallaitl’inventer) mais sitôt frappé de mort subite sous les yeux impuissants de son amoureuse. A la scène suivante l’assistant passe un mauvais quart d’heure sous les assauts de l’interprète armée d’une épée et d’un pistolet. Je me sens un peu plagié quand un autre spectateur après moi utilise globe, poisson et goéland, mais après réflexion je ne porterai pas plainte. Le second plaisir est de découvrir en direct l’image en mouvement, toute la vie et les inflexions inattendues qu’insuffle l’interprète à l’image de départ, pour nous renvoyer un objet artistique que chacun interprétera à sa façon.
Mais le plaisir le plus intense est de lever la main et proposer soi-même. Croire que nous sommes tous artistes, un peu…
C’était La construction d’une image vivante, happening pédagogique par Veronica Vallecillo, encore ce soir à L’Etoile du Nord à 19h00 dans le cadre de Jet Lag.
Guy
12:21 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : danse, etoile du nord, veronica vallecillo |
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lundi, 23 janvier 2012
Des esquisses, et plus
Ce samedi soir, Jean François Munnier lève le rideau sur trois pièces en résidence à l’Etoile du Nord, propose d’en voir des extraits, des commencements, et invite les artistes à s’exprimer. L’expérience est passionnante…et il est délicat d’en rendre compte. Invité à voir ces ébauches, « fragiles » forcement, on est condamné à la bienveillance.
Blanc Brut de Françoise Tartinville, duo masculin en interaction avec un mobile et une bande son lourde de respirations, m’impressionne par l’originalité des matières dansées. Des ondulations, l’expérience d’un temps ralenti, décalé, une incertitude caoutchouteuse, une impression de violence contenue. A ce stade mon attention flotte, avec le sentiment que cette originalité se déploie encore tout azimuth. Mais cette impression n’est pas naturelle à ce stade du travail? Les explications ensuite de la chorégraphe et de l’équipe sont bienvenues. Précises et déterminées. Elles me permettent de me rapprocher de l’œuvre, me préparent à la revoir, plus tard. A confronter mes ressentis aux intentions de base : la masculinité dans sa physicalité, ayant pu entrevoir les structures sous-jacentes, les relations entre chorégraphie, scénographie et bande son, issue de la respiration des interprètes.
La présentation d’ Edging me laisse perplexe. Je reçois beaucoup d'explications, trop d’explications, avant l’extrait, après l’extrait. Je reste dubitatif lorsque l’on m’explique que le sujet n’est venu qu’en second, après le désir de rencontre entre les trois créateurs. Je ne fais pas les liens entre ce sujet- la rétention du plaisir au bord du paroxysme, et sur un plan social et politique la surcharge d’information et l’impossibilité de l’action, avec ce à quoi j’assiste ce soir: la réaction d’un corps prostré à une pièce de noise music jouée à fort volume. Les choix exprimés- montrer le vide du plateau, faire entendre la musique dans le noir- ne me paraissent pas consistants à ce stade, porteurs de significations. Trop tôt pour en juger? La pièce sera ce qu’elle sera…

Renversement : les premières minutes claires obscures de Sous ma peau, de Maxence Rey, installent déjà la sensation d’un achèvement, dans l'esprit si ce n'est dans la forme. Le sujet s’impose sans faux semblants: la féminité exposée par sa nudité. Ce sujet est d’entrée pleinement assumé, de la suggestion à la crudité. Ce sujet est bien sur dangereux par excellence, entre les pièges de l’esthétisme et ceux de la vulgarité. Mais ces premières minutes me paraissent atteindre aussitôt quelque chose au-delà de l’impudeur, laisser entrevoir « sous la peau » des identités pourtant insaisissables, mouvantes, protéiformes. Trois corps assis, en quasi immobilité, et je retrouve l’étrangeté évocatrice des Bois de l’ombre, au bord du gouffre de l’effarement. Les visages sont confisqués par des masques blancs et des perruques uniformes, mais pour laisser les corps s’exprimer, chacun dans sa singularité, corps qui évoluent bientôt et se déforment dans tous leurs états, de l’épure au fantasme. Jusqu'à la monstruosité?, Déja les dernières secondes et l’une des danseuses s’avance au bord de la scène en arrachant son masque…et nous abandonne sur cette interrogation.
