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Un Soir Ou Un Autre - Page 27

  • Harmonie

    Au commencement il y aurait une idée parfaite: une sphère- rien de plus beau dans la simplicité-, Jésus Sevari s’y glisse avec respect, s’y fond, l’épouse, jamais ne l’épuise. Apparaissent les correspondances arrondies entre les formes de dehors, les gestes de dedans, harmonie. Les lignes rendues apparentes soulignent les trajectoires dans l’invisible. Les notes de Cage tournent. C’est doux et dense, respectueux, apaisé. Cette symbiose m’inspire une rêverie, un dialogue d’équilibre entre le globe et l’humanité qui s’y est abritée.

     

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    Exagium de Maria Jesus Sevari, dispositif créé par Yann Le Bras vu aux Plateaux du Val de Marne le 28 septembre

    Guy

     

    Photo de Yann Le Bras

  • Obstiné

    La première qualité de Sweat Baby Sweat, c’est d’exaspérer. Jusqu’à nous emporter, m’emporter. Pour imposer un (vrai) point de vue coûte que coûte, par cette lancinance de la répétition, se répète dans le couple ce rapport sensuel et entêté qui semble ne jamais pouvoir se résoudre. Les deux corps s’accrochent l’un à l’autre, sans satiété. Une ballade acoustique s’étire au-delà du raisonnable. Au mur les mots s’affichent, au-delà de la  banalité, pour atteindre la vérité, à force. Cela dure, la danse, et l’effort se voit, à chaque instant. L'effort en surface celui de danser, mais surtout celui de s’aimer, une lutte sans répit, longue, obstinée.

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    Sweat Baby Sweat,  de Jan Martens vu à la Maison des Arts de Créteil le 28 septembre dans le cadre des Plateaux.

    Guy

    photo de  Klaartje Lambrechts.avec l'aimable autorisation de la compagnie

    A propos de A small guide on how to treat a lifetime companion, lire ici.

  • Les prochaines semaines....

    Programmes provisoires:

    • Etat sœurs écrit et interprété par Pierre Pirol  (metteur en scène éclectique de Copi et de Jeanne d'arc, qu'a t-il à nous dire?) au théâtre du temps
    • Quatuor Violence au théatre de l'opprimé mis en scène par Florian Pautasso (après le show funèbre à sept voix et la tour de la défense). La bande annonce m'a secoué.
    • Picorage aux Les Plateaux du val de marne, à la maison des arts de Créteil. Des aperçus des travaux de Jan Martens, Jesus Sevari
    • Comme l'an dernier, le festival Zoa à la Loge. Pour être surpris
    • Le tour de chant de Marie Delmares au Chat Noir
    • Comme l'an dernier Frasq au générateur de Gentilly (surtout le 19 octobre). C'était un festival de performances. La soirée du 19 sera partagée dans ce bel espace entre Katalin Patkaï, Viviana Moin (recréation du Minotaure) et d'autres
    • Avis de turbulence à l'étoile du nord. (je ne sais pas encore quelle soirée).
    • Dernière minute: Matadouru de Marcelo Evelin au théâtre de la cité internationale (ce sera une découverte)

    et aussi?

    Guy

  • Dans la grotte

    Retour aux origines. Là où mijotent les mythes, profond dans nos têtes, au fond de cette grotte. Chouette endroit. Autour: le potager du roi, et Versailles (le monde qu’on dit réel). Je pense aux histoires, qu’enfant, on s’invente dans des lieux comme ça. Aux lueurs du braséro, nous distinguons les ombres sur les murs de la caverne. Des personnages primitifs. Pasiphaé aime très fort et cru un beau taureau- illustration d’une sexualité féminine irrépressible? Malgré les incantations, le Minotaure si redouté reste invisible. Venue d'autres profondeurs une gumboots dance tient lieu de rituel: folklore syncrétique. Rêves en self-service. La dérision des chansons lisse les transitions. Viviana Moin, en Pasiphaé, exagère, ose, déborde. Elle a raison. Elle finira dans l’étang, à la grande joie des enfants.

