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danse - Page 8

  • Juliette et Juliette

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    Bulles à mâcher, bulles à claquer, pyjama rose et poses en douceurs, pas si loin l’enfance, mais bientôt le temps de se rencontrer. Elles s’évaluent nues, surprises et chairs à claquer, explorations en miroirs. Masculines, féminines, du portique tombent des choses molles, couleurs passées, des dessous où s’y glisser, s’y déguiser. Elles s’élèvent, flottent comme des bulles de savon, Juliette au balcon et Roméo réinventée, oiseaux moqueurs, cochons pendus et beautés détendues. Billie Holiday chante en prélude à une belle nuit d’automne, je digresse, et je régresse, je me régale lorsque Katalin Patkaï affine encore son ironie, son ton. Douce piquante, elle enchante.

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    Etape de création de Roméo et Juliette (titre provisoire) de Katalin Patkaï et Ugo Dehaes avec Katalin Patkai et Justine Bernachon,vu au Générateur de Gentilly dans le 19 octobre dans le cadre du festival Frasq.

    Guy

    Photos (droits réservés) avec l'aimable autorisation de la compagnie.

  • Aveuglé

    A travers l’effraction de l’oubli, je la voyais émerger des origines, ce nu(e) muet la découvre futuriste, forme frêle projetée dans un avenir glacé. Avec la même intensité, la même etrangeté. Sa nudité m’aveugle, et les lumières qui explosent en flashs, déchirent l’obscur, bien plus vite que nos pensées et font fuir les épileptiques. Lentement des torsions l’étirent encore, impudique, le corps scanné d’un laser vert. Pour l’identifier, la cataloguer, la réduire ? Impossible bien sûr, l’insaisissable s’enfuit vers l’asymptote de la nudité.

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    Nu(e) muet de Camille Mutel, vu le 18 octobre au théatre de l’étoile du nord.

    Guy 

    Photo (droits réservés) avec l'aimable autorisation de la compagnie Li Luo

  • Sujet imposé

    Le sujet de cette création, dont je vois ce soir la première partie, est la naissance. Rien ne m'aurait permis de le deviner. A la voir, cette danse constituerait un travail avant le travail, une préparation, une mise en condition... Je lis le sujet et je l'oublie, n'ose pas me raconter une autre histoire. Reste, et c'est déjà beaucoup,  de l'ivresse et de la fascination, devant des mouvements résolus et répétés, d'un corps bien campé au sol. Il y a de la force dans l'acceptation d'autre chose, cela je le ressens.

    Noli me tangere from Les Décisifs / Clara Cornil on Vimeo.

     

    Noli Me tangere de Clara Cornil, vu le 18 octobre au théatre de l'étoile du nord .

    Guy

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  • On tourne en rond

    Le prologue nous a assourdis de coups de tambour, puis d'un déferlement sonore produit par les danseurs qui nous tournent le dos. Enfin ils nous font face, masqués, dépersonnalisés. Pas de communication. Puis ils tournent en rond, comme des damnés, ne s'autorisent que quelques variations. A lire la feuille de salle, cet enfermement, cette ronde carcérale a à voir avec la condition humaine. Il s'agirait de la commémoration d'une bataille, la malédiction des morts pèse sur les vivants. Je refuse. Mais suis coincé sur ma chaise, par la convention que j'ai acceptée de ne pas partir en cours de spectacle. Cette répétition, cette fatalité m'appauvrit, imaginaires bouchés. Yeux fermés, je tente de m'abstraire, de m'échapper. 

    Matadourou de Marcelo Evelin, vu le 14 octobre au théâtre de la cité internationale , avec le festival d'automne à Paris

  • Corps d'amateurs

    Si pour un amateur monter sur scène est un défi, y aller à poil, est-ce ajouter à la difficulté ou un moyen de se libérer? Les performeurs d’un soir rassemblés par Enna Chaton sont nus, la photographe n’est pas en reste, et il fait tellement chaud qu’il s’en faut de peu que les spectateurs eux aussi se jettent à l’eau. Mais ils restent sagement à observer, de plain pied, ces beaux tableaux vivants avec accessoires de cartons, plutôt naïfs, ironiques et bon enfant, construits de corps des deux genres en leur désarmante vérité, jeunes ou vieux, minces ou gros, fins ou musclés. Tous fiers et affirmés. La nudité est démystifiée. Chacun des spectateurs doit être consolé de ne pas se sentir soi-même un top model.  Et à la sortie on spécule pour savoir dans quelles conditions l’on consentirait de même à se dévoiler. 

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    Le corps de Corinne Dadat, 50 ans, femme de ménage, est moins performant selon les critères du spectacle vivant- tests objectifs de souplesse à l’appui- que celui de la danseuse Elodie Guézou. Mme Dadat le reconnait volontiers, mais juge son propre métier plus utile, bien que personne ne l’applaudisse quand elle nettoie les chiottes. Charmée par le lac des cygnes, elle esquisse ce soir quelques pas, d’une beauté soudaine. Qu’en est-il des gestes de son travail quotidien, pourquoi et comment les montrer sur scène? Les deux femmes s’y emploient ensemble : Corinne joue du seau d’eau et du Kärcher, Elodie s’engage de tout son corps, devient à terre serpillère humaine. La belle rencontre se fait, sans s’affadir de bons sentiments.