Après ces vingt premières minutes, les explications de l’équipe sont redondantes, de pure convivialité. Sous ma peau sera une pièce forte, trouble, étonnante.
C'était les turbulents, présentation d'étapes de travail de Blanc Brut de Françoise Tartinville, Edging de Guillaume Marie (Chorégraphie et interprétation), Igor Dobricic (Conception et dramaturgie) et Kazuyuki Kishino (Création musicale), Sous ma peau de Maxence Rey, à l'Etoile du Nord.
Guy
17:26 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : danse, étoile du nord, maxence rey, françoise tartinville |
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vendredi, 22 juillet 2011
Cabaret Roméo
Il y a, au coeur, la scène du balcon. Juliette encablée qui se tortille d'amour, en suspension, Romeo qui en bas sort mais revient encore, pour prolonger entre eux l'instant de cette promesse qui s'évapore. Comment puis désirer ce que je possède déja? Tout le mystère est dit, survit au risible de la passion exposée, et à la ronde des personnages grinçants qui entourent ces amants. Ils sont à la fois acteurs, commentateurs, manipulateurs, tentent de nous divertir en soulignant à gros rires et traits de fard, les artifices et illusions. Passion empéchée, tragique conclusion: tout est dit d'avance. N'empeche. La naiveté, passion l'emporte, même distraite par un désordre bouffon, perruques, morceaux de bravoure, rires et chansons, videos au gout du jour, dans une profusion toute shakespearienne. Toute chose se transforme en son contraire, mais on en revient à l'essentiel. Ce couple sous la loupe porte jusqu'au sacrifice notre soif d'absolu et de révolte, c'est, tout mis à part, d'une belle simplicité.
C'était Roméo et Juliette de William Shakespeare, m.e.s. par Julien Kosellek. au théatre de l'Etoile du Nord.
18:17 Écrit par guy dans theatre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : shakespeare, etoile du nord, julien kosellek |
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dimanche, 16 mai 2010
Quand Florence regarde Viviana...
Début de soirée: c'est un plaisir de partager un moment avec Florence et sa famille. Florence est une amie d'avant retrouvée depuis peu. Nous faisons ensuite le chemin jusqu'à L'étoile du nord, pour le festival Jet Lag, sans même à avoir, en partant de chez elle, à changer de trottoir. Florence, curieuse et cultivée, est peu familière avec la danse contemporaine. Bien que donc voisine, elle vient ce soir à L'Etoile pour la première fois. Et endosse avec un sourire entendu le costume de la candide. Cela m'enthousiasme de lui proposer cette découverte. Dans le même mouvement, je comprends à quel point son regard peut être pour moi déstabilisant. Déja, à essayer de lui expliquer ce que Viviana Moin est susceptible de faire sur scène, je m'embrouille, je me perds dans l'anecdote. J'ai l'impression de vendre ou de sur-jouer. Partager ce qu'on aime, c'est déja s'exposer. Avec plus de vulnérabilité que derrière un clavier.
En première partie: Claudia Gradinger. Pour dix minutes d'extraits de sa nouvelle pièce. A l'énoncé du titre et à la vue des objets sur le plateau, difficile d'ignorer qu'il s'agit tout le temps de la Suisse, au moins en toile de de fond. Pour le reste, ce que dit prudemment Florence à l'entracte cristallise mes impressions encore destructurées, mon ressenti qui flotte. Florence reconnait les qualités physiques de la danseuse, et tout ce qui relève du pur mouvement. Mais s'ennuie de la profusion d'accessoires, de mots et de symboles, sans être parvenu à y trouver de la lisibilité. Florence s'amuse bientôt d'entendre une personne du metier formuler grosso modo la même analyse. Pour ma part, j'espère que la piece vue intégralement aurait laissé un souvenir plus construit.