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     Photo par Didier Dupressoir avec son aimable autorisation

     

    C’était Minotaure#78 de Viviana Moin, avec Viviana Moin, Pierre Courcelle, Samuel Buckman, La Bourette, vu le 15 septembre au Potager du Roi dans le cadre de Plastique Danse Flore.

    Guy

    Minotaure75 sera joué  le 19 octobre au Générateur de Gentilly dans le cadre de Frasq (et ce sera une autre performance).

  • Jazz?

    Arthur H. mauvais élève en jazz, nous confie-t-il, modeste, qui en guise de standard ne sait jouer que The Man I Love. Se produire en quintet cool et classe à cuivres et contrebasse, est-ce avant tout installer une ambiance d’avant et d’ailleurs, du cabaret, du théâtre? Pour raconter goguenard de sa voix rocailleuse ses belles et drôles histoires de personnages qui font rêver et sourire plutôt que d’y croire: le soldat, le chercheur d’or, le trompettiste fou… Laisser se heurter mots et textes, cette poésie décalée. Alors les notes aussi peuvent raconter, emporter. Et lui de nous surprendre d’accords plaqués sur son clavier, dissonances qui semblent le travailler dedans depuis des éternités. Laisser de l’espace aux musiciens, improviser en rappel, trop vite, prendre le risque de se planter. Alors c’est du jazz.

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    C'était "I'm Beginning to see the light" à la Cité de la musique, concert vu et écouté le 13 septembre 2013 dans le cadre du festival Jazz à la Villette, avec Arthur H (piano, voix), Laurent Bardainne (saxophone, clavier, arrangements), Fabrice Martinez (trompette), Marcello Giuliani (basse, contrebasse), Raphaël Chassin (batterie).

    Guy

     

    La vidéo du concert est ici en ligne jusqu'au 14 mars 2014: http://www.citedelamusiquelive.tv/Concert/1008323/arthur-h-%22i-m-beginning-to-see-the-light%22.html

  • Mesuré

    On raconte que l’art de Kazuo Ohno, mort centenaire, s’embellissait au fur et à mesure que son corps avançait en âge, qu’il pouvait à la fin danser encore sublime juste de son bras, de sa main, d’un doigt. Maxence Rey ce soir bouge peu, ne bouge pas, ou presque, non plus son partenaire. Tous deux assis sur leurs chaises, dans le prolongement des Bois de l’Ombre, nus tous deux et masqués, dans la lignée de Sous ma Peau.

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    Gestes économisés, le corps s’exprime fort de peu.

    Altérité 2ème approche, performance chorégraphique de Maxence Rey et Christophe Bonzom, vu le 16 mai 2013 à l’Etoile du Nord dans le cadre de la carte blanche à Maxence Rey.

    Guy

    La pièce sera dansée à l'Etoile du nord le pour la présentation de saison le 28 septembre.

    photo de Delphine Micheli avec l'aimable autorisation de la compagnie.

  • Limite haute

    Il s’agit, si cela est possible, d’abolir la distance. Leïla Gaudin ici sur scène est SDF. S’y risque, avec engagement, implication, mimétisme. Epurée dans l'approche. Cette distance que dans la rue nous établissons entre nous et eux, la chorégraphe la dissout paradoxalement en la transportant dans la relation d’artiste à spectateur. Proche du regard, immédiate. Elle restitue intacte la présence si forte des invisibles. Se soucie peu de la distance à garder entre le modèle et l’interprète, des procédés métaphoriques. L’adresse au public est directe, documentaire, naturaliste. Il ne s'agit pas tant de danser. Naïveté disent les uns. Humanisme, honnêteté, nécessité, je crois.

     

    Danse, Leïla Gaudin, Danse Dense, La Loge

    Photo de Calypso Baquey avec l'aimable autorisation de la compagnie

    A la limite de Leïla Gaudin, vu le 12 avril au théâtre du Fil de L’Eau à Pantin, dans le cadre des journées Danse Dense.

    Guy

    Leïla Gaudin présente Errance, "version" nomade d' A la Limite, à la Loge du 24 au 27 septembre.

