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Un Soir Ou Un Autre - Page 75

  • L.M.P. : Limite Manip' à la Petition ?

    On s'était mobilisé ici même le 2 janvier à la nouvelle de la fermeture du Lavoir Moderne Parisien. Fermeture injustifiée, et définitive d'après ce qu'on avait compris. On a appris depuis que le L.M.P. avait rouvert, et serait hors de danger: c'est une excellente nouvelle.

    On a été en revanche très étonné d'apprendre que le 30 décembre le L.M.P. avait reçu de la préfecture une décision de fermeture pour une semaine, et non définitive. C'est tant mieux, mais ce n'était pas du tout ce qui ressortait du mail qu'on avait reçu alors du L.M.P.:

    mail_LMP_du_30_12.doc

    Encore plus fort, en relisant un mail précédent et passé inaperçu, on a découvert que le L.M.P. avait décidé-avant la notification de la préfecture- de fermer de toute manière durant cette semaine là, "pour congés annuels":

    MAIL_DU_LMP_du_29.doc

    La vérité est donc que le L.M.P. n'a jamais été fermé, sinon de manière symbolique, administrative, virtuelle. Mais très médiatique.

    On a donc écrit le 14 janvier au L.M.P. pour qu'ils nous aident à comprendre. On a écrit une seconde fois. Et puis une fois encore. A ce jour sans succès. Chacun en tirera les conclusions qu'il voudra. On restera pour notre part avec l'impression très nette d'avoir été, avec beaucoup d'autres- manipulé. Le L.M.P. peut dire merci à la préfecture de police, il a bénéficié d'une belle opération de victimisation, indolore mais aux fructueuses retombées: Le Parisien, Le Monde, Libération. et France 2 manipulé aussi. Question plan média, les policiers sont plus efficaces que les attachés de presse.

    Pour en savoir plus, on est retourné sur le site, et on a y visionné un reportage vidéo dégoulinant d'autosatisfaction, avec des personnages qui s'enivraient de mots et de bonne conscience. On a été saisi de nausée en y voyant un ex-ministre y présenter ses voeux à l'occasion. Rien de personnel, et peu importe son étiquette politique: c'était juste obscène de voir un candidat aux présidentielles faire campagne dans un lieu artistique où on aime aller. On venait enfin de comprendre quel était le vrai sujet de toute cette performance.

    A ce spectacle très mauvais, on préférera ceux- passionnants- que l'on peut voir dans leur salle. Entre autres Kataline Patkai début mars. Pour le reste on les laissera se pétionnner en rond et sans nous.

    On se devait de préciser cela, par honnêteté pour nos quelques lecteurs, mais on jure de passer désormais à des sujets plus intéressants.

    Guy

    P.S. du 25/01: pour ceux que cela intéresserait encore, ci aprés un mail reçu hier seulement:

    "Bonjour Guy,

    Je suis désolé de répondre si tardivement à cette demande car cela mérite quelques précisions.
    en effet, lorsque j'ai été informé de la fermeture du lavoir et de l'olympic-café j'ai envoyé immédiatement une information par mail avec ce que je disposais comme information. Ensuite, j'ai complété l'information sur le site avec la durée de fermeture et la date de réouverture.

    Merci pour votre soutien.

    Cordialement, Hervé Breuil.

    En ce qui nous concerne, on a clos le débat. 

     

  • 3 jours avant Atsushi Takenouchi

    medium_0123_Vie_Mort_2_1_.jpgCe n'est pas une photo extraite de La Nuit des Morts Vivants, ni d'un clip de Michael Jackson, c'est une annonce qu'on a reçue pour les prochains spectacles collectifs d'Atsushi Takenouchi à Bertin Poiré

    Mardi avec le groupe "Ground", mercredi avec le groupe "Wind" (et le feu alors?). Comme le vent buto souffle où et quand il veut, et surtout s'annonce au tout dernier moment, on est pas sur de pouvoir aller les voir se réincarner ,malgré toute l'envie qu'on en a.

    Donc exceptionnellement on en parle sans avoir rien vu. On y ira peut-être suivre les défilés improvisés, ces deux mêmes jours à 18H à partir du Centre Georges Pompidou.