Ensuite... L'entrée en scène de Viviana Moinbalaye toute rationalité. Et toute convention spectaculaire. Viviana est habillée d'un collant rose, d'un chapeau importé d'un folklore suspect, et d'un dispositif improbable qui évoque un soutien-gorge. Elle n'a peur de rien. Ca passe ou ça casse. Sur un ton entendu, elle fait allusion à de mystérieux évenements. Cocasses et effrayants. Fait d'une simple allusion exister des personnages bizarres . Puis s'abandonne à une danse frénétique, s'offre en sacrifice dans un rituel trafiqué... Je n'ose jeter un regard de biais à mon amie et voisine de fauteuil. A tort: plus tard Florence me racontera avoir été emportée, aprés quelques secondes d'incrédulité, dans le monde singulier de Viviana, avec ses connivences hallucinées et imaginaires à tiroirs. Peut-être est-ce la voix de Viviana qui déjoue les résistances, pour nous faire accepter des implicites absurdes, des évidences retournées. L'énergie sans retenue aussi nous emporte dans le mouvement, de cette rencontre avec une licorne bleue pour des accouplements frénétiques et compliqués. Ce dont je ne discute pas encore avec Florence, car je n'en prendrai vraiment conscience en ces termes que deux ou trois jours plus tard, c'est toute la cohérence du travail de Viviana, de pièce en pièce, dans la suggestion de nouvelles mythologies, artificielles, partagées, "mondialisées". Pourquoi cela me semble-t-il si important d'entreprendre cette construction maintenant? Plus enthousiasmant en tout cas, que sur les scènes la pandémie de danses dépressives.
Mais pour le moment la licorne fait sécession en deux complices, et cela m'évoque irrésistiblement (de Fred) le petit Cirque. Une fois les acteurs décostumés, se montre désormais l'histoire du spectacle en train de se faire. Jusqu'à la remise en question de la possibilité même du spectacle, suspendu entre un tout convaincu, et juste des élements accumulés auxquels certains personnages ne croiraient plus. Ce parti-pris est périlleux. Me laisse sur le fil. Cela peut être vu comme de l'à peu prês improvisé, de la désinvolture. Deux, trois spectateurs ainsi nous abandonnent. Florence reste, heureusement. Suit une séquence de marionnettes, dans un délicat équilibre entre fiction (les poupées) et commentaires (les acteurs). Il y a dans le texte des fulgurances, et des outrages dans les gestes. Par instants je m'amuse, d'autres instants je m'ennuie. C'est Florence qui me rattrape, car je l'entends qui rie. La suite réconcilie, et rassemble les personnages au bord de la démission, pour une chanson hilarante avec guitare et castagnettes. Pour conclure dans une recherche de ce que peuvent être les limites acceptables de la performance, la recherche du danger: Viviana saigne-t-elle?
C'est la sortie. Seul je digererais tranquillement, mais à cet instant j'en suis reduit au doute: Florence me rassure. Ou se montre d'une politesse extrème. Entreprend une analyse complête et amusée de la chose, descriptive, accepte le souvenir des sensations plutôt que la stricte recherche du sens, insiste sur ce qui l'a surpris. Réussit à me convaincre que je peux ne pas être le seul à m'emerveiller de propositions incongrues telles celle ci. Je sais et je dis que la création est jeune de quelque semaines seulement, et, inutilement, lui cherche presque des excuses, plutôt que de revenir sur son intelligence et sa vitalité. Je dis-ou est-ce Florence? Je ne sais plus...- que plus travaillée cette pièce eut peut-être perdu de sa force. Quelque jours plus tard je pense l'inverse, que le meilleur est à venir, il faudra qu'on en rediscute...
