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danse - Page 14

  • Tentative de virginisation du récit

    Cette performance, je l’ai déjà racontée ici, et trop précisément (mais comment résister ?), alors qu’une grande part du plaisir d’y assister vient de la surprise ressentie, et de l’inattendu. Je m’adresse donc à ceux qui ne m’ont pas lu, ou qui ont oublié. Ceux qui résisteront à la curiosité de rechercher le premier récit. Juste pour dire qu’ils auront rendez vous dans un lieu inconnu, quelque part dans Paris, sans savoir ce qu’ils iront voir. Ils seront un petit nombre à assister à cette performance dans un lieu qui n’est pas conçu pour cela. D’une certaine manière, dans ce lieu, le temps deviendra circulaire. C'est-à-dire qu’à la fin, à bien observer,  il pourra ne s’être rien passé. Les détails auront alors de l’importance. Les spectateurs seront sans doute fascinés. Ils seront amenés à se demander si les lieux, même vides, peuvent être marqués par la mémoire des evenements. Ou s’il ne s’agit que d’une illusion induite par le récit. La présence de l’interprète sera forte, proche, charnelle. Et immatérielle, tant cette interprète paraitra ne pas voir les spectateurs à sa portée, semblera sur le point de les traverser, au même titre que la pièce. Comme si on l’observait évoluer dans un autre lieu, dans un autre temps. Et il sera étrange de voir l'interprete et les spectateurs d'en face, dans le même plan. Un récit sera entendu, on ne sera pas obligé de croire en sa véracité. Les liens avec ce qui sera donné à voir se feront lentement, peut-être aprés coup. Dans l'instant, le dépouillement laissera de la place à l’émotion. Des gestes banals deviendront improbables, pour certaines raisons. D’autres resteront inexpliqués. L’invisible prendra autant d’importance que le sensible. La fin sera devinée, il n’y aura pas d’applaudissements.


    Je pensais vierge mais en fait non, de Thibaud Croisy , avec Sophie Demeyer, performance hors les murs du Théâtre de Vanves dans le cadre du festival Artdanthé, les mardis et vendredi jusqu’au 17 fevrier.

    Guy

  • Les cinq premières minutes

    C’est la fin d’un monde… ou la fin des études.

    Dans un cas ou dans l’autre, une mutation, vers autre chose? Que faire des cinq dernières minutes? Se jeter dans un défi, rechercher ses limites? Accomplir un acte de foi ou de désespoir, d’amour, de solidarité... voire de rigolade? Ce soir, les jeunes circassiens de la 23° promotion du Centre National des Arts du Cirque proposent leurs réponses en spectacle. En paroles, et en se donnant à voir chacun dans l’exercice de son art: corde, mat, tremplin, acrobaties au sol….  C’est une contrainte lourde à respecter pour le metteur en scène David Bobée (lui juste d’une dizaine d’année moins jeune que les interprètes), de lier tous ces « numéros » autour du thème central. Musique omniprésente, belles lumières, scénographie étudiée: il fait le choix clair de la théâtralité. Quitte à s’approcher- il me semble- de la surcharge sentimentale dans le spectaculaire.


     

    Il réussit pourtant à révéler par mots et gestes une part de la personnalité de chaque interprète, de leur vérité. Je ressens toujours de l'émerveillement devant les prouesses. Mais m’intéresserais-je vraiment aux évolutions de cette jeune femme sur cette corde verticale, si je n’avais prêté avant attention aux doutes qu'elle dit à l’heure du saut vers l’inconnu, à sa fragilité? Elle s’élève, tente d’échapper à la pesanteur, à cette fatalité, glisse tout le long comme s’étant abandonnée, laisse deviner que la chute pourrait être désirée. Le risque prend un autre sens. Apprécierais- je l’énergie et la jovialité de ces deux acrobates au sol, l’un bavard, l’autre sourd-muet, s’ils n’avaient d’abord manifesté d’un geste éloquent que la fin du monde, ils n’en ont vraiment rien à taper! Une autre jeune femme éperdue demande à haute voix: «si j’étais la dernière femme et tu étais le dernier homme, que me ferais tu maintenant ?». Avant de s’envoyer ensemble en l’air, sur le tremplin. Les artistes viennent des quatre coins d’un monde, qui comme le plateau semble tourner trop vite, les projette au bord du déséquilibre. Le temps, inversé et angoissé, passe en compte à rebours, avant une possible catastrophe, qui mettrait tout sans dessus-dessous. Ce plateau ressemble aux pièces d’un appartement, lieu de vie sans cesse bouleversé mais qui permet à tous de se réunir pour dessiner en collectif le portrait d’une jeunesse inquiète et fragmentée, avec ses rencontres, ses foules sentimentales et ses solitudes: des amis autour d’une table, un couple qui s’enlace, se dispute… Sur cette planète Mélancolie, l’avenir est leur mais tout à inventer.   

