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Un Soir Ou Un Autre - Page 79

  • Gare au QCM

    On est retourné à Gare au Théâtre, pour le premier jour de la deuxième semaine de l'anti-Avignon.

    D'évidence placée sous le signe de l'expérimentation. C'était heureusement indolore, mais pas insignifiant pour autant. Première proposition d'Anne Montfort et du Théatre de l'Heure : "Q.C.M. Quel Cas Morceler?". Avec Muriel Bourdeau et Samantha Larriva. Pour cette fois le terme de proposition- employé le plus souvent pour éviter celui trop commun de spectacle- était tout à fait approprié. Notre main innocente fut choisie pour tirer au sort l'ordre des séquences à jouer. Puis on était invité à s'asseoir n'importe où sur le plateau, et à se déplacer à volonté. Et surtout, comme chaque spectateur, on était armé d'une feuille où figuraient 35 actions possibles, pour à tout moment faire exécuter celle de son choix et infléchir le déroulement de la performance.

    Dur de se lancer, mais après on se prend vite au jeu. Certaines consignes étaient claires:"Déplacer Valérie", d'autres très intrigantes: "Sam se rappelle ce qu'elle a vu dans la chambre froide"

    Très honnêtement, on est pas persuadé que cette expérimentation soit de nature à changer l'avenir du spectacle vivant. Ni à bouleverser durablement le rapport des artistes et du public. On était si préoccupé à se demander si et comment intervenir, ou si l'on était assez désinhibé pour se déplacer encore une fois sur le plateau devant tout le monde, on était tant sollicité par toutes les lourdes responsabilités de ce genre, qu'on a manqué beaucoup de ce que la comédienne, la danseuse, la violoniste, la metteuse en scène et l'auteur des textes en direct nous proposaient pendant tout ce temps. On s'est tout de même reconnu dans les descriptions des spectateurs à la fin.

    Mais on a encore moins réfléchi à quel sens donner à tous ces mots et toutes ces actions morcelées. et l'on a pas exploré les rapports entre cette tentative et les travaux des oulipiens. Heureusement ils ont un site internet, on va devoir y faire un tour pour réviser. Mais on a tout de même connu un moment délicieusement étrange, une expérience jamais vécue jusque là. D'un sentiment nouveau et troublant: suggérer que la danseuse tombe, et qu'elle tombe effectivement. 

    Mais ce n'était pas fini, on reparlera de la suite demain, si on a le temps. 

    Guy

  • Fury hard à Vitry

    Chaque mois de Juillet on reste à Paris, exprès pour "Nous n'irons pas à Avignon" à Gare au Theatre, et on va donc à Vitry. Des spectacles toute la journée, des chaises longues le long de la voie ferrée, mais pas un train qui ne passe et rien dans l'air pour nous presser.

    On s'est quand même levé pour aller voir "MurMurs" de la compagnie Furymoon, dirigée par Miguel-Angel Ganiko. On voit l'homme et l'on croit deviner plus qu'un grain de folie. Folie buto, c'est une belle promesse. Mais on voit le spectacle, et la folie en reste là. Perdue sur un plateau immense. De beaux moments mais qui se dissipent dans l'instant qui suit, sans que l'on puisse vraiment imaginer bouts après bouts quelle histoire peut être racontée. Danse et "théâtre ultra-baroque", selon la feuille de scène? Mais alors, et contrairement aux intentions affichées, un théâtre qui pèche par manque d'excès. 

    On a poursuivi dans un tout autre genre avec "Hard Copy" d'Isabelle Sorente. Quatre femmes qui parlent dans un bureau: on pouvait craindre le pire. Et on a été pris d'un frisson horrifié au soupçon que l'on était peut être en train de regarder du café-théâtre. Mais on a choisi sagement de considérer la situation autrement, et tant mieux. On a pu donc savourer la mise en scène de la cruauté ordinaire, la vision pessismiste et réconfortante de personnages littéralement pensés par leurs répliques, que leur dicte le triste air du temps.

    Après, dans le même esprit, et comme chacun, on a vu la demi-finale.