    Guy

  • Pirandello est un géant

    Le texte est inachevée, et se suspend ainsi sur un instant si beau- un très surprenant tombé de rideau-qu'on en reste le souffle coupé.

    Pièce inachevée à la mort de Pirandello(1867-1936), et de la mort il est beaucoup question: la mort du poète, qui s'est tué par amour pour l'actrice, comme il avait écrit la pièce par amour pour elle, la mort du comédien qui se rêve en train de se pendre- ou rêve-t-il le rôle du poète?-, la mort qui guette la vieille guidée par les anges- mais peut-être est elle déjà morte, en tout cas elle le croit. Et les personnages encore un peu vivants ne sont pas très en forme, presque déjà des âmes en peine, comédiens dans la pièce, comédiens déclassés dans une société qui ne s'interesse plus à voir jouer, qui errent en poussant une charrette à bras jusqu'à cet endroit tout à l'écart du monde. 

    Un lieu de l'entre-deux, un refuge où éclosent les rêves. Y Règne sur sa cours des miracles un magicien pouilleux: Coltrone- Hervé Pierre- personnage surnaturel, charnel et enfantin à la fois. Mais qu'est ce qui est dehors, qu'est ce qui est dedans? Où est le foyer et où est l'exil? Car peut-être les acteurs sont ils arrivés là dans le dernier endroit où ils peuvent jouer et être? Eux en qui s'incarnent les esprits d'autres, alors que le magicien fait des corps émerger les spectres, et imagine la réalité.

    De cet endroit la nuit on ne peut s'échapper alors que les rêves prennent forme. Où n'est ce que procédés et illusions? Qu'importe de le savoir, il faut rester tel un enfant et croire. C'est à ce moment de la pièce dans la pièce qu'est mis joyeusement en oeuvre toute l'arsenal des artifices: mime, masques, pantin, fumées, substitutions, lumières, décors en trompe-l'oeil. Ce qui était une réflexion sur l'agonie du théâtre se transforme ainsi en la plus belle démonstration de sa vitalité.

    Dans l'ombre intimidante des Géants de la Montagne, qui incarnent le matérialisme et la stupidité du monde de demain, ces bâtisseurs de murailles, dont les comédiens devraient peut-être flatter l'orgueil, pour ne pas mourir de faim. Nous sommes en Italie peut-être, en 1936. Mais ces géants là sur scène on ne les verra pas. Pour cause propice d'inachèvement. Seul sur la scène le théâtre se représentant lui même en abîme aura droit de cité.

    C'étaient "Les Geants de la montagne"  m.e.s. par Laurent Laffargues au Théatre de la Ville jusqu'à fin janvier.

    Guy

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  • Mamiko Mitsunada, Sosana Marcelino, Camille Mutel: premiers gestes assurés au Kiron

    C'est Philippe Verrièle qui avait signé la programmation de cette soirée au Kiron Espace, une raison suffisante pour medium_thumb_Mamiko_Mitsunaga.jpgcourir découvrir ces "premiers gestes".

    On a pourtant abandonné en chemin Mamiko Mitsunada, belle danseuse aux cheveux roux, et cela presque dés le début de son Rêve. Un solo riche et autant mimé que dansé, accompagné d'une bande son champêtre, puis contemporaine. Mais ses intentions sont perdues entre sa conscience et au moins la notre, quelque part dans le vaste cosmos. Qui dira pourquoi certaines rencontres ne se font pas? Un peu trop de tout à la fois ?

    Sosana Marcelino avait pour sa part déserté la scène, et pris possession de l'espace de la galeriemedium_thumb_Sosana_Marcelino.jpgd'exposition du Kiron. Choix judicieux pour que s'impose d'emblée toute la force de son solo. Peu frileuse et un peu folle, la donzelle transformait ce lieu un peu froid en terrain de jeux espiègles, habité d'amis imaginaires. Et de spectateurs subjugués par sa présence d'une rare évidence, le quatrième mur réduit en miettes. Avant, une fois débarrassée de sa jupe de tulle- était ce le passage à l'âge adulte?- qu'elle n'investisse les dimensions les plus inquiétantes de sa féminité, exprimant cette découverte à force de dérèglements furieux.