     

    Même sujet, mis en scène à l’opposé. Michel Schweitzer, 53 ans, donne le plateau et la parole à des jeunes amateurs autour de 18 ans, dans leurs derniers temps du passage de l’adolescence à l’âge de jeune adulte. Schweitzer assisté d’un comparse et D.J., se place dans la posture d’un animateur bienveillant et paternaliste. Pour aussitôt mettre en scène l’ambigüité manipulatoire de sa propre position. Il propose aux interprètes de structurer leur spectacle autour d’un abécédaire rédigé par un philosophe. L’un des jeunes refuse aussitôt ce cadre imposé, préfère donner la priorité à ce que lui suggèrent ses propres intuitions, même confuses. Ce qui suit prend dés lors l’apparence d’une prise de pouvoir improvisé, d’un  dialogue en forme de rapport de force permanent entre les générations pour la maîtrise de l’expression. Sur deux pendules les minutes s’écoulent  à des vitesses différentes, suggérant un fossé qui se creuse. Au prix de longueurs et de fluctuations de notre attention, sur scène tout semble possible.

    Le groupe, avant toute véritable prise de parole, préfère chercher énergie et cohésion dans un temps de danse techno, se rassemble en une grappe dense et hédoniste, quitte à laisser le public de coté. La scène est foutraque, lumières allumées dans la salle, conventions spectaculaires refusées. Les jeunes tiennent l’espace du plateau par le nombre, le dj propose et négocie, Michel Schweitzer garde le contrôle des écrans pour délivrer suggestions et messages. Les jeunes s’expriment quant à leurs préoccupations, alternent sujets pratiques et existentiels, abordent questions sentimentales et sexuelles avec un mélange de franchise et de pudeur. De l’effronterie et de l’inquiétude, un maintenant crâneur et des lendemains incertains. La prise de parole est collective, bousculée, en jeu de ping-pong, sans complaisance, souvent sur un mode de dérision. Les antagonismes et manifestations d’incompréhension s’expriment tout autant entre eux qu’avec les vieux. Ils se rassemblent par la musique, la danse et la chanson, mettant en pratique les « talents particuliers » pour lesquels ils ont été sélectionnés. Par transitions en demi-teinte, l’effet Starac’ est évité. Leurs performances sont encore jeunes, mais émouvantes dans ce contexte, par ce qu’elles disent de leur devenir. Leur prise de risque trouve son écho dans les discussions, et l’urgence qu’ils expriment de trouver leurs les limites. Cette proposition surprenante s’achève par l’expression du dilemme qui résume leur difficulté à être au monde: le choix entre un cynisme prématuré, et un enthousiasme idéaliste. Je suis alors interpellé par la posture de Miche Schweitzer, plus proche de ma génération, qui feint alors un attendrissement détaché l’impuissance à se souvenir de sa propre jeunesse.

    C’était This is the End, spectacle de fin d’études des élèves de la 23° promotion du Centre National des arts du Cirque, mis en scène par David Bobée jusqu’au  12 février à l’espace chapiteaux de la Villette


    Et Fauves mis en scène par Michel Schweitzer au théâtre de la cité internationale jusqu’au 31 janvier dans le cadre de Faits d’Hiver.

    Guy

    Lire aussi Le Tadorne

    à propos de David Bobée

    A propos de cirque

  • Des esquisses, et plus

    Ce samedi soir, Jean François Munnier lève le rideau sur trois pièces en résidence à l’Etoile du Nord, propose d’en voir des extraits, des commencements, et invite les artistes à s’exprimer. L’expérience est passionnante…et il est délicat d’en rendre compte. Invité à voir ces ébauches, « fragiles » forcement,  on est condamné à la bienveillance.  

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    Blanc Brut de Françoise Tartinville, duo masculin en interaction avec un mobile et une bande son lourde de respirations, m’impressionne par l’originalité des matières dansées. Des ondulations, l’expérience d’un temps ralenti, décalé, une incertitude caoutchouteuse, une impression de violence contenue. A ce stade mon attention flotte, avec le sentiment que cette originalité se déploie encore tout azimuth. Mais cette impression n’est pas naturelle à ce stade du travail? Les explications ensuite de la chorégraphe et de l’équipe sont bienvenues. Précises et déterminées. Elles me permettent de me rapprocher de l’œuvre, me préparent à la revoir, plus tard. A confronter mes ressentis aux  intentions de base : la masculinité dans sa physicalité, ayant pu entrevoir les structures sous-jacentes, les relations entre chorégraphie, scénographie et bande son, issue de la respiration des interprètes.