C'était MON COUCOU, TELL ET MA SUISSE [EXTRAIT - CREATION ] de CLAUDIA GRADINGER et ESPIRAL - CREATION - de VIVIANA MOIN avec Arnaud Saury et Laure Mathis (réalisation de la licorne de G. Kortsarz.) à L'étoile du nord.
photos (D.R.) avec l'aimable autorisation de Viviana Moin
a LIRE AUSSI: LE TADORNE
19:47 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : viviana moin, etoile du nord, danse |
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jeudi, 21 janvier 2010
Chaud!
On pourrait se croire dans une salle de danse: au centre deux blues brothers, le blanc et le noir, qui assurent en costard et lunettes, noeux pap', impec'. Ils bougent à l'économie, multiplient les fausses entrées et vraies sorties. Plus qu'un message ou un état ou un récit, c'est l'apparence érigée en art. Ne pas trop en faire, et l'air de ne pas se fatiguer, cool avant tout cool, tout dans la sape et la classe.
Ils s'approuvent et se renforcent du regard. Et font le show, efficaces et performants, se dépensent en danses afro, « coupé-décalé » et « warba » en lent, vitesse normale, accélérée. On est content et eux très contents d'eux? Ostensiblement, trop, mais la bonne humeur déborde et se communique à nous, mécanique. Jusqu à un certain point seulement. C'est-à-dire jusqu'à l'épuisement, thématique et physique, lorsque que cela se détraque, lasse, fatigue. Ils font le show, frénétiques, et on est emballé jusqu'à ce que cela s'emballe de trop, vers nous les projecteurs retournés. Pourquoi à un certain point, la magie spectaculaire doit elle s'évaporer. La question est habillement posée, drôlement, avec d'intéressantes correspondances avec « Paul est mort ? » vu dans le festival deux jours plus tard.
Ce soir, le show est cassé. La rivalité, la jalousie s'insinue, entre les deux danseurs, sourires forcés et couteaux tirés, regards en coin, crocs en jambes et coups fourrés. Les gnons volent bas. Ca rigole plus entre les frères ennemis, on pourrait croire pour de vrai. Mais on a jamais rejoint la réalité. Artifice de théâtre, le sang n'a pas vraiment coulé. De là le show reprend ses droits. Poussé dans ses limites le noir danse magique et épate le blanc, qui se nourrit de ses mouvements. Enfin c'est champagne et musiques douces, derrière une facade bling-bling, un monde s'écroule.
C'était ShowTime, de Philippe Ménard, avec Philippe Ménard et Boukary Sere, au théâtre de l'étoile du nord dans le cadre de faits d'hiver.
Guy
Photo par Christian Rausch
17:36 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : danse, philippe ménard, etoile du nord, faits d'hiver |
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dimanche, 18 octobre 2009
Tout et l'inverse
Vite tout s'inverse, il faut un beau moment pour comprendre qu'ils sont à l'envers, devant - derrière, marionnettes sans fils, mannequins grotesques et masqués, épouvantails aux drôles de sexes postiches et volontaristes. Les danseurs s'agitent égarés et frénétiques, n'ont plus de l'existence que les attitudes, inattendus, les postures épuisées de signification. On entend des voix superposées et donc inintelligibles, qui se perdent dans des considérations introverties, tandis que les trois danseurs se bousculent sans/sens dessus dessous, partent vers nulle - part au coup de pistolet pour une course improbable. Les gestes de frimes, ou de sociabilité, survivent à peine, simulacres, s'éffrondent, ont besoin d'être étayés. Je vois l'absurde à l'oeuvre. Puis les habillages et déshabillages s'embrouillent, quand tous les vêtements sont tombé la vérité se perd en route. Tout se complique et vite entre homme et femme, haut et bas, devant et derrière, en jeux de miroir entre être nu et être civilisé. On est gagné par une drôle de confusion.