    Lire aussi sur le blog: Errance à Mains d'Œuvres

  • Plus grande ZOA

    ZOA (Zone d'occupation artistique) vous connaissez peut-être, ou peut-être pas.

    C'est un festival de danse contemporaine et de performance, accueilli par la Loge et programmé par Sabrina Weldman.

    Dans la foulée de la première édition, priorité et liberté seront laissées à des créations qui se voudront étonnantes, détonantes, inattendues...

    La deuxième édition se tient du 7 au 13 octobre, avec Mélanie Perrier, Christian Soto et Stéphanie Lupo, Clyde Chabot et André Eric Létourneau, Mohamed El Khatib, Enna Chaton, Eva Klimackova

    ZOA a besoin d'argent (aujourd'hui, est ce étonnant?)

    Si comme moi vous pouvez aider ZOA , beaucoup, un peu, cliquez: 

    http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/zoa-zone-d-occupation-artistique-festival-de-danse-contemporaine-et-de-performances--2?utm_source=critsend&utm_medium=email&utm_campaign

    Parce que que donner pour ce que l'on aime fait plaisir, bien sur.

     Guy

  • Spectacle vivant

    La salle est peinte en noir, nue, ce soir il faut très chaud. C'est normal en enfer. Trois morts-vivants en huis clos, à ne plus se supporter en direct sous le regard des spectateurs. On peut voir cela tous les jours sur écran mais le texte là n’est ni de Loana, ni de Nabila: de Sartre en personne. N’empêche, qu’en reste-t-il aujourd’hui? La thématique sartrienne est bien rouillée mais la mécanique théâtrale tient toujours. Peu importe l’enfer maintenant. Et la philosophie est morte, elle aussi. Reste la construction en montées et paroxysmes, surtout de beaux acteurs, bien vivants, qui réinventent les passions, se réapproprient les mots usés, font ressusciter de cris et sueur tout ce qui est suranné,  à force de physicalité. Ils en conjurent l’enfer, (Dieu ?) merci !

    Huis Clos de Jean Paul Sartre, mis en scène par Isabelle Erhart avec Marta Corton Vinals (Estelle), Alicia Roda (Ines), Joel Abadie (Garcin), Jean Louis Wuillemier (garçon d'étage) , vu au Théâtre du Nord-Ouest le 24 août 2013.

  • La tête et le territoire

    Jamais vu ça. 

    Ni surtout été ici comme ça: ce soir, le plus important c’est ce lieu ainsi transformé. Cet espace ouvert à nous, est habité d’artistes, vivant, ce territoire est mouvant, labyrinthe surchargé de montages foutraques, et libre comme une rue dans laquelle le spectateur puisse déambuler. Le Générateur se prête à cela. David Noir a tout rempli et ce n'est ni propre ni net. Le lieu ainsi désinstallé est plus important que l’ordre d’enchainement des actions qui y prennent place. D’ailleurs tout y semble désordre. C’est donc tout sauf une scène de théâtre décorée pour un soir, avec eux ici et nous là, c’est pourtant un lieu d’imaginaire débanalisé. Elles se matérialisent et fusent çà et là, toutes nos pensées refoulées : des calembours alambiqués, de la musique débridée, des cris existentiels, des slows qui dégoulinent après la fin du monde, des démonstrations indécentes, des vidéos potaches, de la poésie décalée, des performeurs de tous côtés, sexe à l’air ou parés de costumes extravagants, une révolte désabusée, un mauvais goût sublimé. Quant au temps il s’étire et se libère, dilué dans l’absence de plan apparent. C’est aussi confus que dans nos têtes, de mauvais goût, détendu et inattendu, les bornes n’ont pas de limites, on bouge les lignes. On n’y croit pas, pourtant on est en plein dedans, dans notre territoire mental, je mets donc un masque, une perruque, je bouge également. Une zombie me poursuit, David Noir m’arrangue. Je ne suis pourtant jamais contraint, géné, et goute la paradoxale et tendre poésie qui nait de l’obscène et de l’excès.

    C'était les Parques d'attration de David Noir au Générateur

    Guy