    Guy

  • Tragedy Médée

    Ce "Médée Matériau" de Sophie Rousseau réussit son pari exactement là où "Europe, Tragedy" avait échoué. En s'essayant à la relecture d'un mythe, riche et complexe, en tentant de l'explorer en plusieurs entrées.

    Mais alors qu'"Europe Tragedy" perdait le public en route, avec une suite en mozaique, laborieuse et heurtée, d'une incohérente horizontalité, dans ce Médée Matériau nous est proposé un récit traité à différents niveaux, déclinés en simultané: parlés, joués, mimés, ou commentés de manière ironique et distanciée. En temps réel, et tout en profondeur de champ. En s'aidant d'une scénographie à surprises.

    Mise en pratique dés l'indispensable prologue: un narrateur nous démêle opportunément l'intrigue de la toison d'or et les origines du drame de Médée. Mais-surprise- façon stand-up avec de gros effets comiques: roulements d'yeux et accents appuyés. Dans le même temps et le même espace, deux actrices jouent l'évocation sanglante et frontale de l'infanticide. ce qui ne donne pas matière à rire, loin de là. Le ton est donné, décalé, tout en contre-pied, dans la force, la densité et l'ambiguité.

    Plus tard, la partition se fait encore plus riche et subtile. Médée déclame sa vengeance en une tirade tragique: raconte que sa rivale revêtira sa propre robe nuptiale, pour s'embraser. Contre-chants multiples: c'est Jason qui grimé enfile la dite robe, et derrière lui la fille du roi de miner à nu en échos les mêmes gestes, comme dans un parfait ensemble de ballet, tandis qu'en quatrième plan la nourrice maquillée en clown remet à distance ce tableau par un commentaire muet et parodique.

    Des quatre acteurs, jamais aucun ne reste passif, et en retrait. Chacun joue sa partie et qui semble s'imposer dés lors- comme l'on a rarement vu sur scène- et sans jamais gêner l'ensemble- ce qui nous semble plus rare encore.

    La phrase d'Henrich Müller est une matière lourde et pâteuse, que les interprètes doivent bien mâcher avant de nous la proposer. On en était un peu dégoûté, cette troupe là nous permet d'y retrouver goût et consistance.

    C'était hier soir, toujours au festival Trans, au Théâtre du Chaudron, et cela est repris jusqu'à dimanche prochain.

    Guy

  • Tragedy Artaud

    Encore sous le charme de Marie Vialle, on retourne dans la salle, et on se console d'abord en s'imaginant enfin assister à un spectacle d'avant-garde d'il y a trente ans. Enfin, d'après l'idée qu'on s'en fait: on était trop jeune alors pour avoir vu ça pour de vrai.

    Sans remonter si loin, pas plus tard qu'en mai dernier on les (La Traversée-Cedric Orain) avait vu jouer "La Mort", de Georges Bataille dans "A court de forme". Hier et ce soir ils investissent  "Trans" pour s'attaquer cette fois à Antonin Artaud (1896-1948): "Ne vous laissez jamais mettre au cercueil".

    Dix contre un que l'an prochain on aura droit à Lautréamont.

    Grimaces douloureuses. Déclamations grinçantes. Diction klingon. Chutes sonores. Poses torturées. Stridences distanciées qui prennent à rebrousse poil.

    On regarde et on écoute quand même, dubitatif, et du bout des oreilles. Mais il y a tant de trouvailles et d'idées, medium_Artaud_Jeanne_d_arc.jpgd'énergie maîtrisée, que l'on finit quand même par se demander pourquoi au juste on arrive pas vraiment à aimer. Et dés lors c'est trop tard on s'est laissé prendre au jeu.

    Jusqu'à admettre que ce n'est qu'à coups d'outrances visuelles et vocales qu'il est possible de rendre compte du monde d'Antonin Artaud. Folie, révolte et souffrance, corps et esprit corseté, emprisonné, médicalisé, éprouvé par les institutions. Curetage à vif du fond commun de désespoir de l'humanité.

    Pour évoquer justement la douleur et le dégoût d'Artaud, il faut bien accepter de regarder-on en revient là- un théâtre de la cruauté au fond des yeux. Que ces deux actrices incarnent en se livrant au saccage de la beauté. Avec rage et précision.