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    I feel Awkwad (Je me sens maladroit(e)) d’Enna Chatton et Corps de Ballet de Mohamed El Khatib, vu le 11 octobre à la Loge dans le cadre du festival Zoa.

    Guy

     

     

    Photos d'Enna Chaton et de Marion Poussier avec l’aimable autorisation de Zoa.

    Enna Chaton présente une autre performance, son nombre est rose, au festival Frasq le samedi 19 octobre (Générateur de Gentilly)

  • A peine

    Une caresse, un baiser s’esquissent. Sans s’accomplir. Sensualité retenue. Les deux danseuses bougent et s’observent en miroir. La lumière, personnage aussi, vient en troisième, concentrée, économe. Portée à bout de bras. Mon regard de spectateur est dirigé, mais sans violence, du clair d’un visage à l’obscur de l’autre avant le renversement de la perspective. Le temps de s’habituer à cette délicate attente et la performance s’éteint vite, trop vite, c’est sa force et sa faiblesse. Sans doute son principe même de disparaitre avant l’évènement. Fragile comme le désir.

     

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    Imminence de Mélanie Perrier, vu le 7 octobre à la Loge en ouverture du festival Zoa.

    Guy

     

    Photo par Mélanie Perrier avec l'aimable autorisation de Zoa

  • Harmonie

    Au commencement il y aurait une idée parfaite: une sphère- rien de plus beau dans la simplicité-, Jésus Sevari s’y glisse avec respect, s’y fond, l’épouse, jamais ne l’épuise. Apparaissent les correspondances arrondies entre les formes de dehors, les gestes de dedans, harmonie. Les lignes rendues apparentes soulignent les trajectoires dans l’invisible. Les notes de Cage tournent. C’est doux et dense, respectueux, apaisé. Cette symbiose m’inspire une rêverie, un dialogue d’équilibre entre le globe et l’humanité qui s’y est abritée.

     

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    Exagium de Maria Jesus Sevari, dispositif créé par Yann Le Bras vu aux Plateaux du Val de Marne le 28 septembre

    Guy

     

    Photo de Yann Le Bras

  • Obstiné

    La première qualité de Sweat Baby Sweat, c’est d’exaspérer. Jusqu’à nous emporter, m’emporter. Pour imposer un (vrai) point de vue coûte que coûte, par cette lancinance de la répétition, se répète dans le couple ce rapport sensuel et entêté qui semble ne jamais pouvoir se résoudre. Les deux corps s’accrochent l’un à l’autre, sans satiété. Une ballade acoustique s’étire au-delà du raisonnable. Au mur les mots s’affichent, au-delà de la  banalité, pour atteindre la vérité, à force. Cela dure, la danse, et l’effort se voit, à chaque instant. L'effort en surface celui de danser, mais surtout celui de s’aimer, une lutte sans répit, longue, obstinée.

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    Sweat Baby Sweat,  de Jan Martens vu à la Maison des Arts de Créteil le 28 septembre dans le cadre des Plateaux.

    Guy

    photo de  Klaartje Lambrechts.avec l'aimable autorisation de la compagnie

    A propos de A small guide on how to treat a lifetime companion, lire ici.

  • Dans la grotte

    Retour aux origines. Là où mijotent les mythes, profond dans nos têtes, au fond de cette grotte. Chouette endroit. Autour: le potager du roi, et Versailles (le monde qu’on dit réel). Je pense aux histoires, qu’enfant, on s’invente dans des lieux comme ça. Aux lueurs du braséro, nous distinguons les ombres sur les murs de la caverne. Des personnages primitifs. Pasiphaé aime très fort et cru un beau taureau- illustration d’une sexualité féminine irrépressible? Malgré les incantations, le Minotaure si redouté reste invisible. Venue d'autres profondeurs une gumboots dance tient lieu de rituel: folklore syncrétique. Rêves en self-service. La dérision des chansons lisse les transitions. Viviana Moin, en Pasiphaé, exagère, ose, déborde. Elle a raison. Elle finira dans l’étang, à la grande joie des enfants.

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     Photo par Didier Dupressoir avec son aimable autorisation

     

    C’était Minotaure#78 de Viviana Moin, avec Viviana Moin, Pierre Courcelle, Samuel Buckman, La Bourette, vu le 15 septembre au Potager du Roi dans le cadre de Plastique Danse Flore.

    Guy

    Minotaure75 sera joué  le 19 octobre au Générateur de Gentilly dans le cadre de Frasq (et ce sera une autre performance).

  • Mesuré

    On raconte que l’art de Kazuo Ohno, mort centenaire, s’embellissait au fur et à mesure que son corps avançait en âge, qu’il pouvait à la fin danser encore sublime juste de son bras, de sa main, d’un doigt. Maxence Rey ce soir bouge peu, ne bouge pas, ou presque, non plus son partenaire. Tous deux assis sur leurs chaises, dans le prolongement des Bois de l’Ombre, nus tous deux et masqués, dans la lignée de Sous ma Peau.

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    Gestes économisés, le corps s’exprime fort de peu.

    Altérité 2ème approche, performance chorégraphique de Maxence Rey et Christophe Bonzom, vu le 16 mai 2013 à l’Etoile du Nord dans le cadre de la carte blanche à Maxence Rey.

    Guy

    La pièce sera dansée à l'Etoile du nord le pour la présentation de saison le 28 septembre.

    photo de Delphine Micheli avec l'aimable autorisation de la compagnie.