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Un Soir Ou Un Autre - Page 23

  • Mystères et merveilles

    Voici le moment de faire provision d’émerveillements.

    Sur l’écran tournoient des galaxies ou des atomes élémentaires. Hubert Reeves, accompagné de l’ensemble musical Calliopée, évoque 14 milliards d’années d’histoire du monde, du big bang aux périls écologiques d’aujourd’hui. Cela fait beaucoup en 60 minutes de temps. Le vieux savant est parfait et au naturel sur scène dans le rôle du sage-enfant. Entre ses mots les notes s’osent, démontrent l’imprévisibilité des combinaisons du vivant. Le discours peut sembler naïf dans la forme, il est surement essentiel dans le fond, il ne pourrait être plus important. J’accepte les questions posées sans réponses, le souffle des vents et le frottement des cordes me donnent un peu de respiration, interrogent et éveillent sans révéler.   

    De l’intelligence du vivant on se concentre sur l’humain en quête de sens. Un cercle de craie est tracé au sol, mais loin de cadrer la créativité des deux interprètes. Vite, les corps courent et les mots s’enchainent en jeu de sonorités, se bousculent et se répètent style marabout-bout d’ficelle. Ces mots forment-ils les limites d’autres enfermements? D’in-articulations en désarticulations, les corps luttent contre en échappées, répondent par charades de gestes en une fébrile déconstruction. C’est un beau duo, Alexis Morel qui se risque en fantaisies flutées, Sandra Abouav bien campée sur son axe mais qui se lance de là vers tant de directions imprévues, mes neurones sont dynamisés.

    La conclusion de leur performance  est gaiement perturbée par deux fous-furieux, Antonin Leymarie armé d’une simple caisse claire et Rémy Poulakis qui fuse dans tout sens avec sa voix et son accordéon. Ils partent illico en valse-musette, accélèrent sans freins, accrochés l’un l’autre de regards intenses, atteignent de joyeux paroxysmes, jubilent et se relancent. C’est un plaisir d’assister à cette chorégraphie du rythme et de la générosité.

    Cosmophonies d’Hubert Reeves et l’ensemble Calliopée, Riz Complet de Sandra Abouav et Alexis Morel, Antonin Leymarie et Rémy Poulakis le 13 juin dans le cadre du festival La voix est libre au théâtre des bouffes du nord

    Guy

  • Pur et dur

    J'avais vu une première fois cette mise en scène du maitre de Santiago ici même en 2006.

    Cette fois ci, mon ami Gilles en rend compte:

     On ne sera jamais assez reconnaissant à Jean-Luc Jeener de donner, avec un budget quasi nul, trois fois plus de chefs-d’œuvre classiques (au sens large) en une saison que la Comédie-Française.  Bien que ne tournant pas le dos aux auteurs officiels (Molière, Shakespeare, Racine, Genet, Beckett…) chers à la nomenklatura culturelle, il exhume aussi des œuvres de dramaturges moins en cour, voire quasiment enterrés, comme Corneille, Claudel, Giraudoux ou Montherlant. Ce faisant il œuvre pour la survie de la culture, la vraie, celle qui procède de la rencontre entre un auteur unique, avec ses passions, ses obsessions et ses idiosyncrasies, et un public d’hommes libres désireux de se construire et d’en savoir plus sur eux-mêmes et sur le monde.

    L’œuvre de Montherlant repose sur une observation minutieuse de l’existence et sur le souci absolu de la vérité humaine. De cette observation (qu’on peut apprécier dans des œuvres quasiment naturalistes comme Les jeunes filles ou Les célibataires), il tire une morale et une métaphysique. Cette dernière repose sur la tension permanente entre un panthéisme nietzschéen, une animalité assumée  (Pasiphaé, Le songe, Les bestiaires, etc), et une vision détachée et nihiliste de l’existence qui le rapproche des stoïciens, des mystiques espagnols et des jansénistes (Mors et Vita, Explicit Mysterium). Cette apparente contradiction n’en est pas une, puisqu’elle caractérise notre condition humaine ; mais, chez Montherlant, elle débouche sur une morale, qu’il qualifie de morale de l’alternance, et qui constitue une sorte de bréviaire permettant de concilier recherche du bonheur et acceptation lucide de notre condition de mortels. Il s’agit en somme d’agir selon ses passions, comme si on les prenait au sérieux, tout en se ménageant une porte de sortie, une stratégie d’esquive, parce qu’on sait bien que l’existence ne l’est pas.