    Puis soudain on comprend. Pourquoi on a finit par rentrer dedans. Pourquoi cela nous paraissait en un sens familier. En se souvenant en quelle haute estime Hijikata et les fondateurs de la nouvelle danse japonaise tenaient Antonin Artaud.On est content, on a découvert ce soir un cousin éloigné du Buto.

    La soirée se concluait en nocturne, avec Europe Tragedy. On aurait du prendre au premier degré les fausses-vraies confidences des acteurs au début du spectacle: considérons qu'il s'agissait hier d'un travail en cours.

    Avec, pour un sujet mythologico-biblique si obscur et qui appelait dans la forme un peu de clarté, trop de ruptures de ton et rythme: faux départ, lectures savantes et pédagogiques, fausses sorties, adresses au public, maladresses faussement improvisées, longs récitatifs, corrida de Dieu antique en bovidé, nu douché au baquet, et pour conclure soudain, le viol d'Europe, insoutenable.

    On reviendra les voir quand le travail sera achevé. Pour de vrai ou non.

    Guy

    P.S. Tout cela reprend ce mardi soir, plus surprenant qu'un huitième de finale

  • Marie Vialle - Contes cruels

    Marie Vialle chante clair et haut dans le noir, joue nue du violoncelle tout en récitant le premier conte de Pascal Quignard. Malgré toutes ces actions simultanées, au début il n'y a presque rien, sinon de l'étonnement. C'est qu'il faut laisser le temps au verbe de naître. Puis tombent peu à peu des cintres les vêtements, alors que s'élèvent les mots et les notes qui l'enrobent.
    Plus la conteuse se retrouve vêtue, plus le récit prend chair et couleur, et sa voix de l'assurance.

    Les contes, comme il se doit, sont cruels, nous font re-goûter aux émotions qui accompagnaient nos frayeurs enfantines, nous plongent dans un passé ré-imaginé et imprégné de magie, envahi par les expressions exacerbées des désirs, du dépit, de la culpabilité, et de la jalousie. Perte de l'innocence, meurtre et amour, pactes imprudents.

    Le débit s'accélère. Insensiblement, de récitante, Marie Vialle devient actrice, investit de ses mouvements tout l'espace scénique, s'incarne enfin en protagoniste, bientôt victime de sa narration.

    Le récit s'emballe en boucles, balbutie, s'affole. Comme dans tous les contes de tous temps, la faute originelle contient en elle les germes de sa punition, que nous anticipons malgré nous avec une impatience cruelle. L'heroine gardera-t-elle  "Le Nom sur le bout de la langue"sans parvenir à dire ce mot pour se libérer, sera-t-elle emportée par le diable à jamais? Pour que meure avec elle, dans sa bouche restée muette, toute mémoire, tout récit, toute fiction?

    On ne révélera surtout pas, si l'histoire finit mal, ou pas....

    C'était hier (et ce soir) au festival Trans au Theatre du Chaudron.

    Mais après cela, la soirée était loin d'être terminée...

    Guy

  • Regina Goeger - Pétrifiée, naturelle

    On ne regardera plus jamais comme avant la cascade du Parc Montsouris.

    medium_regina2.2.JPGCe soir une nymphe s'y était glissée. Filiforme, mains et visage blanchis, mystérieuse et muette, elle se glissait entre les branches, sur l'herbe et sur la terre encore mouillée, la terre brune de la couleur de sa mince robe et de sa chevelure emmêlée aux brindilles. Elle s'imprégnait de cette terre, mais tremblait quand elle se redressait, avant de s'enrouler dangereusement sur les rambardes de pierre. Animale en quête d'humanité, ou était ce l'inverse?

    La pluie avait enfin cessé, la nuit n'était pas encore tombée, le silence suspendu dans le jardin au coeur de la ville semblait plus vrai que dans n'importe quelle salle de spectacle, juste troublé par le chant de l'eau de la cascade, quelques canards surpris se détournaient de la scène.

    Puis il y eu au loin des sifflets: les gardiens du Parc Montsouris étaient impatients de fermer.

    La nymphe a souri, salué, et nous pouvions partir. Elle s'appelait Regina Goerger, (presque) Immobile dans la Pierre Millénaire.