    C'était, pour finir, le retour (parisien) de Camille Mutel, cette même danseuse qui avait fait une apparition mémorable lors de son passage il y a un an à Bertin Poiré, pour un solo conclu par un devoilement d'une violence extrème, medium_thumb_Camille_Mutel_Kiron.jpgune soirée qui avait inspiré quelques belles lignes à Philippe Verrièle, justement.

    C'est encore du Sexe avec un grand S dont il était question, plus suggéré que montré cette fois ci, mais, pour cette raison même, non moins intensément présent tout au long de cette danse solo. Un solo trop intense et tragique pour que subsiste la moindre trace de vulgarité, en cet abandon douloureux dans cette position torturée, dos au public et renversée en arrière, écartelée, jambes ouvertes et haletante. Un solo plus construit que ce qu'on avait vu auparavant, ménageant quelques apaisements, alors que le le regard osait enfin cette fois se montrer. 

    C'était le festival premiers gestes danse à l'espace Kiron, c'était un peu Buto et on peut voir les mêmes danser demain (mardi), et puis encore le soir d'après.

    Et Sosana Marcelino reviendra -plus longuement- fin mars au Kiron.

    Guy 

  • Le principe de solitude: 5 fois Heddy Maalem

    On a retrouvé ce soir 5 raisons de ne pas désespérer de la danse (La pure, la vraie danse, celle qui se tient à l'écart de medium_solitude_5.jpgtoute pluridisciplinarité, à la différence par exemple des performances de Roser Montllo Guberna et Brigitte Seth, remarquables mais dans un autre genre). 

    5 expériences passionnées qui nous guident loin des écueils sur lesquels nous nous étions naufragés lors de nos dernières errances: le néant conceptuel d'un coté (Vera Mantero), la démonstration virtuose de l'autre (Emio Greco). 5 solos et pour une seule soirée c'est presque trop, tant à chaque fois tout semble neuf et réinventé.

    5 solos dirigés par Heddy Maalem. Dont deux au moins- "Un petit moment de faiblesse" medium_solitude_3.jpgpar Aline Azcoaga et "Reconstruction de Vénus" par Laia Llorca Lezcano"-seraient sans doute de nature à ravir même les inconditionnels de la danse classique. Pour peu que ceux ci ne soient pas rebutés par les tenues: slip et bonnet de bain excentrique pour la première danseuse, simple nudité par la seconde- on va céder à la facilité et qualifier cette nudité de boticellienne.

    Des styles contrastés pourtant: quand Laia Llorca Lezcanolà virevolte en pas enchaînés sur fond de Vivaldi, puis s'introverti délicatement, Aline Azcoaga joue plutôt en continu sur la décontraction et le rebondissement, évolue en balancements. Pour surprendre d'autant plus lorsqu'elle revient plus tard medium_solitude_1.jpgnous exposer "La formule des hanches": c'est une toute autre atmosphère qu'elle installe, plus abstraite et géométrique- la musique de Stockhausen n'est sans doute pas pour rien dans cette impression-et- même plus surprenant encore- sans alors ennuyer.

    Les garçons- Serge Anagonou et Shush Tenin, trichent et nous font le solo de "La pratique de l'ombre"à deux. A moins qu'il y ait là une énigme à résoudre: on choisira de croire qu'il n'y a qu'un seul personnage qui à force de heurts et de sensualité se découvre en miroir, qu'il est peut être question de gemmeléité.

    Pas moins fascinante et pas seulement pour son physique, Simone Gomis, dans un crescendo athlétique et quasi- medium_solitude_4.jpgterrifiant, qui se résout en un alanguissement final, d'une exceptionnelle charge érotique.

    C'était Le Principe de Solitude d'Heddy Maalem, ce soir au théatre Artistic Athévains, et surtout c'est demain encore.

    Dans le cadre du festival Faits D'hiver dont on saura tout bientôt avec le Tadorne, en blog et en live à la fois.