    La présentation d’ Edging me laisse perplexe. Je reçois beaucoup d'explications, trop d’explications, avant l’extrait, après l’extrait. Je reste dubitatif lorsque l’on m’explique que le sujet  n’est venu qu’en second, après le désir de rencontre entre les trois créateurs. Je ne fais pas les liens entre ce sujet- la rétention du plaisir au bord du paroxysme, et sur un plan social et politique la surcharge d’information et l’impossibilité de l’action, avec ce à quoi j’assiste ce soir: la réaction d’un corps prostré à une pièce de noise music jouée à fort volume. Les choix exprimés- montrer le vide du plateau, faire entendre la musique dans le noir- ne me paraissent pas consistants à ce stade, porteurs de significations. Trop tôt pour en juger? La pièce sera ce qu’elle sera…

     

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    Renversement : les premières minutes claires obscures de Sous ma peau, de Maxence Rey, installent déjà la sensation d’un achèvement, dans l'esprit si ce n'est dans la forme. Le sujet s’impose sans faux semblants: la féminité exposée par sa nudité. Ce sujet est d’entrée pleinement assumé, de la suggestion à la crudité. Ce sujet est bien sur dangereux par excellence, entre les pièges de l’esthétisme et ceux de la vulgarité. Mais ces premières minutes me paraissent atteindre aussitôt quelque chose au-delà de l’impudeur, laisser entrevoir « sous la peau » des identités pourtant insaisissables, mouvantes, protéiformes. Trois corps assis, en quasi immobilité, et je retrouve l’étrangeté évocatrice des Bois de l’ombre, au bord du gouffre de l’effarement. Les visages sont confisqués par des masques blancs et des perruques uniformes, mais pour laisser les corps s’exprimer, chacun dans sa singularité, corps qui évoluent bientôt et se déforment dans tous leurs états, de l’épure au fantasme. Jusqu'à la monstruosité?, Déja les dernières secondes et l’une des danseuses s’avance au bord de la scène en arrachant son masque…et nous abandonne sur cette interrogation.
    Après ces vingt premières minutes, les explications de l’équipe sont redondantes, de pure convivialité. Sous ma peau sera une pièce forte, trouble, étonnante.

    C'était les turbulents, présentation d'étapes de travail de Blanc Brut de Françoise Tartinville, Edging de Guillaume Marie (Chorégraphie et interprétation), Igor Dobricic (Conception et dramaturgie) et Kazuyuki Kishino (Création musicale), Sous ma peau de Maxence Rey, à l'Etoile du Nord.

    Guy

  • L'enfance de l'art

    Rediffusion de la chronique du 18/6/2011 à l'occasion de la programmation de Parades and Changes Replays à Ardanthé lundi prochain le 23/01/2012.

     

    Une recréation? Pas vraiment... Mais toujours une récréation, heureusement. Cette nouvelle version de Parades & Changes replays ne change pas tant que cela, mais rafraichit les souvenirs.

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    L'ordre des séquences se trouve bouleversé par rapport à la proposition du centre pompidou en 2008. Mais cet aléatoire faisait, parait-il, partie du jeu dès les origines. Les nouveaux venus, dont 4 circassiens, s'intégrent bien à jouer les performers... pour autant ces derniers n'infléchissent pas spécifiquement la performance par la pratique de leur discipline première. A l'exception d'une scène, mais qui du coup passe plutôt forcée: le montage express d'un échafaudage, un drôle de de jeu de construction, et son escalade ralentie et accélérée.

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    Il reste l'essentiel, que je ressens avec plus évidence encore qu'à la première vision: le plaisir et la fraîcheur de presques jeux d'enfants, organisés dans un bel esprit de dépouillement. Innocents! Les déambulations toniques, la cacophonie de voix qui fusent, les désabillages et rhabillages, les défilés baroques et bariolés avec les danseurs parés d'accessoires délirants, le magnifique final nu et libérateur. La simplicité rend caduque trop d'intellectualisation. Reste la jubilation, et c'est bon! Tout bien pesé, et allégé, un heureux hommage, qui n'a pas besoin de l'alibi d'être présenté comme un nouvelle création. Une reconstitution d'un genre bien spécial, puisque d'un art des années 60 alors fondé sur un désir fort d'expérimentation (tester des actions toutes simples) par définition évaporé depuis. Mais pourquoi pas? Reste le plaisir de la redécouverte et du témoignage...et peut-être la constitution d'un nouveau répertoire, celui de la performance, interprété avec plus (Cf Magical) ou moins de distance.

    Guy 

    C'était Parades & changes replays in expansion d'Anna Halprin, Morton Subotnick, Anne Collod & guest, à la grande Halle de la Villette jusqu'à ce soir.

    photos de Jérome Delatour- Images de danse avec l'aimable autorisation de la Villette

    lire aussi: Le Tadorne

  • Anne Collod et Anna Halprin: times are (not) changing ?