    Guy

  • Yumi Fujinati- Kao (en 3 D)

    3 souris aveugles, comme dans la comptine. Elles trottinent, affolées, incertaines, fébriles. Visages cachés sous des bonnets qu'elles medium_lierre.3.jpgn'osent relever. Peut-être ont-elles compris, pas tout à fait folles, que le monde est effrayant et cruel. Ou est-ce tout au fond d'elles-mêmes, qu'elles n'osent regarder? Heureusement, nos personnages découvrent vite que le sexe console et distrait.

    Du Kao version Fujitani-solo, qu'on avait vu en mai à l'Akteon, à ce Kao en trio hier sur le beau plateau du Théatre du Lierre, on a changé de mode.

    Le thème du visage...masqué, est le même. Mais il ne reste que des échos de la violence primale que l'on avait ressentie à l'origine, place ici à une ironie distanciée. On ne s'effraie plus, on sourit complice. Malgré la gravité du propos un spectacle donc burlesque, mais il y aura un moment très poignant, quand les trois visages se découvriront, justement.

    Autant dire que tout est changé. Dans cette réadaptation pour 3 jeunes danseuses et comédiennes du solo d'origine, dirigée par sa créatrice Yumi Fujitani, tout est plus chorégraphié, plus construit, réinventé, de la bande son expressive à l'ambiance vidéo. Comme un premier aperçu d'un buto policé. "Néo-buto", ecrivent-elles...


    Kao Cie3Garances
    envoyé par G-mO

    Du spectacle on pourra avoir une idée, mais très réductrice, grâce à quelques extraits, ici(les trois garances)

    C'était Kao de Yumi Fujitani avec Elise Hénault,Céline Angèle, Sibylle Jounot.

    Guy 

    P.S. Jusqu'à la fin du mois, les soirées seront bien occupées. Le kao s'intalle au Lierre, encore pour ce soir et le soir d'aprés. Le festival bertin Poiré bat son plein , on y verra la semaine prochaine Moeno Wakamatsu rejoindre Masaki Iwana sur scène. Dans le même temps, Maki Watanabe et Gyohei Zaitsu danseront Esse de Karry kama Karry au Café de la Danse. Même l'entrée du parc Montsouris sera investie dimanche soir par Regina Goeger.

    Vertige...

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  • Arias -2 fois Sumako Koseki

    Sumako Kosekiondule et grimace, grimée, accroupie à terre, mime-araignée. L'ample robe à plis et à la couleur passée se déploie pour permettre toutes les excentricités, et à Sumako de changer subtilement de formes sous une lumière économe. Longtemps après encore elle évolue station debout en ironiques équilibres, pour incarner différentes facettes d'une folie douce de trop d'humanité désuète. Pour cela à nouveau Sumako gonfle les joues et s'enlaidit, accélère insensiblement le rythme très lent jusque-là, s'agite en gestes de poupée mécanique, et prend le parti du grotesque plutôt que celui du tragique.

    Noir et reprise. Sumako au sol à nouveau, la robe glisse un peu comme du serpent la peau. Retournements et reptations. Mais-hésitation- la mue est avortée et Sumako reste habillée. La suite semble plus inquiète. Le son, posé en avant plan, a aussi son importance, ni tout à fait bruitage ni tout à fait musique.

    Noir a nouveau, cette fois Sumako revient en robe rouge. Est ce la dernière partie d'un tout ou un nouveau solo? En tout cas il se manifeste plus contemporain de forme, moins "buto". Sumako tient à grand peine un long miroir entre les bras, s'en cache glace dirigée vers les spectateurs, et l'enserre entre ses jambes, pour y ouvrir un espace de reflets. Quel message la danseuse veut-elle ainsi nous renvoyer? Quoiqu'il en soit, quand plus tard ce miroir est perdu, Sumako erre telle une âme en peine à la recherche de son image disparue. Pour qu'on s'y égare un peu aussi, cet accessoire ne nous a pas permis d'atteindre tout à fait l'essentiel. Jusqu'à ce que la pièce se conclue. Aprés 60 minutes de solo, dont bien peu de perdues.