Reste enfin un couple, sur les peaux nues s'échangent les images de l'un et l'autre. Les projections de seins, de sexes, de visages typés, se posent sur les corps hospitaliers et sur les sexes opposés, les attributs nouvellement attribués, les genres interchangés, à la rencontre de principes jusqu'alors bien séparés... en pleine réconciliation. Les corps se trompent, ou se rêvent, ou se révèlent enfin, hybrides, hermaphrodites. Les nudités virtuelles et vraies se combinent, c'est-à-dire que le nu ne révèle plus rien, sinon des potentialités profondes, en une régression hypnotique vers l'indifférenciation. C'est troublant et souriant: en beauté, ces danseurs nous titillent l'identité.
C'était Bonnes Nouvelles de Matthieu Hocquemiller , avec Evguénia Chtchelkova, Ludovic Lézin, Léonardo Montecchia, au Théatre de L'étoile du nord, dans le cadre du festival Avis de Turbulences # 5
Photo de Jérome Delatour avec l'aimable autorisation de Matthieu Hocqemiller
Ici les photos de Vincent Jeannot, et celles d'Images de Danse.
19:58 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : danse, etoile du nord, matthieu hocquemiller, nus |
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dimanche, 17 mai 2009
Lionel Hoche enchante
Il y aurait au bord de la route des rescapés de la croissance ou de la crise, qui rêveraient en images, pour élaborer/révéler de nouveaux mythes, construits de bric à brac, récupérés de débris, réinventés de gestes dansés.
L'imaginaire retrouverait son développement durable, on pourrait réver avec eux.
C'était Pan! de Lionel Hoche. A L'étoile du nord, dans le cadre d'avis de turbulences 4.
Photo d'Agathe Poupeney avec l'aimable autorisation de Lionel Hoche
11:52 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lionel hoche, danse, etoile du nord |
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vendredi, 08 mai 2009
La théorie du 2: une, deux, beaucoup.
Une apparaît, se dédouble, et encore et plus jusqu'au quintuple. En blanc innocent sur noir de fond, tissus amples et en capuches, pour une promenade insouciante dans une forêt invisible. Et encore s'abandonnent à la répétition, pour les mêmes séquences en boucle, dansent toujours les mêmes figures à l'unisson ou en canon.
Au rythme de cette comptine, notre imagination à partir des ombres autour d'elle(s) dévoile un environnement de contes, la suggestion de mythes. Reste au milieu ce trou noir, une obscure bande de tissu, zone d'ellipses, où elles disparaissent, d'où elles surgissent. Pour réitèrer ces occurrences, circulaires, toutes cinq et indifférentiées. De cette amplification obstinée monte un étourdissement, un vertige entretenu par la musique obsédante, mais au bout de ce chemin vient l'apaisement. Du renoncement au sens vers l'affinement des perceptions. Des différences subtiles sont tissées et dissoutes, se laissent juste deviner. Nous nous tendons à l'affût des évenement, des sens et des signes. Et d'un peu d'ironie. Ainsi sommes nous aussi, bien semblables tous, identités suspendues à une nuance ou deux. Sur la scène des fantômes s'éffondrent, se perdent et se dissolvent. Soudain de plus larges variations s'ouvrent. Il suffit enfin d'une offrande, visages mis à nus- le premier par volonté, le second forcé?- pour que des rôles commencent à exister, que le temps s'écoule. Avec l'ébauche de relations, même de luttes, la naissance de rivalités mimétiques et de victimes, sur un fond de ballade rock. Pour arriver à cette fin, il aura fallu oser une belle maturité, en économisant heureusement le discours pour passer de l'idée à la forme.
C'était La théorie du 2 (Imago Opus 2) de Frédérike Unger et Jérôme Ferron (Compagnie Etant Donné), Eloïse Deschemin, Solène Hérault, Marie Rual, Nele Suisalu, Aline Braz da Silva. Au théatre de L'étoile du nord avec Avis de Turbulence.