    Parades & changes, replays est rejoué lundi 23 janvier au théatre de Vanves dans le cadre d'Artdanthé sous le titre parades & changes, replay in expansion , dans uine nouvelle version crée à la Villette en juin 2011 avec 6 danseurs et 4 circassiens.

    Ce texte a été initialement mis en ligne le 25 septembre 2008.

    L'entrée en matière nous engage d'emblée dans une démarche de souvenir, avec un hommage à Georges Perec: des "Je me souviens" clamés par les danseurs assis dans le public. C'est une manière de poser très exactement l'enjeu de l'entreprise: sachant qu'il s'agit d'une pièce de 1965, à la recréer que maintenant en reste-t-il? Comment peut on aujourd'hui la regarder? Qu'imagine-t-on de la manière dont à sa création elle était vue et perçue? En quoi la considère-t-on différement que d'autres la voyaient alors? Devant ces parades, le regard du public a-t-il changé? Ce travail de remise en perspective avait en fait été entamé au même endroit il y a 4 ans, avec déjà Alain Buffard et Anne Collod. Ce soir assez de temps est laissé au projet pour qu'il puisse vraiment se déployer.

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    Déjà, l'utopie est-elle d'hier ou d'aujourd'hui? Comme de danser dévêtu, en déchirant au ralenti de larges bandes de papier... De cette performance- Paper Danse-le contenu politique s'est sans doute évaporé. Reste la vision d'une lente fusion, des bandes de kraft en suspension et des corps nus confondus dans la même lumière dorée d'un soleil couchant. En toute évidence. La nudité valut un temps à la piece d'être interdite, on en a vu d'autres depuis. Le spectacle ne véhicule plus de transgression, il reste véhicule de libération, avec force et fraîcheur. Vite on lâche vite prise, plutôt que de garder l'acuité d'un regard d'historien. En cela désarmé par les harmonies douces- amères de the Warmth of the Sun, chanté par Brian Wilson et les Beach Boys. On est renvoyé en 1963. La chanson fût composée le soir du 22 novembre de cette année là, à la nouvelle de l'assassinat de John F. Kennedy. Alors, autant que maintenant, la nostalgie des innocences perdues et des soleils couchants.

    Dressing/undressing: on découvre / redecouvre les passionnantes ambiguïtés qu'introduit la démarche d'un performer. Analyse: il s'agit ici d'exécuter sur scène des activités fonctionnelles, comme les actions de s'habiller ou se déshabiller, c'est entendu. Mais il est vite évident que les gestes ne sont pas reproduits avec neutralité, plutôt réappropriés par les danseurs dans un acte artistique. Qui transforme ces actions. D'abord du fait du contexte, puisque sous le regard du public: sans commentaires. Surtout l'exécution est tout sauf naturelle. On n'a jamais vu personne se dévêtir de cette façon. La tâche est accomplie par chacun avec un soin ostensible, une exagération théâtrale, une lenteur lunaire. Chacun des artistes en fait sa propre interprétation. Dés lors la danse a commencé à exister. Enfin le processus apparaît sans finalité, libéré de toute fonction, circulaire, puisque chaque déshabillage est suivi d'un habillage, en flux continu. On en ressort convaincu, comme par une démonstration faite exprès, qu'à partir de n'importe quel matériel quotidien peut être construite la théâtralité.

    Les règles qui gouvernent la structure de la pièce nous échappent un peu, les scores- s'enchaînent avec une part évidente d'improvisation et de jubilation. Les interprètes introduisent dans ces trames parfois ironie, parfois sauvagerie. Les mêmes gestes qui composent le déshabillage changent radicalement de signification lorsqu'ils sont plus loin reproduits par intenses duo, en face à face. La musique de Morton Subotnick nous installe dans l'intemporel. Une parade colorée et onirique, pour laquelle les danseurs s'ornent d'accessoires incongrus, prend en route des allures d'inquiétante procession: le maintien sévère d'Alain Buffard n'est pas pour rien dans cette impression. Le dénouement est proche: les danseurs entreprennent le sabotage des rideaux de scènes, accessoires trop galvaudés. Pour une conclusion faciale et nue: quelques grammes de peinture colorée suffisent-ils à transformer et transporter ces corps dans l'espace de la représentation?

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    On en revient toujours à ce constat: cette danse a une mémoire, que nous percevons plus ou moins, mais nous saisit chaque fois dans son immédiateté. Nous fige dans le même saisissement. Cette danse est elle là la même qu'elle était il y a plus de 40 ans? Nous mêmes, pris comme un tout, avons changé, politiquement, sociologiquement, en sensibilités. C'est sans doute plus le cas pour les arts de la scène que s'agissant d'autre disciplines: il est tout sauf évident que toutes les expériences artistiques auxquelles le public a assisté depuis 40 ans aient beaucoup d'influence sur la manière dont, chacun pris individuellement, nous avons vécu cette soirée là, juste hier.