    C'était "Arias", c'était ce soir et c'est demain encore à Bertin Poiree

    Guy

  • Voyage au bout de Copi- La Nuit de Madame Lucienne

    On avait promis, on a tenu: aprés Gabegie, ce soir on a vu "La Nuit de Madame Lucienne". De Copi (1940-1987). Cela change de Jeanne d'Arc. Cela change beaucoup, même. medium_affiche_lucienne.jpg

    Tout dans le ton, dans le visuel est criard, vulgaire, baclé, laid, cruel. A dessein. Façon de plonger dans l'univers de Copi, rats, références seventies, carton-pâte, dégoût et hystérie, travesti. 

    Non-histoire: on répète une pièce, et quelqu'un a tué Madame Lucienne. Juste un prétexte pour malmener les conventions du theatre de boulevard et de la pièce policière, étirées, mises à mal, retournées, distendues. On rit au premier degré-un peu, ou on rit jaune, ou on ne rit pas du tout, car comme souvent la parodie menace toujours de trop ressembler à son modèle. La machine ricane et tourne sur elle-même jusqu'à s'épuiser, mécanismes mis à nu. Seules quelques parenthèses musicales et moqueuses ré-enchantent la scène. 

    Jusqu'à ce que, de mise en abîmes en variations piradeliennes, nos derniers repères soient perdus. Et que Madame Lucienne surgisse, pour tuer le théâtre, d'un faux coup de revolver.

    Ce coup là, qui laisse un goût amer, trop dangereux, trop désespère, trop cynique, on n'a le droit de nous le faire qu'une fois.

    Mais la représentation était unique, c'était juste pour ce soir là.

    Soit.

    Guy

  • Indigestion a l'Echangeur

    Hier soir menu varié à l’Echangeur, avec quatre danseurs, quatre soli.

    L' entrée en matière est pourtant un peu maigre avec les « Peaux » de Pedro Pauwels. Qui nous propose un régime très conceptuel et contemporain, impossible rébus sur une esthétique de déambulations/immobilisations et bâches plastiques.

    On est quand même séduit en seconde partie, par le tutu mélancolique et le projecteur à main, manié avec une pudeur qui laisse deviner une immense sensibilité, à fleur de peau justement. Le tout avec une remarquable économie de moyens.     

    En guise de plat de résistance, Erika Zueneli danse « Noon », pour évoquer Edward Hopper. La ressemblance est saisissante, dés le premier tableau. Mais il faut bien que la danseuse danse ensuite, et tant mieux, car ce point de départ n'a sans doute été que prétexte pour développer, sur une partition de Denis Chouillet, des variations plus personnelles. Où il est question de confrontation au social, de frénésie, de spasmes et de tensions, de désirs et de frustrations, de troubles émotions. Après divers dérèglements, on conclut par un nouveau tableau immobile, tout naturellement.

    Mais comme souvent, tout se gâte au dessert pour que l’on reste sur sa faim.

    D’abord huit minutes encore trop indigestes, à regarder Hélène Marquié larmoyer, et à subir en boucle la même chanson de Colette Magny. Le procédé est exaspérant: est-ce pour bien s’assurer que l’on comprenne? Où pour nous distraire de cette progression pathétique, ponctuée d’un triste dégagé de décolleté. Déjà le titre agaçait: « Vos lacunes font émerger nos rêves »Qui est le Vous ? Qui est le Nous? Peut-être nous-mêmes, hermétiques, et qui ne remercions pas l’Unesco, pour avoir commandé ce chef- d’œuvre. Qui a pour ambition d’évoquer les violences faites aux femmes, elles s’en sont sûrement trouvés réconfortées.

    Cela ecrit, comme on n'a pas été trés gentil, ceux qui voudront en juger par eux-même, pourront regarder ici.

    Quant à Yukiko Nakamura….On aurait du fuir dés la lecture du programme : « …Et encore au loin regarde une vue de mon dos. Elle regarde quelqu’un qui n’est plus là. Et moi non plus ».Hélas on est resté, à regarder, et elle aussi, au loin.

     Guy 

    P.S. Le programme continue ce w.e. avec changements de plats. Et entre autres Elena de Renzio, pour "Ah! Ah!", qu’on avait aimé une autre soirée cette année à Bertin Poirée.