    Si le héros d’une œuvre de fiction autobiographique – Alban de Bricoule, Costals – se doit donc de pratiquer constamment cet exercice spirituel, au théâtre il est tentant pour l’auteur de se dédoubler, transformant ainsi la pratique de l’alternance en conflit entre des personnages pouvant susciter un intérêt dramatique. C’est sur ce principe que repose Le Maître de Santiago. Don Alvaro, austère « moine-soldat », aspire à la pureté et à la transcendance divine. Il vomit l’Espagne de son temps qu’il considère comme corrompue. Il ne désire plus que s’abîmer en Dieu. Les autres chevaliers de l’ordre disent oui à la vie. Ils rêvent de conquêtes, de pouvoir ; ils ne dédaignent pas la richesse ; ils veulent le bonheur de leurs enfants et acceptent les lois de l'existence. L’un d’entre eux, Don Bernal, par calcul, parce qu’il veut que son fils épouse la fille de Don Alvaro, et que celui-ci s’enrichisse afin de la doter, tente de convaincre Alvaro d’aller briguer argent et pouvoir dans le Nouveau Monde. Rien n’y fait, pas même l'objection évidente que cette exigence n'est qu'une forme d'orgueil.  L'homme est déjà dans l'au-delà; les affaires terrestres ne lui sont plus qu'une nuisance.

    De nos jours ce théâtre d'idées passe paradoxalement mieux à la scène qu'à la lecture; incarnés dans des personnages, les considérations éthiques et métaphysiques, les principes généraux n'en acquièrent que plus de force -- surtout s'ils s'opposent les uns aux autres.  Les valeurs portées par l’œuvre de Montherlant sont si éloignées de l'esprit contemporain qu'elle gagnent en crédibilité, exprimées par des personnages en chair et en os.  La mise en scène et les acteurs -- compétents voire excellents -- sont tout entiers au service du texte. Le décor se réduit à quelques braseros, qui enfument progressivement la pièce, tout en s'éteignant petit à petit, les uns après les autres. Évocation saisissante des conditions de vie au début du XVIe siècle, mais aussi symbole.  La poésie des phrases sonne, les forces vitales et spirituelles se heurtent. La pièce se termine par un long épilogue élégiaque, marqué par le christianisme le plus sombre,  celui de l'Ecclésiaste et de Pascal, après que le personnage principal eut convaincu sa fille, elle qui incarne l'amour de la vie, de se sacrifier pour le rejoindre dans son culte intransigeant du Néant.

    Le maitre de Santiago d'Henry de Montherlant mis en scène par Patrice Le Cadre, vu au théâtre du Nord Ouest le 9 juin 2014.

    Gilles

    Postface au compte rendu de Gilles:

    Ici est choisie l’épure, et ainsi tout est bien. Le texte file droit, sans trop d’effet ni de diversions, vers une conclusion inévitable : le refus de la vie. L’économie de décors et d’accessoires dit l’ascèse et la pauvreté. N’est laissé que ce qui prend  du sens : l’épée, la croix…  De rares lumières percent  l’obscurité,  jugements et  décisions sont difficiles. Juste, la mise en scène autorise assez d’humanité à l’interprétation pour éviter que le propos ne devienne  insupportablement  sec, qu’il soit intense au contraire. C’est même une pièce où l’on se touche beaucoup, comme pour s’excuser de l’affrontement des idées, pour se consoler et s’assurer de rester encore soi-même un peu vivant.

    L’essentiel est qu’il s’agit d’une belle pièce politique, car elle a la rare qualité de ne pas être manipulatoire, dans le sens où le spectateur peut faire son choix. Si l’auteur et le metteur en scène ne le font pas, Il est sain pour le spectateur  de prendre parti, en regard des enjeux que la pièce peut agiter aujourd’hui. Ces enjeux ne sont plus ceux de L’Espagne du XVI° siècle, ni même ceux du contexte colonial  contemporain de l’écriture de la pièce. Comme tout un chacun, je ressens comme il est tentant de céder aujourd’hui au dégout de la politique, de se détourner de la chose publique et de s’abstenir, pour affirmer sa propre intégrité. C’est sans doute la voie la plus facile. Mais aujourd'hui j’ai plutôt envie d’en finir avec Don Alvaro !

    Guy

  • A la folie

    Au premier plan de cette performance collective surgit la folie qui traverse le corps de Céline Angèle. J’emploie le mot folie, car résonnent aussi en moi des images vues il y a peu à l’occasion de l‘exposition (1) consacrée au professeur Charcot (1825-1863), père de la neurologie et de la psychiatrie. Images documentaires de ses patient(e)s hystériques, œuvres plastiques contemporaines d’Ernest Pignon Ernest consacrées aux extases des mystiques. J’y vois plus que les similitudes-voulues ou non- dans les gestes et postures: corps qui s’arcboutent, tensions, convulsions, fulgurances, contractures… Ce qui s’offre à voir, ici, et là, c’est l’instant où le masque de la normalité se déchire, lorsqu’apparait l’irrépressible, l’irréprimé, l’invisible, ce qui ébranle toutes les convenances. Cet instant est court, fragile, important, comme un indispensable accident. Un instant que je recherche toujours à voir sur la scène. Et qui me permet ce soir de mesurer ce que doit au butoh le développement de ma propre sensibilité de spectateur.