    C'était parades & changes, replays-réinterprétation de la piece Parades and Changes (1965) d'Anna Halprin - par Anne Collod, avec Boaz Barkan, Nuno Bizarro, Alan Buffard, Anne Collod, DD Dorvillier, Vera Mantero, ainsi que Morton Subotnick. Vu au Centre Georges Pompidou,  dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.

    Guy

    divers P.S. entre le 25/9 et le 22/10: à lire, pour une fois tout à fait pertinente, la feuille de salle réalisée par le centre G.P.,  le spectateur turbulent.,  le même objet vu à travers des lunettes rouges , enfin le regard d'un enfant des seventies. Les photos d'images de danse sont enfin ici, et une carte postale de Berlin.

    Photos avec l'aimable autorisation de Vincent Jeannot- Photodanse (en haut DD Dorvillier, en bas Vera Mantero)

  • Sofia Fitas

    Rediffusion d'un texte du 29/7/2009 à l'occasion de la représentation d'experimento 2 samedi 10 décembre au théatre du fil de l'eau à Pantin, dans le cadre des journées Danse en chantier.

     

    Appuyée sur le dos de la main, c'est ainsi qu'elle progresse, c'est de cette manière qu'au sol à cet instant elle se maintient. Tous ses mouvements déformés à partir de ce point. Puis à partir des avant bras. Alors que la plupart des danseurs se reposeraient plutôt sur le plat, utiliseraient les doigts ou la paume, nous proposeraient de revoir une fois encore ce que l'on sait déjà du beau. Mais Sofia ne suit pas cette direction, nous déplace ailleurs, vers d'autres ensembles à explorer. Tout est là, de ce que je vois de Sofia. Ces gestes inattendus, obstinés, sans qu'en cet instant je puisse déterminer ce qui tient de la recherche, de la répétition, ou ce qui déjà à cet l'instant serait achevé.

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    Depuis un an, nous avons tous deux des discussions, parfois. Et Sofia m'a montré un cahier un peu déchiré qui jamais ne la quitte. Parmi des adresses, et d'autres listes de courses, des notes rédigées dans son portugais maternel, au jour le jour, des points de repère pour ce travail en cours: des idées générales, des descriptions très précises de séquences, de positions, m'a-t-elle expliqué. Des citations de Deleuze aussi, dont une en particulier que j'ai cru utile de recopier, et que j'ai égarée depuis. Mais Deleuze, je n'y comprends rien. Sinon, en rapport avec ce que je vois: l'idée de recompositions. Et les discussions souvent tournent court, se perdent en silence entre sympathie et un léger embarras. Puis Sofia retourne répéter. Alors j'oublie et je vois.

    En situation de création, la solitude de Sofia parait écrasante. Je le ressentais plus intensément à Micadanse. Sofia, silencieuse et concentrée, juste assistée de son cahier et d'une camera. Considérant elle-même son travail, le balisant jour après jour de ses points de repère. Hors de scène, Sofia a l'allure d'une absolue étrangère, plutôt timide. Mais a peu à peu réussi à s'imposer ici, de résidences en représentations. J'ai ainsi pu revoir Experimento 1 deux fois, chaque fois son impact intact. Aujourd'hui mon regard est aussi fragile que ce qui se crée. Sofia me fait confiance je crois, et chaque fois entre nous deux un espace d'attentes et d'attention se creuse. Peu avant une première présentation professionnelle àMicadanses, Sofia s'interroge à voix haute. J'intercepte ses questions. Il ne peut exister de spectateur neutre. Je suspends mes remarques, l'expression de mes impressions, illégitimes forcement, me retranche dans les encouragements.

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    C'est à Mains d'Oeuvres que je viens voir la dernière répétition à ce jour, en compagnie de Jérôme. Dans l'ambiance feutrée du studio de danse s'est dissipée toute l'agitation des quelques jours d'avant, avec les collégiennes de Jesus Sevari. Sofia semble plus sure d'elle-même qu'il y a deux mois. Se posent maintenant à elle des questions de structuration de son solo, la matière présente maintenant. Ma découverte de Sofia, je la dois à l'insistance d'Angela Conquet, pour une représentation d'Expérimento 1, ici même. Plus tard après cette répétition, je lis le texte de Jérôme, qui ouvre le sujet Sofia sur mode plutôt narratif. Il m'incite à prendre du recul, à contre-pied.

    Un jour à Micadanses, pressé par le rendez vous qui devait suivre, j'étais venu la voir trop tôt, surprise au début de son échauffement. Pour moi ce ne fût pas du temps perdu. Sofia pratiquait comme chaque matin une bonne heure de yoga, peut-être plus longtemps, membres en tous sens, étirés, à l'envers, à l'endroit, pieds au dessus de la tête, déja elle devenait méconnaissable. L' « expérience » commençait là, par ces transformations.