    Guy

    P.S. : On a rajouté plus haut 4 émouvantes photos (mais comment choisir!), avec l'aimable autorisation de Vincent Jeannot (Photodanse) 

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  • Brigitte Seth et Roser Montllo Guberna: elles tuent

    Elles osent tout, ces deux femmes, et elles ont terriblement raison. Mais sans jamais qu'elles en fassent trop, sans jamais qu'elles ne sonnent faux. Ne se glissent jamais là où on les attend, mais juste un peu à coté, parlent lorsqu'il faudrait qu'elles dansent, interrompent une phrase en français ou catalan pour entamer un pas de danse. Ou laissent la danse s'achever en un geste discret. Ou ne font rien du tout, sinon regarder et écouter intensément leurs musiciens jouer Biber (1644-1704). Avant de casser les violons. 

    Toujours jouer de tout en un mot. Brigitte Seth minaude et se tortille, en personnage de bourgeoise ahurie. Roser Montllo Guberna se suspend enfantine, puis glisse au sol et évolue, sur un mode doux-amer, fausse ingénue.

  • L.M.P. : encore un soir et puis plus d'autres?

    L'Olympic Café, où l'on avait vu Marteau Rouge et Maki Watanabe, ansi que la salle jumelle, le Lavoir Moderne Parisien,font l'objet d'un arrêté de fermeture administrative, notifié par la préfecture de Paris.

    Fermeture motivée par des peccadilles, d'après ce qui est expliqué sur le site. On ne sait pas s'ils font trop de bruit, ou s'ils ont le droit de vendre de la bière ou non, mais on a une petite idée de tout ce qu'ils offrent, soirée après soirée, question danse, musique, théâtre. Et on sait qu'ils sont les seuls à le faire, là où ils le font.

    Communiqué et pétition en ligne ici

    Guy

     

  • Blanka était là

    Les vrais gens étaient là, enfin. Dans la salle des fêtes de la mairie du XIX° arrondissement. Décorée de faux marbres et de dorures, trompes-l'oeil champêtres et colonnes antiques, chaises en plastique, jus d'orange et nappes en papier.

    Avec sur la scène une artiste vivante, contemporaine, et des vrais gens pour la regarder, les mêmes gens que l'on voit au bistrot, dans la rue, au marché, et dans les salles des fêtes justement, toujours devant le buffet, mais alors avec vaguement l'air de se demander s'ils sont là à leur place. Les gens à qui il ne viendrait jamais à l'idée d'aller dans une salle branchée et parisienne, telle la MC 93 à Bobigny par exemple. Les gens à qui nous ressemblons peut-être avec leurs rides, leurs mentons et leurs casquettes, leurs lunettes démodées, leurs enfants et leurs camescopes, leurs fringues en solde, et leurs kilos en trop.

    A la différence de Blanka,princesse d'europe de l'est aux yeux fous, maquillée de noir jusqu'aux lèvres et vetue de blanc flou, tissus et cheveux flottant autour d'une présence fébrile et squelettique, toute droite sortie du bal des vampires. Blankaqui s'autoproclame poète folle, danseuse, chanteuse, actrice, modèle, performeuse, journaliste, musicienne, rien de tout cela à la vérité mais un peu de tout quand même, tant mieux pour l'audace et tant pis pour les cases et les règles.

    Tant pis pour la technique aussi, pour toutes les techniques méprisées avec la désinvolture de la beauté: deux accords de guitare répétés en boucle pour supporter les libres vocalises, puis un obscur monologue sur le mal de vivre et d'être là, dit plus tout à fait en polonais, et pas encore en français vraiment, enfin une danse qui se moque de la virtuosité pour emprunter au flamenco quand Blanka tourne, au buto quand Blanka tombe, une danse parfumée de sensualité mortifère- robe raccourcie en jupe à coups de ciseau par le complice- pour s'achever en une immobilité de plusieurs minutes, de quoi perturber tous les gens, vrais ou pas.    

    Juste ce qu'il fallait pour être poète dans cette salle des fêtes, ouvrir un peu cet espace froid vers un ailleurs rêvé, et mériter quelques applaudissements des vrais gens.

    C'était "Dis-moi, Ophelie crie moi... Ophelie!" de Blanka, dans le cadre de la "fête des urbanités", dans la salle des fêtes de la mairie du XIX° arrondissement.

    Guy

  • Schwab: l'amour tache

    C'est autrichien, c'est décadent: jusque là tout va bien.