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    Ombres internes mis en scène par Jean Daniel Fricker, vu à l’espace culturel Bertin Poiré le 6 juin dans le cadre du festival Butoh

    Guy

    (1)Charcot, une vie avec l’image du 14 mai au 9 juillet 2014
    Église Saint-Louis, Pitié-Salpêtrière, 83, bd de l’hôpital, 75013 Paris

  • Outrage au lecteur

    Vous ne lirez pas ici de critique de la pièce Outrage au public. Ni même d’avis, de note, de résumé, d’analyse, d’évocation, de ressenti… D’ailleurs pour quelle raison lisez-vous cette entrée du blog?  Par habitude, par hasard, en recherche de pièces à voir, en raison d’un intérêt particulier pour l’auteur, le metteur en scène, le lieu? Ou êtes-vous le compagnon d’une des actrices? Même l’une des actrices? Peut-être avez-vous déjà vu la pièce à la Loge. Désirez-vous alors être conforté dans vos impressions, ou voulez-vous les confronter, les remettre en question? Recherchez-vous ici des significations que vous ne seriez pas parvenu sur le moment à comprendre, sinon à construire? Recherchez-vous dans le doute, quelque permission de juger dans un sens ou dans un autre? Ou des stimuli pour tenter de revivre certaines sensations vécues durant la représentation? Si vous n’avez pas vu la pièce, il vous est cependant difficile d’ignorer qu’elle ne s’appuie sur aucune narration, mais qu'elle repose sur un texte en forme d’interrogation sur la forme théâtrale et sur la relation, peut-être intense, qui va s’établir entre vous et les interprètes. Mais ces informations ne peuvent vous permettre de vous faire une idée de la forme de cette performance, de sa consistance, de la manière dont elle va vous provoquer, avec quels effets. Ces lignes lues, vous restez donc avec toute la liberté, l’entière responsabilité, d’aller voir la pièce à la Loge, et de vivre cette expérience en toute indépendance.

    théâtre,la loge,peter handke

     

    Outrage au public, de Peter Handke, mis e scène par Joachim Salinger, vu à la Loge le 29 mai. Représenté du 3 au 6 juin.

    Guy

  • Medecine blues

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    Je suis le grand zombie, roi des zoulous, chante une fois encore Dr John ce soir, la voix éraillée qui revient d’on ne sait où, un crâne posé sur son piano, avec gris-gris et amulettes vaudous. Mais la magie noire ne dit pas tout de ses résurrections. Bien sûr,  l’homme a survécu à tout, aux excès et à l’héroïne, aux prisons de Louisiane où « la peau blanche mais l’âme d’un noir » il se lie à vie avec Charles Neville et ses frères, à la rixe qui le laisse blessé d’une balle dans l’index et incapable de tenir sa guitare quelques années. Jusqu’ à la série Treme, Le bon docteur soigne sa légende, mais il y a ici plus encore que l’enracinement dans le  folklore et la culture du bayou. Ce qui survit en lui et sous ses doigts, ce qui survit à Katrina,c’est tout l’héritage de la musique de Nouvelle Orléans, portet carrefour où bouillonnent toutes les musiques noires, du jazz donné pourtant pour mort depuis longtemps au funk, en passant par le doo-woop, le blues, le boogie-woogie, les rythmes d’Afrique et des Caraïbes, les syncopes des défilés… Tout cela concentré en un concert, c'est bien court, mais une efficace potion de jouvence au gout relevé, à savourer en dansant. Réincarnation du pianiste Professor Longhair autant que de Marie Laveau ou Coco Robicheau, le docteur doit en tout cas être possédé, à pouvoir prolonger jusqu’à l’immortalité ce break de piano de Such a Night, remède miraculeux pour nos bleus à l'âme et pour nos pieds parfois las. La belle relève, c’est la merveilleuse Sarah Morrow, découverte de Ray Charles, tromboniste explosive et directrice musicale de ce nouvel orchestre, qui raconte de belles histoires à chaque solo. Beaucoup de la magie et des remèdes musicaux du vieux docteur lui sont transmis pour perdurer.