    Sofia a accepté assez vite que je vienne la voir répéter, dés ses premières résidences à Paris. Je n'avais jamais observé d'aussi tôt une création, si en amont. Mais pour vite renoncer à l'espoir de voir même dans cette situation les choses surgir avec évidence. Je dois revenir aux faits. Au départ du projet de Sofia, il y a la volonté de prolonger Experimento 1, en le dépassant. A la bâche de plastique noir succède ici le papier kraft brun. Une autre texture, une autre manière de ne d'abord présenter en lenteur le corps que fragmenté, voire de ne pas présenter ce corps en tant que corps. Sans le secours de ces voiles est ensuite développé ce qui dans le premier solo ne semblait qu'ébauché: des mouvements archaïques, déshumanisés. A l'aide d'un corps entier, mais un corps comme ré agencé, ressurgi d'une phase de déconstruction. C'est du moins de cette manière que je percois ce processus. Cette danse a quelque chose à voir avec la dissolution, l'effacement, dans ces conditions quelque chose de neuf est susceptible d'apparaître ensuite. Des choses au pluriel, qui interagissent en système. La disparition initiale, c'est l'une des grandes forces de cette démarche, également une source de difficultés. Il est bien sur exceptionnel que l'objectif de Jérôme puisse saisir des aperçus du visage de Sofia, qui se positionne le plus souvent de dos. Sofia nous confie qu'elle utilisera ses cheveux pour le cacher. Le costume pose problème également. Comment être tout à fait autrement? La peau, les muscles, jouent un rôle important, la nudité est exclue qui distrairait de même que des habits trop voyants. Des sous-vêtements neutres constituent un bon compromis, au moins pour le moment. Beaucoup de choses se résoudront avec la création  des lumières, du son.

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    Compte tenu de la nature du travail de Sofia, j'ai admis que pour voir celui-ci, il faut d'abord abandonner. Renoncer à comprendre. Et surtout à toute posture critique, à toute tentation d'échantillonnage culturel. L'observer est un déconditionnement. L'expérience du spectateur pourra ressembler à cela. Je m'autorise à laisser surgir des images, prudemment, me méfie de trop interpréter. Sans pouvoir m'empêcher de conceptualiser. Cela m'aide de la voir plusieurs fois. Je ne sais plus combien de fois je l'ai vu recommencer, peu à peu je m'y noie. Me soutient la conscience d'être témoin de quelque chose d'inédit. Ce n'est qu'après coup que je me risque à rationaliser. Et encore, ces réflexions m'apprennent plus sur ce que je veux, sur ce que je cherche, que sur ce que Sofia fait. Je réfléchis d'abord à ce qu'elle ne fait pas : pas de pathos, ni narration, ni esthétisme, ni glorification du corps, ni érotisme, ni discours, ni contextualisation. Ceci posé, je prends conscience qu'elle m'entraîne sur un nouveau plan d'émotions. Sofia semble s'enfoncer sous terre, encore déstructurée, en de nouvelles catégories, fonctions recombinées, retourne dans, contre, sous le papier. Un pied émerge, le rythme m'emporte. Sans comprendre le rapport, je pense à Eric Dolphy

    Observations de répétitions d'Experimento 2 de Sofia Fitas, à Micadanses et Mains D'œuvres, entre avril et juillet 2009. Filage destiné aux professionels à Mains d'Oeuvres, le 31 juillet

    Photos de Jérôme Delatour

    A lire: l'article d'images de danse, et la présentation d'experimento 2 

     

  • La blonde et l'infini

    Au commencement : le silence, une lumière crue, un fond blanc, un être nu. C'est un solo absolu.

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    Au point zéro de la danse: sa nudité. Ni académique, ni triviale, ni érotique: de l’origine. Sa posture nait de rien, elle dépouillée et rien de caché, puisque rien ne semble y préexister. L’âme reste hypothétique. Juste, ses gestes la définissent, le premier instant et chaque instant d'aprés. Puis s’oublient, allégés de toute volonté de faire une histoire, de laisser des traces. Seule. Ses gestes surprennent. Elle frappe la terre, fouette les airs. Comment croire que tout ne se crée pas dans l’instant? D’où en elle? Les mouvements naissent comme animaux, buto. Bras, jambes, torse, ignorent toute convention, toute utilité motrice, sociale. Ils inventent de nouveaux appuis, des enchainements inédits. Pas de narration, d'émotions, de sentimentalité. Il nous faut renoncer. Un point de repère: s’évidence, sans tricheries, d’une pure anatomie. Les os, la chair, la peau, relâchements et tensions. La vie et la respiration. On voit des transmutations. Dans une forêt invisible, un chat, une biche, un poisson, un oiseau qui envole. Elle chante. Ample. Sa voix tenue suspend le rythme, prolonge le silence. Quelle musique en elle, quand elle se tait? Elle reprend. Elle s’invente. Les mains montrent, surprennent, tremblent. Le corps oscille, des fulgurances. Le temps se déroule, sans retour en arrière.