    Surtout si l'auteur est Werner Schwab (1958-1994), surtout si la compagnie s'appelle "Dekadent".

    medium_sp_11724_g.jpgHistoire: La putain rencontre l'employé, qui rencontre la coiffeuse, qui rencontre le propriétaire, qui rencontre la secrétaire, qui rencontre le poète, qui rencontre la comédienne, qui rencontre le député, qui rencontre la putain, pour que la ronde soit bouclée. Rencontres au sens sexuel du terme.

    On a reconnu la Ronde de Schnitzler, que Max Olphusporta autrefois à l'écran. Mais ici réadaptée en radicale opposition. déclinée en un inventaire jusqu'à l'écoeurement des rapprochements physiques et sentimentaux, la déclinaison déniaisée des hypocrisies amoureuses, crues et poisseuses, entre des personnages figées dans des postures inconfortables et obligées par les rapports sociaux. 

    L'original de Schnitzler était trouble et cruel, mais d'une subversion si subtile qu'elle pouvait passer pour un acquiescement complice, presque bon enfant. La version Schwab grince de révolte devant tout l'insupportable mis à nu. Pas de pitié pour la laideur de l'amour, qui toujours s'achète et qui se vend, pour les sentiments forcement nauséeux-le poète égocentrique est pire à tout prendre que le propriétaire libidineux-, nulle tolérance comme celle vis à vis des maisons du même nom.

    C'est monté et montré trash-difficile de faire autrement!- mais plutôt gentiment à tout prendre. La langue enfle et s'écoule, pâteuse, parodique et maniérée, manière de mettre en lumière l'absurdité de ce qui est dit et la violence de ce qui est fait. et les rapports de toutes natures. Ceux-ci représentés en allégories drôles et surprenantes, avec des idées et de l'intelligence- mention spéciale pour l'usage systématique dont la coiffeuse fait en second plan du savon à raser.

    C'est d'autant plus dommage que l'ensemble manque un peu de recul, de budget, de maturité, de cohésion, de décors, de lumières, en un mot de mise en scène, pour exister au delà de la suite de numéros d'acteurs. Dommage que cela manque peut-être d'audace encore, comme arrêtée au milieu de l'effort.

    C'est La Ravissante Ronde d'après la Ronde du Ravissant Monsieur Arthur Schnitzler, au théâtre de Nesle, jusqu'à la fin de l'année.

    Guy

  • Hell: et l'enfer dans tout ça?

    C'est assez branché pour être programmé au Théâtre de la Ville, assez consensuel pour ne pas en faire fuir plus d'une vingtaine de spectateurs, assez malin pour faire applaudir tous les autres à plusieurs reprises en cours de spectacle, assez gonflé pour commencer avant que ces spectateurs ne soient installés, assez italo-néerlandais pour devenir tout à fait parisien, assez énigmatique pour faire intelligent, assez intelligent pour qu'on ne puisse plus en douter, assez sérieux pour s'attirer les éloges de Rosita Boisseau, assez riche en genres musicaux différents pour vous réveiller toutes les dix minutes, assez court de toute façon pour éviter que l'on s'endorme, assez long pour ne pas sembler fumiste, assez virtuose pour contraindre à l'admiration, assez varié dans son déroulement pour ne pas lasser, assez érudit pour ravir les connaisseurs, assez riche en terme de vocabulaire chorégraphique pour intéresser même les profanes, assez déshabillé pour émoustiller les spectateurs de toutes préférences, assez rusé pour surprendre, assez doté en danseurs, en effets sonores et visuels, en budget pour qu'on en ait pour son argent, assez travaillé pour mériter le respect, assez sombre pour paraître profond, assez drôle et second degré pour qu'il soit moralement permis de se détendre.

    Un professionnalisme digne de Broadway au service de la danse contemporaine, tel semble être le concept mis en oeuvre par Emio Greco. Le secret du succès. 

    D'où vient alors, qu'on se dit qu'assez, c'est trop ou trop peu, qu'on n'est pas totalement satisfait ? Qu'on aurait presque préféré, un peu d'imperfection? Est ce parce qu'on est jamais content, comme un enfant gâté ?

    Mais au fait, ça parlait de quoi?

    C'est Hell  , d'Emio Greco et Pieter C. Scholten, au Théâtre de la ville, ce soir encore.

    Guy

    P.S. Le regard d'images de danse, ici