    Dr John & the nite trippers en concert au Trianon le 29 mai 2014

    Guy

  • Question de valeurs

    C’est un lendemain d’élections, sans appétits, le monde sans dessus dessous, en panne de valeurs et de convictions. On peut au moins s’accrocher à un petit rien, à voir ce personnage incongru et burlesque, qui s’obstine à exister contre vents et marées depuis déjà des années. Sombre sautillante, personne ne l’attend, elle trotte où on ne l’attend pas, et surtout à côté. Sans fonction évidente, mode d’emploi égaré. Voire, ce soir elle descend les marches, sous les flashs tout sourire et tapis rouge. Le personnage s’est proclamé star, il suffisait d’y penser, il suffisait d’abord qu’elle y croie. Et nous aussi. Dès lors elle le vaut bien. Elle nous invite par gestes émerveillés à la rétrospective de ses œuvres, pour la voir à l’écran traverser des lieux sans les habiter. Reine du dérisoire et du dévalué, femme providentielle et dérisoire, son inutilité devient précieuse, on touche au vrai du vrai. Cette valeur n’a pas de prix, quand aujourd’hui le travail intellectuel-et pire artistique- se négocie au forfait, et que l’investissement dans sa réputation est un actif immatériel hors de portée. Elle vaut des tonnes d’humanité, digne comme ce baron, personnage récurrent des romans de Romain Gary. Il reste de petites raisons d’espérer.

    isabelle esposito

     

    La Star, rétrospective des ses œuvres en sa présence, d'Isabelle Esposito à Micadances, le 26 mai.

    Guy

     www.lastar.info

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    photo avec l'aimable autorisation de la compagnie.

  • Enfermées

    Le théâtre est le lieu obligé pour représenter les invisibles, dans les univers fermés, pour ainsi réparer. Je me souviens de quelques heures en maison d’arrêt, de ces sensations. Ces femmes ci, autant de ne plus voir au-delà des murs meurent de plus être vues du dehors, ni aimées. Le spectacle est forcément impudique. Par une mise en abime les détenues préparent un spectacle entre quatre vrais murs. Dès les premières scènes se joue la confusion entre les espaces, les différentes proximités: corps s’offrant à être aperçus, crus, par la fenêtre de la cellule, derrière les rideaux de la douche, évolutions en chorégraphie en mezzanine, et incursions de plein pied avec nous, à nous  entrainer. Pour quoi nous dire? Je ne prends pas tout dans ce texte, dans ce qu’il me semble s’autoriser d’infidélité dans le langage aux personnages. Je ne veux pas croire que la violence soit l’excès de l’amour. Je laisse de côté les thèses, la Passion, et le 11 septembre, mais reste la représentation si forte de cette violence omniprésente, la musique de Monk lancinante entre révolte et oppression, surtout je crois à ces 6 actrices superbes et généreuses, ces corps si fort, leurs soli si poignants pour exprimer la douleur d’être ici ou ailleurs, sans sensiblerie ni bons sentiments.

     

    Misterioso-119 , texte de Koffi Kwahulé et mise en scène de Laurence Renn Penel, Vu au théâtre de la Tempête le 14 mai. jusqu'au 8 juin.

    Guy

  • Prêtresse et pointes

    La salle est moderne et improbable: un temple protestant. M’y amène la curiosité face à un paradoxe apparent. Le manifeste de la chorégraphe est de faire la synthèse de la technique de danse classique et de rites chamaniques. Mais les deux mondes me sont tout autant inconnus. Pourquoi pas? Et pas déçu. J’oublie pour un temps le buto. Dépasser l’exotisme, les images du Tombeau hindou. Les gestes sont techniques mais à prendre au sérieux. La salle est froide mais s’y glissent des instants d’il y a longtemps, du Kazahstan. Malgré le boléro, quelque chose de nouveau. Qu’invoque-t-elle ? Louve ou guerrière, mes imaginaires se télescopent.

    Femmes sacrés de Dana Mussa au temple maison fraternelle le 25 avril

    Guy

     

  • Mayday Médée

    Ils reviennent parmi nous, Médée et Jason, leur vie sous de bas horizons, pensées embuées de mots automatiques, regards fixés sur les mirages d’un bonheur normalisé. Sur fond de carton-pâte, leurs yeux s’ouvrent sur des sourires figés, mais ils ne se regardent pas l’un autre. Où sont les enfants? Disparus dans le centre commercial, tout comme la carte bleue, et autres accessoires obligés. Les nouveaux Dieux qui se jouent de Médée sont consuméristes, post-psychanalytiques, sa rébellion trop sourde, noyée, elle erre. L’écriture de Catherine Rihoit, profuse et concise comme celle de Copi ou de Pinter, se saisit de la normalité pour en mettre à vif toute la folie glacée, l’horreur, l’absurdité. Donc on rit. Comme souvent, ce rire intelligent grince. Emporté par le jeu en crescendo de ces beaux actrices et acteurs, drôles et désespérés, par la noire mise en scène, assumée.

     

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    Médée fait ses courses écrit parCatherine Rihoit , et mis en scène par Laetitia Leterrier à la Comédie Nation

    Guy

    Photo d'Emmanuel Guillon avec l'aimable autorisation de la compagnie