     

    Brusquement, du dehors, le fracas du monde fait irruption. Un bruit mâle, guerrier, percussif. Mais sitôt oublié, comme on aurait ouvert, puis refermé une fenêtre. Il n’a jamais existé. Elle poursuit en dedans, semble danser dans l’ivresse. Titube et apprend à naitre, retourne au silence, regarde l’invisible, s’échappe et bondit à faire bouger le ciel. L’ange blond, bras tendus, dort, nue, sans sens ni morale, se passe d’âme.

    c'était Blondes have no soul de Pé Vermeersch, vu à l'Avant Scène, théatre de Colombes

    Guy

    photo avec l'aimable autorisation du théatre de Colombes.

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  • Tout est dans le titre

    Arrivé en retard, sans avoir pris connaissance du thème et des intentions, c’est le titre de la pièce, seule information préalable, qui guide mon regard, influence le début de mon expérience. Making the Skies move Promesses d’étonnement, mention du mouvement, suggestions de spiritualité, l’idée que les actions du corps- ou de l’esprit- influent sur son environnement. Ce titre utopique me met également en condition d’accepter que l’essentiel ne pourra être vraiment vu ici… Premiers instants… Oui: il est déjà clair que cette œuvre est de celles qui suggèrent plutôt qu’elles ne montrent. Il apparait vite qu’il s’agit d’un concert dansé… La musique de Messiaen, interprétée par un pianiste, est au premier plan. Par moment occupe tout l’espace, de toute son invisibilité. Les deux danseuses s’effacent alors, reviennent ensuite, en interaction intense. La musique se suspend parfois, mais même il semble que les mouvements silencieux lui font encore écho. Puis le piano véhément entraine à nouveau les danseuses dans l’urgence.


    Peu à peu libéré de la tentation de vouloir comprendre, je ressens que cette danse est libérée de toute expression de l’égo, des contingences. Je pense au buto. A cause du souvenir que Pé Vermeersch aurait été influencé par ce mouvement? Ou à voir certaines postures: jambes bien campées (mais d’autres figures  pourraient tout autant démentir cette filiation)? Avant tout à cause de cette sensation qu’en permanence les corps ne s’expriment pas, mais qu’ils sont  traversés. Par des forces, des énergies qu’ils amplifient, pour suggérer, dessiner l’invisible. Au-delà des gestes, courses et oscillations, les réactions inattendues aux flux sonores, vives et dynamiques, je perçois une attitude: discipline et humilité, honnêteté dans la brusquerie, exigence. Chez les deux danseuses souvent à l’unisson, presque jamais l’une vers l’autre, une franche précision à rebours de l’esthétisme, vers le sensible. Je peux rêver le titre jusqu’à vouloir voir le ciel bouger de par leurs actions. Dans l’espace autour d’elles, des suggestions: des objets comme autant de reflets, plaques et suspensions de diverses couleurs et textures, aux formes et  proportions inattendues, en transformation, une pluie de tiges qui tombe du ciel, comme celle fichée dans les cheveux de Pé Vermeersch.  

    A la sortie, quelques mots échangés avec la chorégraphe, à propos de ce beau titre. Dans son esprit, le ciel n’est pas si haut, il commence à porté de main. Il s’agit de l’espace autour de soi, que les mouvements du corps viennent affecter. Un espace plein, composé de couches, comme celles qui habitent la musique de Messiaen…. Je pense maintenant au titre de la pièce de mardi prochain Blondes have no soul 

     C’était Making the skies move, de Pé Vermeersch  , autour de l’oeuvre pour piano d’Olivier Messiaen interprété  par Jan Michiels et dansé par Pé Vermeersch et Angela Babuin, à l'avant scène-théatre de Colombes.  

    Pé Vermeersch présente à l’avant scéne-thatre de Colombes Blondes have no soul, « œuvre pour nudité, silence et blancheur »  ce mardi 22 novembre et Het Orgelt « trio spirituel évoluant au gré d’un orgue et des mélodies de Messiaen » à l’Eglise Saint Pierre Paul de Colombes ce jeudi 24 novembre.