Aprés Pan de Lionel Hoche, Avis de Turbulence se poursuit la semaine prochaine, avec Oups et Opus de la Vouivre.
photo (DR) avec l'aimable autorisation d'Etant Donné
Le samedi 16, à Noisy Le Grand, Imago Opus 1
11:20 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : danse, etoile du nord, unger et ferron |
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dimanche, 18 janvier 2009
In-Contro d'Erika Zueneli: Duel et gestes
Mère et fille ? Sœurs ? Amies ? Amantes ? Quoiqu’il en soit, assises en chien de faïence, et bien des comptes à régler, de toute évidence. Campés des deux cotés de la table, les regards d’abord s’affrontent, couteaux dans les yeux.
En silence la tension glisse vers la danse, encore retenue, vite en vivacité. Les deux elles ne vont pas abattre toutes leurs cartes d’emblée. Les visages restent impassibles et les bouches closes, les corps dialoguent et s’affrontent à coups de messages connivents. Avec des gestes articulés autour de la table et des deux chaises, pour qu'elles en glissent parfois, s’en éloignent souvent, toujours pour y revenir, comme pour se disputer le seul territoire qui soit synonyme de pouvoir. Les victoires sont précaires et les situations s’inversent, le duo passe en revue toute la gamme de la relation, en complémentarité ou domination, positions up et down, escalades et dérobades, élans ou indifférence, réconciliations et coups fourrés, dépendance ou affectivité étouffante, abandon ou regrets, tendresse ou cruauté. Sans que rien ne soit appuyé, tout en subtilité et tout en gestes, sans un mot ou presque.
C’est acide et drôle, c’est surprenant, c'est stimulant, c’est créatif, c’est de la danse contemporaine.
C’était In-Contro d’ Erika Zueneli, avec Erika Zueneli et Kataline Patkai, au théâtre de l'étoile du nord, avec le festival Faits d’Hiver.
Photo par Vincent Jeannot, avec l'aimable autorisation d'Erika Zueneli
P.S. : le même soir, autour d'une autre table, il y avait Solides Lisboa
08:37 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : erika zueneli, danse, kataline patkai, etoile du nord, faits d'hiver |
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vendredi, 03 octobre 2008
Sophie Daviet: Où Est Passé Le Temps?
Certaines propositions nous entrainent dans de longues explorations, comme on visiterait une maison aux recoins obscurs et peuplée d'objets surprenants, une maison dont les habitants eux-mêmes n'auraient pas encore fait le tour. On les accompagne, plus ou moins intéressé en chemin par telle ou telle découverte. Entrée: la danseuse prend ses marques, tourne et retourne sur tout l'espace de la scène. Suggère ainsi un temps circulaire. Car d'une réflexion sur le temps il est question, à en lire les notes d'intentions. On garde l'idée en tête. Sans pouvoir s'empécher d'être sceptique, car l'étude du temps est forcement présente dans toute création ...Mais on persiste à suivre cette piste. En vain, perdu on doit l'abandonner. On regarde au fil de l'eau. Et on trouve à regarder. Danse: les mouvements se font saccadés, contraints, en lutte contre quelque chose. La musique suggère le sens: poids de la pluie, tension induite par un sifflement. Les humeurs changent, surprennent. Le solo s'est transformé en duo, d'abord tourmenté par une même recherche, ou une même opposition. Puis les deux interprêtes évoluent plus en complicité ou confrontation. S'installent et prennent la pose, avec exagération, y introduisent de l'humour et de la distance... On apprécie la performance, en subtilités, suggestions et sensations... mais par épisodes. Frustré de ne pas toucher le lien qui les tient.
C'était So Long, de Sophie Daviet, avec Mélanie Cholet et Sandrine Bonnet, au Théâtre de l'Etoile du Nord, dans le cadre du cycle "avis de turbulence #3. Jusqu'à samedi.
13:47 Écrit par guy dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : danse, sophie daviet, etoile du nord |
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