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  • le corps témoigne

    Des fleurs, et elle à terre. Enfermée d’une robe noire,  émaciée, yeux clos et sourire aux lèvres, reve son être ? Le silence, quelques mouvements: une joie intérieure qui irradie sous la lenteur de son envol. C’est l’état, non l’action que l’on ressent-pourquoi ?-, comme une irrésistible évidence. La robe tombe, le corps noué, et le tissu qui colle comme une seconde peau. A terre, comme dans la boue, son voyage de quelques mètres dans cette cave parisienne résonne comme le récit émerveillé de belles rencontres, d’autres voyages sur d’autres continents, dont elle aurait ramené des peuples invisibles, et leur bonheur d’exister, l’intensité. Par quels gestes ? Le corps témoigne, à la fois vulnérable et fort, se plie et se disloque, se heurte aux limites, meurt et renait. Doigts tordus, de douleur peut-être, le temps que des notes de piano s’égrènent. Pour nous permettre de deviner  à la fois la monstruosité et l’humanité, elle au milieu comme un fil tendu entre les deux. L’extase est dépouillée comme la peau nue, d’une misère absolue,  une offrande  comme seule expression de l’universel. Elle montre l’autre. Au sol, les fleurs. Elle donne.

    C’était La Femme Ailée de Jean Daniel Fricker et Céline Angèle, dansé par Céline Angèle, à l’espace Bertin Poirée

    Guy

  • Sur les plateaux la danse sort des cases

    Coïncidence ou focalisation: quelques jours après avoir découvert un opéra presque en BD, je vois aux plateaux du Cdc du Val de Marne des chorégraphes tenter eux aussi des rencontres avec le dessin...

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    D’abord une première pièce avec une drôle de fille sexy qui danse en boucle dans une cage de plexiglas, comme dans une case en 3 D.  Au plafond: des lampes de saloon. « Lucky Luck », la filiation avec le cow-boy de Morris est donc revendiquée dans le titre. Visuellement, c’est plus allusif, détourné. En tailleur et talons aiguilles, l’héroine ne semble pas vraiment venir du Far West. Des dessins sur les cotés du cube, comme en surimpression, mettent en commentaires la perplexité de l’interprète par rapport à son rôle et son costume. Mais elle assume, sur une drôle de partition de percussions, joue par gestes un duel au soleil dans les règles: tir, pistolet fumant et corps qui ploie avant de s’effondrer. Ce corps tombe comme fait de caoutchouc pour rappeler les inspirations cartoon du modèle. Et semble condamné à répéter sans cesse les mêmes séquences aux quatre coins de la case. Puisque que l’exercice reste court, c’est drôle et léger.

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    L’autre proposition est plus consistante: In the beginning. Donc au commencement: du blanc. La vie à venir comme une page blanche, et devant un corps immobile, lui aussi immaculé, tous les possibles désormais. Le mouvement commence d’un geste, ou d’un trait. La main de la dessinatrice, son crayon et le papier, sont filmés d’en haut, sont projetés sur un écran: c'est aussi l’espace de jeu de la danseuse. Qui des deux pense, qui obéit à l’idée? La main sur l’écran suit le corps en dessinant, en pose le contour, le réinvente très schématiquement. Le corps ne se laisse pas enfermer pour autant, se déplace avec son ombre, suivi par le crayon. Son passé est conservé (ou trahi ?), tracé, dans son emplacement d’ici, de maintenant et d’avant. Le mouvement est ainsi, plus ou moins, matérialisé. Le corps bouge, cela devient peu à peu une course poursuite. Je pense à toute la difficulté, dans la vie personnelle, sociale, professionnelle de satisfaire l’intellect, sans laisser le corps de coté, ignoré, sacrifié même. Ici le corps souvent dément l’idée, ne se laisse pas vraiment réduire, semble résister volontairement aux définitions, aux schématisations en noir et blanc. Un dialogue s’instaure, en un équilibre périlleux, dans la rationalisation des mouvements ou la projection des pensées. Les gestes, les arrêts suspendent le crayon, de marche en sauts. Il y a des accélérations, des retours en arrière. La femme court, le papier se déroule, nerveusement. La main rature. L’échange est excité. Il y a des pâtés noirs, sales, crachés, énervés. La vie en accéléré sur cette page blanche ne se laisse pas si facilement décrire d’un point A à un point B. La page blanche est devenu brouillon, presque illisible, vers une page noire, et le corps semble excédé, épuisé. La main noircit le corps au pinceau, réduit l’être à son ombre, jusqu’à l’anéantissement, la saturation.

    C’était Lucky Luck (extrait de la trilogie Archipel) d'Emilio Calcagno dansé par Marie barbotin, musique d’Aurelien Richard.

    et

    In the beginning d’Andrea Bozic (danse) et Julia Willms (dessin live)

    vus aux plateaux du Centre de developpement chorégraphique du Val de Marne.

    Guy

    photo 1 (Lucky Luck ) de Pascal Tomi avec l'aimable autorisation de la compagnie, photo 2(In the beginning) d'Anna von Kooij avec l'aimable autorisation de la compagnie